2018 Au Népal en fevrier.

 

Nous fûmes quarante deux voyageurs dont une quinzaine de proveysards, à nous envoler vers le Népal, en ce mois de Février 2018.
Ce voyage impulsé par TPH a été organisé sur place par NAMLANG ECO TOURISM, agence de treks et séjours, gérée par TEMBA LAMA, notre ami tibétain, en parallèle de son activité au sein de « PAGODA», l’atelier de confection et d’artisanat, situé tout près du Stupa.
Alors que les durées de séjours s’échelonnaient de deux à cinq semaines selon les petits groupes constitués, une date commune de départ avait permis à Christian de réserver un transport collectif à partir de Saint Egrève.
Voilà donc une joyeuse équipée en partance pour le Népal!!!!

Pour l’anecdote, à l’aéroport de Genève, et déjà en salle d’embarquement, quatre personnes de notre groupe, vécurent un grand moment de « solitude « au comptoir d’Ethiad Airways, quand elles se sont vues annoncer qu’elles étaient en surbooking!!!
Mais, Eurêka ! Après l’appel d’environ 300 passagers par le personnel de la compagnie, notre groupe au complet, trouvait une place dans l’ A330, qui nous menait à l’escale d’Abu Dhabi.
Trois heures plus tard, nous embarquions dans un second vol pour Khatmandu.
Parmi nous, de nombreux jeunes népalais, travaillant toute l’année aux émirats dans les conditions que l’on sait, rentraient au pays pour de courtes vacances, depuis probablement une année où deux de dur labeur. Leurs sourires détendus, une fois installés à bord, faisaient plaisir à voir! On imaginait aisément leur hâte à retrouver familles et amis, particulièrement en ces périodes de fêtes.
Arrivés à KTM AIRPORT, le « moment VISAS « nous occupa un temps, avec bien sûr les éternelles interrogations qui fusaient ça et là, dans le groupe, au moment de remplir le questionnaire destiné aux étrangers.
LASTNAME, FIRSTNAME: « Dis, tu te souviens, c’est lequel le nom de famille «?
Depuis la dernière fois, en 2013 pour moi, de la nouveauté et de la modernité pourtant: en effet, de charmantes employées viennent au secours des voyageurs, les engageant à scanner la première page du passeport sur de grosses bornes informatiques.
On ressent alors comme une certaine fébrilité, une hâte à en avoir fini avec ces formalités incontournables, et pour ceux dont c’est la première venue ici, l’envie irrésistible, mêlée d’appréhension, de se colleter avec la rue, le Népal en vrai, Katmandu polluée, bruyante, agitée, mais aussi, souriante, hospitalière, accueillante…..népalaise, tibétaine, bouddhiste, hindouiste.
Temba fera tout de suite le lien, dès la sortie de l’aéroport par petits groupes, en reconnaissant les anciens et en accueillant les nouveaux venus, bien plus nombreux encore.
Il faudra au moins trois minibus pour venir à bout de nos bagages et nous conduire au cœur du quartier tibétain de Kathmandu, à Bodnath précisément, près du grand stupa.
C’est à la TI SE GUEST HOUSE, bien connue des voyageurs de TPH, que nous allons séjourner pour cette première semaine!
C’est certain ! Elle peut afficher complet!
Dès le lendemain, notre grand groupe, sera réparti auprès de trois guides népalais francophones afin de faciliter en autres, les visites des villes royales de Bakthapur, Patan, du centre historique de Khatmandu, et de Swayambunath, le temple aux singe, pour la semaine à venir.

SHIVARATRI

Et pour une première entrée en matière, ça démarre très fort, puisque nous nous rendons à pied à PASHUPATINATH, à la SHIVARATRI, grande fête hindouiste, célébrant l’anniversaire de la naissance de SHIVA, sur les bords de la rivière Bagmati.
SHIVA, c’est le dieu suprême, qui partage avec VISHNOU et BRAHMA la trinité hindoue.
Un peu sur les hauteurs, le toit d’or du temple du temple dédié, brille de tous ses feux en cette journée très ensoleillée, déjà de bon matin.
On continue de comparer Pashupatinath à BENARES en Inde, car sur les GHATHS ou berges de la Bagmati comme sur ceux du Gange, ont lieu les cérémonies rituelles de crémations des hindous.
La célèbre ShivaRatri, voit aussi affluer ce jour là, outre les pèlerins, les fameux SÂDHUS , venus du Népal mais aussi de l’Inde, pour honorer leur dieu Shiva.
Ces sâdhus ( les bons) appelés aussi « babas » ou « swamis », (ceux qui se possèdent) sont considérés comme des ascètes, ermites ou nomades, ayant renoncé à l’attachement matériel, peu vêtus et vivant de dons pour se nourrir. Ils peuvent appartenir à différentes sectes, ce terme n’ayant pas ici, la connotation péjorative qu’on lui connaît en Occident.
Ceux que l’on verra ce jour là, sont des sâdhus Shivaïtes bien sûr.
Souvent formés auprès d’un maître spirituel ou GURU, ils le quittent ensuite pour aller par les routes, d’un lieu sacré à un lieu saint.
Ils arborent une chevelure qui peut parfois atteindre plusieurs mètres, enduisent leur corps de cendre, symbolique de la destruction mais aussi de la renaissance, on distingue le trident de Shiva peint sur leur front.
Ils fument du cannabis qui les aide à la méditation, et à la séparation des biens terrestres, le justifiant ainsi comme une offrande sacrée à leur Dieu vénéré.
Au Népal, son usage totalement interdit et donc réprimé, est uniquement autorisé en ce jour sacré de ShivaRatri. Autour des petits sanctuaires disséminés sur les collines de Pashupatinath, les sâdhus se regroupent, et se font volontiers tirer le portrait, se passant un » joint « gros comme un barreau de chaise, pour le plus grand plaisir des touristes étonnés et ravis que nous sommes.

En quittant Pashupatinath, une paire d’heures plus tard, des images et des senteurs plein la tête, nous longeons, en sens inverse, une queue interminable mais très ordonnée de pèlerins, affichant une fervente dévotion, venus de tout le Népal pour honorer Shiva!
On a dénombré 100000 personnes cette année paraît-il !
Les dames vêtues de lumineux saris dans les tons rouge et orangé, ainsi que les jeunes écoliers ne sont pas avares en clins d’oeil amicaux et en salutations très gracieuses, le fameux « NAMASTE ».

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Cette première semaine, démarrée à Pashupatinath fût ensuite ponctuée de visites dans les autres villes d’art et de culture autour de Khatmandu et d’un repas de momos dans la famille de Temba.
Le LOSAR, ou nouvel an tibétain, donne à ces différents lieux, une coloration particulière pour la communauté tibétaine.
Traditionnellement, les festivités se sont terminées sur le stupa, le plus important d’Asie, repeint de blanc de chaux, et orné de motifs couleur safran, par la cérémonie de changement des drapeaux.
Les quatre paires d’yeux de Bouddha sur le dôme, représentant sagesse et compassion, semblaient toujours nous suivre du regard lorsque nous en faisions le tour, pour quelques KORAS, autour du majestueux édifice.
Très vite, chaque petit groupe d’amis a trouvé le chemin du stupa depuis la Tise Guest House, soit pour quelques koras ou bien pour aller dénicher, qui, un pashmina, qui, une statuette, un bol chantant ou du « Green Tea », dans les innombrables échoppes tenues par des commerçants tibétains.
Dès le lendemain, chaque groupe constitué, partait, pour un trek, une découverte culturelle, ou encore une escapade tropicale dans la région du TERAIL, frontalière de l’Inde.

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TREK SUR LES BALCONS DES ANNAPURNAS

J 1: de NAYAPUL (1100m) à ULLERI ( 1960m)

Nous serons trois, Jean François, Marion, et moi même à avoir choisi de partager ce trek: les Balcons des Annapurnas.
Dès la deuxième semaine de notre séjour, nous partions dans un mini bus pour la seconde ville du pays, POKHARA, au pied des Annapurnas: la grande route à deux voies qui la relie à Katmandu, est, certes, un peu de tous les dangers, tant le trafic des camions, des bus et des jeeps y est intense et ininterrompu, à toutes heures du jour et de la nuit.
La première fois, on est impressionné.
Après, il suffit de vérifier que la statuette de GANESH, le dieu à tête d’éléphant avec une seule défense, est bien en place sur le tableau de bord du conducteur de bus !
C’est généralement le cas dans la presque totalité des véhicules roulant au Népal. Sachons que Ganesh est un peu le dieu du quotidien, de la prudence, et celui qui nous évite les pires ennuis !!

Accompagnés de Pemba, Kesang et Naresh, guide et porteurs, et après un bon petit déjeuner à l‘hôtel ViewPoint de Pokhara, nous embarquons ce mardi 20 Février, à bord d’un petit fourgon, en direction de Nayapul; dernier arrêt pour les véhicules motorisés, dernier arrêt du bus.
Au delà, ce sera à pied ou à….cheval!
Le trek des « Balcons », c’est la randonnée d’un village à un autre en pays gurung, en boucle, et sur une durée de cinq à sept jours, sur le versant sud des Annapurnas, jusqu’à une altitude maximum de 3200m; ce que nous appellerions par chez nous un massif montagneux de belle hauteur, est facilement dénommé ici   »collines », par la population locale.
Bien sûr, en cheminant sur le trek des Balcons, nous nous trouvons en permanence devant le panorama saisissant et enchanteur des sommets mythiques, qui tutoient allègrement les 7000 mètres!
L’autre particularité du trek des Balcons, demeure dans ces milliers de marches d’escalier, entièrement façonnées par les villageois, et ce, depuis des temps immémoriaux; ils les gravissent journellement pour commercer, construire, aller à l’école et tout simplement vivre ici.
Au vu des pentes un peu raides que l’on gravît parfois, on peut aisément imaginer que ces marches, de toutes les tailles, toutes les largeurs et hauteurs, contribuent grandement à contrer l’érosion des sols, ravinés par les pluies de mousson. Ce chemin est utilisé jour et nuit, par les villageois, les randonneurs, et aussi par des caravanes de mules et petits chevaux, chargés de pesants matériaux de construction, d’équipements divers ou de lourds sacs de denrées.
À Nayapul, je m’arrête dans une petite pharmacie, où je demande un baume pour les douleurs; en effet je m’aperçois que j’ai laissé à Khatmandu, une réserve de trois tubes du miraculeux Rumalaya achetés à Tamel. Le pharmacien me donne le choix entre un équivalent de nos anti inflammatoires, allopathique bien sûr, de marque indienne et un tube de baume aux plantes, de facture népalaise.
Sans hésiter, je prends le second; il servira à adoucir le soir, à la guest house, mes genoux endoloris ainsi que ceux de Naresh, qui accusait dès le premier soir une fragilité à cet endroit, malgré sa belle jeunesse.
Une petite passerelle himalayenne au dessus de la rivière, et nous atteignons rapidement Birethanti, à 1100m, où notre guide, qui détient nos précieux sésames, va régler les formalités d’usage aux contrôles de permis, échelonnés sur différents points des Balcons.
Ces permis de trek sont relativement récents:
C’est en 2008 que le gouvernement népalais a créé le TIMS:
Trekking Information Management Système.
Ah! j’allais oublier: avant de démarrer ce fameux trek, un peu d’histoire tout de même!!
Le vocable « TREK » n’a historiquement rien à voir avec l’Himalaya, auquel il est pourtant de nos jours, communément associé. Il trouve son origine dans le terme de langue afrikaans : « TIRER » associé au « Grand Trek » ou grande migration des Boers, colons fermiers d’origine néerlandaise, depuis Le Cap vers l’intérieur des terres, en Afrique du Sud dès l’année 1830.
Son acception actuelle de randonnée en montagne, date du milieu du vingtième siècle. Définitivement, dans le langage touristique, on randonne en France, mais on va faire un trek au Népal.

Un soleil un peu timide nous accompagnera lors de cette première journée. Nous ne croiserons que quelques randonneurs seulement; Février attire beaucoup  moins de monde que les mois d’automne, qui voient affluer des milliers de trekkeurs du monde entier sur les chemins des Annapurnas.
Nous cheminons dans un paysage forestier d’espèces communes, de feuillus, de pins, d’épicéas et des fameux rhododendrons que l’on peut voir dès 1500 mètres.
C’est un peu tôt dans la saison; nous n’en verrons en fleurs de toutes les teintes de rouge, qu’à Ghorepani, beaucoup plus haut.
Les marches du sentier se chargent de nous mettre en jambes rapidement. Parfois elles semblent atteindre 50 cm de hauteur!
Sur les coups de midi, Kesang, Naresh et Pemba annoncent la pause déjeuner, incontournable en trek, et au Népal, d’une manière générale.
Ce sera des noodles aux petits légumes, préparés à la demande, servis sur la terrasse de l’Amrita Lodge. C’est si bon de s’affaler dans un fauteuil, de reposer la gambette et d’admirer le paysage de la colline qui nous fait face, en sirotant un Ginger Lemon Honey Tea, la boisson revigorante par excellence: j’en ferai une consommation sans modération, à toute heure du jour ou de la soirée au Népal.
Une météo brumeuse nous accompagnera l’après midi jusqu’à Ulleri, que nous atteindrons vers 16heures. Les altitudes affichées sur les pancartes des lodges, sur différentes cartes ou encore sur des sites web ne sont jamais tout à fait concordantes. C’est donc un « mix « de plusieurs données que j’indiquerai à côté des villages où nous nous arrêterons.
Cet escalier sans fin du premier jour, m’a rompu les os, les muscles, les articulations!
Est ce le premier jour de marche, le manque d’entraînement, ai je présumé de mes capacités ???
Nos trois accompagnateurs ont jeté leur dévolu sur la Majestic Guest House, au milieu du village. Nous montons nos sacs à dos dans nos chambres, qui se trouvent être…….. au premier étage d’un escalier extérieur, dont j’ai peine à gravir les marches, bien raides encore! Celles ci ont été faites pour des géants pour le coup! Oh my  God !
Et là, délicate attention, nous avons droit à une chambre avec « attached bathroom » ! Quelle chance!
Une bonne douche chaude contribue à atténuer la fatigue de la journée.
Après un rapide petit tour dans le village, quelque peu désert en cette fin d’après midi, nous rentrons au lodge.
Au milieu de la grande pièce commune du restaurant, le poêle commence à ronfler, les randonneurs font sécher un peu de linge, bouquinent, ou bavardent tranquillement.
C’est 18h passées, en ces latitudes, la nuit est là très vite. A l’extérieur, les lumières commencent à éclairer les chaumières ici où là, la brume s’intensifie, effaçant les reliefs alentour.
La commande du repas du soir a déjà été passée, dès notre arrivée dans l’après midi. C’est coutume ici, en trek surtout, où l’on retrouvera une carte de plats, quasiment identique dans toutes les guesthouses où nous ferons halte; mais, avec le grain de sel particulier de la maîtresse de maison ou du cuisinier!!
Traditionnellement au Népal, la boisson du repas est apportée à table pendant que l’aubergiste mitonne le repas.
Pour le dîner, ce sera une Everest ou une Gorka, que l’on partage souvent, car les bouteilles de ces bières locales affichent souvent plus d’un demi litre…..
Les portions des plats sont généreuses et on variera chaque soir les plaisirs entre le dal bhat,plat national, le rice, les noodles, « veg » ou avec du  » chicken « , les pakoras ou beignets de légumes.
Nombreux ingrédients, que l’on aura vu transportés à dos d’homme, ou sur le flanc des mules, dans de petites nacelles en bambou.
Pour sûr, on en connaît le prix !
Un des attraits du trek pour moi, qui ne cultive d’aucune manière la performance physique, ou le dépassement de soi, c’est surtout la rencontre!
Comme chacun sait, elle est toujours improbable, imprévue, ou de circonstance, presque toujours sans lendemain.
Mais qu’importe !
Elle associe le souvenir d’un échange, à un lieu, un moment, à des femmes, des hommes ou des enfants.
Eh bien, ce premier soir, autour du feu de la Majectic GuestHouse, un couple asiatique, d’une cinquantaine d’années et leurs deux enfants se réchauffaient autour du poêle.
J’engage auprès d’eux la conversation, dans un anglais de voyage approximatif. Madame, puis son mari, enchaînent aussitôt à mon encontre dans un français impeccable !!!
Bien sûr, méprise totale et sourires entendus!
Monsieur, arrivé très jeune en France avec ses parents, a habité une banlieue parisienne que je connais parfaitement. Installé avec sa famille, depuis une dizaine d’années à Shanghai, il revient régulièrement en France.
On échangera un petit moment sur la Chine, la France et sur la passion partagée par cette petite famille pour le trek en montagne. Ils parlent déjà de revenir au Népal l’an prochain, au Langtang….dont bien sûr je leur dis grand bien.
On s’apercevra le lendemain matin avant de repartir….chacun poursuivant son chemin.
Sur un tout autre sujet et paradoxalement, nous aurons beaucoup de difficultés, surtout en début de trek, à partager le repas du soir avec notre guide et nos deux porteurs. Nous ne manquerons jamais de leur proposer chaque fois pourtant. Mais, une certaine pudeur peu être, une façon de faire, une coutume…que sais je ?
C’est une affaire compliquée !
Très souvent les guides et porteurs se retrouvent et partagent leur dîner avec les aubergistes dans la cuisine.
Ils sont, il est vrai, pendant toute la journée si près de nous, attentifs au moindre faux pas, ou au moindre signe de fatigue, que l’on a du mal à les quitter.
Je crois que ce premier soir, l’extinction des feux eût lieu à 19h30, bien au chaud au fond du duvet, et GOOD NIGHT !

BIRHETANTI1GORHEPANI5 ULLERI1

J 2 de ULLERI à GHOREPANI (2920m)

Nous repartons à l’assaut de cet escalier de l’impossible en direction de Ghorepani.Le paysage de terrasses que les paysans commencent à amender avant les premières semences, cède la place à une forêt où les rhododendrons sont rois.
La brume est tenace et donne une coloration un peu étrange à l’ensemble. Les rodhos, qui attendront la fin du mois avant d’éclater en bouquets rouge vif du haut de leurs dix mètres, sont ici en abondance. Les tronc élancés aux écorces brunes et rougeâtres, les branches basses, d’où pendent mousses et lichen vert de gris, nous livrent pour le moment un décor tourmenté.
Nous arriverons à Ghorepani, en tout début d’après midi, un peu fourbue pour ma part, au milieu d’un brouillard bien épais déjà. Super View Guest House, tout en haut du village, sera notre point de chute jusqu’au lendemain. Ce midi, Kesang, Pemba et Naresh se seront installés près de nous, dans la salle de restaurant. On s’y régalera d’excellentes pakoras, beignets de légumes frits dans de la pâte de pois chiche.
Pemba n’est pas en forme cet après-midi. On lui fait passer quelques remèdes. Par ailleurs, il nous informe que la montée à POONHILL est très compromise pour le lendemain, au vu du brouillard qui enveloppe tout le village. Avec Naresh et Kesang, ils engageront une partie de cartes en compagnie d’autres guides et porteurs. N’ayant pas le pouvoir de changer la météo, nous descendons dans le village faire un petit tour.
Les maisons en pierre se tiennent côte à côte, le long d’une ruelle centrale, où deux échoppes sont particulièrement attractives pour les touristes: nous y trouverons une cape de pluie, manquante dans l’un de nos bagages, de très belles cartes postales, des bonnets et serre-tête très colorés, et aussi des friandises réconfortantes pour les coups de « mou » sur les marches d’escalier!
Au moment de rejoindre nos chambres, Kesang nous invite à jeter un œil par la fenêtre sur le coup des quatre heures du matin, et si la nuit noire est étoilée, dit il, alors nous partirons dès cinq heures pour PoonHill.
Chic alors! L’idée de devoir y renoncer, si près du but, nous chagrinait un peu mais bien sûr, devant les éléments, on se serait incliné!
À cinq heures pétantes, nous sommes « ready «, quand Kesang vient tout doucement frapper à la porte. Nous partons sur le champ, munis de gants, bonnet, et frontale.
Le clou du spectacle sur les balcons des Annapurnas, le summum, l’apothéose, le must, c’est de se rendre sur le belvédère de POONHILL (3253m), au lever du soleil, avec vision totale sur les grands sommets. On y sera!
En trois quarts d’heure, dans la nuit noire et glacée, nous gravissons les 400m de montée……de marches……d’escalier ! Nous y sommes !
Pemba est resté se reposer, toujours un peu patraque . Notre groupe de cinq est dans les vingt premiers à arriver sur la plateforme de PoonHill, et en se retournant, vers Ghorepani, on aperçoit dans la nuit encore étoilée, un chemin de frontales ininterrompues, arriver vers nous.
A 6h30, nous serons bien 300 à commencer à mitrailler de toutes parts, les grands des Annapurnas:
DHAULAGIRI (8167m), ANNAPURNA 1 (8091m), 2, 3,
ANNAPURNA SOUTH (7219m), HIMCHULI (6441m),
MACHAPUCHARE (6993m), apparaissent, éclairés par le soleil naissant un peu orangé.
Il fait très froid, j’ai l’onglée, mais je suis ravie d’être là;
Naresh et Kesang sont aussi très heureux. Nous immortalisons la scène sur la traditionnelle photo devant la pancarte bien entendu.
Autour de nous, photographiant tous les sommets, des européens, des américains du Nord et du Sud, des australiens, des chinois…..s’extasient tout comme nous, devant un panorama aussi saisissant.
L’impression que les amoureux de l’Himalaya, venant de tous les coins de la terre, se sont donnés rendez-vous ici, à Poon Hill, pour célébrer en commun ce lever de soleil merveilleux, magique.
Mais, du fond de la vallée, monte un brouillard qui va probablement s’installer pour la journée; il est déjà 7h45: nous entamons la descente vers la guesthouse où nous attendent de savoureuses crêpes chocolat bananes, et du thé noir brûlant.
Il nous faut tout cela pour enchaîner jusqu’à Tadapani, après le petit aller retour à PoonHill. La brume a maintenant totalement envahi le village.

POONHILL7 POONHILL6 POONHILL5 POONHILL4 POONHILL3 POONHILL2 POONHILL1

J 3 de GHOREPANI à TADAPANI (2675m)

 

Nous démarrons par une ligne de crête repérée la veille sur une carte, à découvert, avec ici ou là quelques gigantesques rhododendrons, les seuls à être en fleurs que nous verrons. Juste avant d’arriver en forêt, sur une étendue d’herbes sèches, des drapeaux de prière flottent au gré d’une petite bise. On descendra un bon moment, sans trop de marches cette fois, en traversant une rivière tempétueuse, la Bhurungdi Khola, bordée de nombreux cairns. On sort les capes de protection, la pluie arrive et tombera une heure durant.
Nous en profiterons pour faire la pause déjeuner en compagnie d’une équipée charmante de coréens, (du sud nous précisent -ils d’entrée), bien décidés à bavarder. Ils ne manqueront pas de sortir le « Samsung » de dernière génération, posé sur une longue perche, et de nous prendre en photo avec eux. Ils seront très honorés quand je leur dis avoir vu sur Arte, la semaine précédant notre départ, un reportage sur leur pays, la Corée du Sud. Ils nous livrent quelques infos sur les JO, nous avions oublié ! et nous leur rappelons les temps forts de ceux de Grenoble, en 1968, il y a cinquante ans!!
Alors qu’ils s’apprêtent à remonter vers l’ABC (ANNAPURNA BASE CAMP), nous descendons sur Tadapani.
Un bon moment encore, de conservations amicales partagées, aux sujets inépuisables.
Il nous faut repartir vers de nouvelles aventures, encore une petite montée d’escalier de 700 m.
C’est comme à la colo le troisième jour: le coup de mou dans les gambettes, et au moral. Vraiment épuisée, je fais de rapides calculs de dénivelés positifs et négatifs depuis ce matin 5 h, il se remet à pleuvoir, la brume s’épaissît encore, la forêt de rodhos est de plus en plus inquiétante …..
Mon rythme est cassé par les nombreuses pauses que je fais toutes les 10 marches, toujours plus hautes et irrégulières. Naresh ou Pemba se relaient à mes côtés, calant leur pas sur le mien, toujours attentionnés.
À un moment donné de découragement, je leur dis tout de go:
BALCONNY ANNAPURNA TREK: FIRST TIME LAST TIME!
« Première et dernière fois » !!!
Ils se doutent bien du second degré; je le vois à leurs sourires malicieux mais bienveillants, toujours .
Notre arrivée à Tadapani se fera dans la brume, le crachin himalayen et un froid de canard ! Nous ne verrons rien du panorama grandiose qui entoure aussi ce village. Dommage!
Mais nous ne maîtrisons pas les éléments météorologiques, une fois de plus.
La salle commune de l’Annapurna GuestHouse, en haut d’un escalier de bois, est glaciale, à une heure où habituellement l’aubergiste a déjà fait le feu; c’est Kasang qui s’y collera le premier.
La douche, en bas, dans la cour, est aux quatre vents: pour sûr, ce soir, on se passera de la douche !
Dès que les bûches crépitent, on se retrouve en cercle autour du poêle, pendant que nos vêtements mouillés sèchent, et l’on engage la conversation avec les quelques trekkeurs installés avec nous.

Ils sont trentenaires et indiens; l’un est dans le commerce de chaussures avec l’Afrique du Sud, son amie vient d’ouvrir à Bombay une boutique de produits en soins naturels, un autre est enseignant à Delhi; ils ont en commun une passion pour la marche en montagne, et bien sûr pour ce petit pays frontalier avec l’Inde.
Ensemble, autour d’un thé, nous voyagerons de Chennai à Pondichery, de Jaiselmer à Cochin, de Mahaladipuram à Goa, de Bundi à Auroville! Autant de lieux magiques d’un pays qui m’est cher aussi.
Ils avoueront ne pas connaître toutes ces villes et on conviendra en riant tous ensemble, que leur pays est aussi grand qu’un continent!
Encore une rencontre sans lendemain bien agréable après une bonne journée de marche.
Quand l’aubergiste nous apportera les repas, je suis tellement submergée de fatigue que je ne pourrai avaler ce soir là, le moindre grain de riz de mon « rice végétables »; ma seule concession au dîner sera un excellent ginger lemon honey tea.

J 4 de TADAPANI à GHANDRUNG et LANDRUNG (1500 M)

Nous partirons assez tôt le lendemain; le ciel bleu, intense, et le soleil déjà haut, nous accompagnent et nous ravissent.
Le paysage est davantage diversifié. Ici où là, des buffles noirs à la peau luisante font leur apparition dans des coins d’herbes fraîches et goûteuses ou encore des petits coins de bambous, dont ils font leurs délices.
Et toujours un ballet incessant de trekkeurs sur les chemins, de villageois dans les hameaux, occupés à bêcher, sarcler, préparer la terre des parcelles en terrasses, où bientôt, pousseront le riz,le maïs ,les légumes .
Concernant Naresh et Pemba, je sens bien qu’ils ont parfois le mal du pays et de la famille. A chaque étape, ils ne manquent pas de communiquer avec leurs épouses et leurs enfants, qui très jeunes, sont totalement rompus à la communication par smartphones interposés.
Pemba, lui, nous enchantera tout le long du trek, avec son téléphone, qui égrène des chansons villageoises, très joyeuses, bien connues au Népal, et déjà entendues au LANGTANG.
Sur les coups de onze heures, nous arrivons à GHANDRUNG, très beau village « Gurung ». Les balcons de bois des maisons blanches débordent d’œillets d’Inde orangés très lumineux, donnant à l’ensemble un petit air cossu.
Les Gurungs sont l’ethnie prédominante dans la partie méridionale des Annapurna, de religion bouddhiste ou hindouiste.
C’est entre autre, dans cette ethnie, que les armées indiennes et britanniques engagent encore les jeunes à intégrer les régiments de Gurkhas, qualifiés de vaillants guerriers par l’empire britannique en son temps.
Nous visiterons le musée, le Old Gurung Muséum, qui se tient dans une petite maison; on y découvrira différents outils servant à l’agriculture, à la récolte du miel, des objets usuels du quotidien, des khukuris, couteaux aux belles lames courbées, des berceaux, nasses, paniers, tissés en bambou ou encore des petites ruches traditionnelles.
Nous reprenons notre descente vers la vallée encaissée de la rivière MODI KHOLA, cette fois sous un soleil bien agréable.
Les mythiques sommets enneigés sont maintenant à portée de main ! Ils nous semblent tellement proches!
Il est l’heure de la pause et nos amis népalais nous invitent à déjeuner sous une tonnelle ombragée d’une charmante auberge. Sur la terrasse, étalés sur d’immenses plateaux, sèchent des champignons qui ressemblent fort à nos trompettes chanterelles.
Nous découvrons d’ici, notre étape du soir, le village de LANDRUNG, sur la « colline » d’en face, que nous atteindrons après une montée d’à peu près huit cents mètres.
Une passerelle himalayenne flambant neuve nous mènera sur le versant opposé, où cheminent des villageois qui remontent chez eux, de lourdes charges sur le dos.
C’est à l’Hotel Hungry Eye que nous nous posons pour la nuit.
J’ai toujours du mal à donner une traduction satisfaisante au nom de cet hôtel:
Est ce, stricto sensu « l’hôtel de l’œil affamé »? Ou bien l’hôtel des yeux gourmands …..du panorama alentour ?
Je ne le saurais jamais!
Une grande bâtisse de briques peintes en blanc et bleu, un auvent en bois courant tout le long, ménageant une belle ombre, et des buissons fleuris plantent un décor plutôt accueillant.
Les chambres y sont cosy aussi; la patronne a elle même brodé les oreillers d’un « Sweet Dream » (doux rêves) tout à fait charmants.
Elle nous régalera aussi d’excellents momos (raviolis de légumes ou de viande), avec la bonne sauce, délicieusement piquante, qui va avec.
A la table commune, un jeune couple de Français qui revenait du Dolpo, où ils œuvrent dans des missions éducatives et sanitaires.
Un moment d’échange intéressant, sur les projets à venir de TPH au Langtang, sur ceux de leur association dans la Drôme.
Cet accueil vraiment très chaleureux de l’hôtel, se confirmera dès le lendemain matin. En effet, sur la pelouse, devant les chambres, à été installée une belle table pour le petit déjeuner : devant l’ANNAPURNA SOUTH, excusez du peu!, sur lequel dardent les premiers rayons du soleil.
Rien que cela! Nous immortaliserons ce moment tous les six avec de nombreuses photos!
Le beau temps s’est résolument installé dans la région.

J 5 de LANDRUNG à POTHANA ( 1890 M )

Nous repartons de LANDRUNG, bien reposés, encore sous le charme de cette halte bien agréable.
La vue est maintenant très dégagée; moins de forêts et davantage de terrasses, étagées sur des pans entiers de montagne, certaines toutes vertes de cultures précoces, d’autres encore parsemées de petits tas de fumier.
Nous traverserons encore des petits hameaux, nous glisserons un billet dans une boîte pour la rénovation d’une école, alertés par un enseignant du village.
Enfin, nous croiserons un joyeux groupe de jeunes militaires en entraînement, descendant en courant, d’un pas très assuré, une belle sente boisée. Pas moins de cinquante Namaste seront échangés ……
Notre dernière nuit sera à Pothana, dernier village des Balcons pour notre petit groupe. Mais il peut aussi constituer une première étape pour ceux qui organisent leur trek en sens inverse.
On y retrouvera donc un centre de contrôle des permis de treks dont le tampon final figurera sur nos papiers. C’est la Guest House Shangri La qui nous accueillera pour cette étape.
La salle vitrée nous laissera apercevoir le MACHAPUCHARE dans toute sa splendeur au soleil couchant. On le reconnaît aisément à son sommet en queue de poisson; c’est d’ailleurs la signification de son nom en népalais. Il revêt un caractère sacré et les hindouistes évoquent à son endroit la demeure de Shiva.
Pothana sera notre dernière étape sur le chemin des balcons.

 

LANDRUNG7 LANDRUNG6 LANDRUNG5 LANDRUNG4 LANDRUNG3 LANDRUNG2 LANDRUNG1 GORHEPANI2 GORHEPANI1
Le lendemain matin, les duvets calés au fond des sacs, nous repartons pour la vallée, en dévalant presque les mille dernières marches…..
A Phedi, nous attend un véhicule qui nous ramènera à Pokhara en début d’après midi.
Nous flânerons sur le bord du lac avant de se retrouver tous les six, à la nuit tombée, dans un magnifique restaurant en plein air, pour y déguster un très bon dîner, tout en regardant un spectacle de danses traditionnelles.
Pemba, Naresh et Kesang avaient spécialement demandé une table devant la scène!!!!
Pour nous faire plaisir bien sûr; et comble de joie pour nous, nous étions tous les six à la même table!
Naresh, rappelé dans son pays Tamang, nous quittera le lendemain avec le premier bus.
Nous resterons encore une journée à Pokhara, avant le retour vers Katmandu, laissant déjà entrevoir, la fin de notre séjour au Népal.

LANDRUNG9

 

A mon retour à Proveysieux, en dépliant une carte du Népal, j’ai vu qu’à l’est de Khatmandu, en allant vers l’Everest, le pays des Sherpas m’était complètement inconnu……..

Martine Grabowiecki

 

2017. Trek au Langtang et lacs sacrés de Gosainkund.

 

      70 JP Sommet du Kyanjin Ri et Lirung

Les guides présentent le trek du Langtang comme étant accessible pour un premier voyage au Népal. L’altitude «obligatoire», si l’on veut atteindre Kyanjin Gompa ne dépasse pas les 4000m. Les conditions d’accueil y sont très bonnes dans l’ensemble, et même souvent confortables. N’étant pas spécifiquement homogène dans ses objectifs, notre groupe a fait le choix d’un parcours permettant à chacun de décider de poursuivre ou d’attendre, selon ses capacités et sa forme du moment. Nous avons donc décidé de ne pas emprunter l’itinéraire passant par le Lauribinayak Pass pour boucler par la région d’Helambu, mais de prévoir une étape à Gosainkund et un retour le lendemain vers Shin Gompa et Dunche. Deux sommets ont été programmés, pour ceux qui le souhaitaient: Le Tsergo Ri (4984m) et le Surya Peak (5145m). Des amis, ayant déjà parcouru le Langtang, nous ont donné les coordonnées de Maryse et Jean-Gilles de TPH. Ceux-ci nous ont mis en relation avec Temba Lama, à Katmandou, pour définir les modalités du programme et son organisation. Nima, notre guide, nous a proposé d’ajouter à notre programme: le Kyanjin Ri 1 (4400m), le Kyanjin Ri 2 (4700m) et le belvédère de Gosainkund (4615m). Notre groupe était composé de 5 personnes (Caroline, Marie-B, Nicolas, Eric et moi) et l’équipe d’encadrement de Nima et de trois porteurs: Gyurmay Lama, Lhakpa Sherpa et Chowang Lama.

5/11: Arrivée à Katmandou.

Comme à chaque arrivée au Népal, la fatigue s’ajoute à la joyeuse «pagaille»,s’agissant des diverses formalités à remplir avant de récupérer les sacs. Première difficulté, après avoir cherché et observé tout ce qui pouvait tourner sur les tapis roulants, force est de constater que le sac de Caroline est resté bloqué à Bombay !! Elle avait déjà vécu cette expérience lors d’un précédent voyage. Temba nous rejoint et prend les choses en main, ce qui nous facilite bien des démarches. Il obtient l’information que le sac sera dans un prochain avion arrivant le lendemain de Bombay, le dernier vol arrivant à 18h. Tout le programme du trek est décalé d’un jour. La visite de Patan, prévue en fin de voyage se fera demain. J’ai eu Maryse sur le téléphone de Temba à notre arrivée qui s’informait du bon déroulement du voyage et de notre accueil. Vraiment sympa de sa part !!

 

6/11: Visite de PATAN.

La journée à Patan se fait en compagnie de Nima. Malgré la fébrilité qui nous accompagne à chaque coup de téléphone de Temba nous annonçant que le sac n’était pas dans l’avion qui venait de se poser, nous constatons que cette journée décalée nous est bénéfique et offre un peu de tranquillité et de repos. Temba avait prévu un guide pour la visite du Durbar Square de Patan et l’ancien palais royal. Premier Dal-Bhat avec vue sur la ville. L’ambiance est bonne, et l’est plus encore quand Temba nous annonce par téléphone que le sac est arrivé par le dernier avion. Caroline et Temba partent en moto à l’aéroport. La traversée de KTM à l’heure de pointe lui procure ses premières sensations.

1 JP Stupa 2 Stupa et coucher de soleil par Nicolas 3 JP départ Pathan 4 JP Patan 5 JP femme sur le Stupa 6 JP Visage avec Topi à Patan

7/11: Voyage en 4×4 direction Syabru Besi ( 460 m).

Après le confort de deux nuits au Ti-se Guest House, dans lequel certains d’entre nous avaient déjà séjourné lors d’un précédent voyage, nous partons en 4×4 vers Syabru Besi. La traversée de KTM est interminable de klaxons, de pots d’échappements, de bouchons et de véhicules dans tous les sens. L’heure de pointe! De vallée en vallée, le long de la Trisuli River nous progressons en prenant de l’altitude. Plusieurs chek-point et une fouille complète de nos sacs en arrivant au passage de la province de Langtang. Ensuite la route nous laissera un certain nombre d’émotions et de secousses. Impressionnante, et plus encore quand il s’agit de croiser les nombreux camions qui viennent de la frontière du Tibet. Enfin, nous sommes à l’hôtel Small Star de Syabru Besi. Nous faisons la connaissance de Gyurmay, Lhakpa et Chowang qui se chargeront des sacs. Petite balade dans Syabru pour finir la journée et sentir une dernière fois la poussière dégagée par les nombreux camions qui font la route du Tibet.

8/11: Départ du Trek. De Syabru Besi au Lodge de Lama Hôtel (2470 m).

Première étape en basse altitude. Il faut que chacun trouve le rythme de sa progression. La traversée du village de Syabru offre le spectacle des dégâts provoqués pour le tremblement de terre de 2015. L’école est à l’abandon et reconstruite ailleurs. La Langtang Khola se fait entendre et son débit est conséquent. La flore est presque tropicale, les nids d’abeilles noires géantes attirent les objectifs. Les traces d’éboulements ne sont pas toutes en lien avec le 25 avril 2015. La pause de Bamboo est vraiment agréable avant la montée à Lama Hôtel. La Friendly guest House de Lama Hôtel propose un thé au gingembre excellent; certains se tourneront plutôt vers l’Everest (en bouteille) !! Le repas est bon. Par contre, les sanitaires dégagent une odeur qui nécessitera un transfert de chambre. Le bruit de la Langtang Khola, très proche, n’aide pas vraiment à trouver le sommeil, mais finit par nous bercer.

7 JP La route 8 JP Passerelle départ Syabru Besi 9 JP fruits fleurs régal des singes 10 JP long de la rivière Langtang Khola 11 JP Nids d'abeilles noires géantes 12 JP Chowang Nima Caroline et Marie B 13 JP cuisine restau de Bamboo 14 JP escaliers 15 JP Lama Hôtel

9/11: De Lama Hôtel à Langtang village (3430 m) – Lodge de Temba Lama.

Le chemin se poursuit par une suite de passages de ruisseaux et d’éboulis divers, quelques semnopithèques de l’Himalaya (singes à têtes blanches) viennent distraire l’ascension. Une montée un peu plus raide, en forêt, nous rappelle que nous venons de passer les 3000m d’altitude. Première vue sur le Naya Kang 5844m. Le temps est beau. La vallée de Langtang s’ouvre enfin et nous offre une vue superbe sur le Ghenge Lirung (Langtang 2) 6561m. De part et d’autre de la vallée, bon nombre d’éboulements, de traces de roche neuve dans les parois marquent le souvenir de 2015. Sur la face nord, les arbres sont dénudés sur  plusieurs centaines de mètres et gardent la marque de la puissance du souffle. Le chaos de l’effondrement est maintenant bien visible. Nous faisons une pause thé au Lodge reconstruit de Gyurmay. Achats divers de tricots colorés pour les souvenirs. Ensuite, nous entamons la descente vers le chaos de glace, de terre et de pierre qui forme l’impressionnante moraine que nous traversons en dirigeant nos regards vers le haut pour tenter de capter l’ambiance qui règne en ce lieu. A la sortie, nous prenons du temps pour échanger avec Nima, Gyurmay et Chowang. Ils ont perdu femme, enfants, frères et sœurs, leurs parents et de la famille, et des proches. Nima m’indique l’emplacement approximatif de la maison où vivaient ses parents. Moment de silence, de recueillement et la route reprend. Un dernier regard en arrière sur la marque plus claire tracée dans la montagne. Arrivée à Langtang, et accueil dans le tout nouveau Lodge très confortable de Temba.

.16 JP vue sur le Naya Kang 5844m 17 JP pont sur la Langtang Khola 18 JP vallée de Langtang 19 JP Semnopithèques de l'Himalaya 20 JP Lhakpa Sherpa 21 JP moraine effondrée de Langtang 22 JP Caroline et Eric Moraine de Langtang 23 JP Lodge de Temba à Langtang 24 Photo Caroline  Père de Temba 25 JP Vue d'ensemble de l'effondrement

10/11: De Langtang à Kyanjin Gompa (3850 m) – Mountain view Hôtel.

Départ pour Kyanjin Gompa, le temps est toujours clair. La beauté des massifs se dévoile. Nima tente de nous aider à faire la différence entre Yack, Nak et Dzo. Pas simple, mais une certitude, il n’existe pas de lait de yack!! Les toits bleus de Kyanjin Gompa rappellent un peu la couleur des gentianes, bien que celles du Népal soient plus claires que dans les Alpes. Son immense passerelle et son superbe Stupa récemment reconstruits marquent l’entrée du village. Nous bénéficions d’un accueil chaleureux à l’hôtel Mountain view où Dejen Lama, la belle-sœur de Temba nous accueille. Le confort est top, la douche bien chaude et nous y resterons deux nuits. Avant le repas du soir, Nima nous fait visiter la fromagerie et le monastère en reconstruction depuis le tremblement de terre. L’altitude se fait sentir pour certains. Le groupe se pose car demain sera une grosse journée.

26 JP village de Mundu 27 JP Yack 28 JP Lhakpa, Gyurmay, Nima et Chowang 29 JP Le groupe avant Kyanjin Gompa (2) 30 Photo Caroline  Eric et JP pont de Kyanjin Gompa 31 Photo Eric Passerelle de Kyanjin Gompa 32 JP Stupa de Kyanjin Gompa 3730m 33 JP Stupa de Kyanjin Gompa 34 JP vieille dame

36 JP Kyanjin Gompa 3730m et Dorje Himal 37  Photo Nicolas Le Ganchenpo 6387m 38 JP vendeuse et Caroline 39 JP Ganchenpo 6387m. 40 JP Langtang Lirung 7225m. 2 41 JP Fromagerie de K Gompa

11/11: Ascension du Tsergo Ri (4984m) – Mountain view Hôtel.

Un petit déjeuner rapide à 5h30 du matin et départ à la frontale avant le lever du jour, sur un sol bien froid, pour ceux qui ont coché l’option Tsergo Ri. La traversée du ruisseau sur des pierres gelées fera un élu. L’ascension du Tsergo avec un pied mouillé, ça se tente. Le groupe s’étire rapidement et chacun monte à son rythme. Le lever du jour sur le Lantang Lirung (7225m) offre de belles couleurs. Mille mètres de dénivelé à cette altitude fait quelques dégâts; mais pour ceux qui iront au sommet la récompense sera de taille. Un 360° sur le Yubra Himal, Langtang Himal, Morimoto Peak, Yala Peak, Dorje Himal, Kangjala Himal et Chimisedang Lekh. Il y a un peu de neige sur la partie finale, plus technique, située en face nord. L’ensemble constitue une exceptionnelle randonnée d’altitude. Le sommet est dégagé et la température presque clémente pour la collation. La descente se fait par la face plus au sud pour faire une boucle. Le chemin est tracé sur d’immenses pentes à 45°.

12/11: Ascension du Kyanjin Ri (4400m et 4700m) et retour à Langtang.

L’ascension du jour propose un itinéraire sans marche d’approche pour 550m de dénivelé. Tout le groupe monte au premier sommet à 4400m. La montée est particulièrement raide mais ne dure pas. L’ambiance au sommet est conviviale. L’espace est restreint et il y a pas mal de monde. La vue sur le Lirung et son glacier est imprenable. Une avalanche se déclenche au loin. Ceux qui n’ont pas suffisamment de dénivelé dans les jambes poussent jusqu’au Kyanjin Ri 2 à 4700. La descente se fait par l’itinéraire de retour de la crête qui s’étire jusqu’au belvédère sommital face au Tsergo Ri. Cette montée aurait-elle été préférable la veille pour mieux s’acclimater, et le Tsergo Ri sur cette journée? C’est à réfléchir. Après un dernier repas chez Dejen, nous reprenons la route pour un retour à Langtang, chez Temba.

42 JP Gyurmay départ pour le Tsergo Ri 43 JP lever du jour sur Dorje et Kangjala Himal 44 JP Montée au Tsergo Ri 45 JP lever de soleil sur le Langtang Lirung 46 JP Langtang Himal 47 JP Langtang Himal à gauche Yansa Tsenji 6575m et à droite Shalbachum 6680m. 48 JP Sommet du Ponggen Dokpu 5930m. 49 JP Montée au Tsergo Ri 50 JP chemin vers le Tsergo Ri au fon Dshabu Ri et Ponggen Dokpu 51 JP Langtang Lirung, Kimshung et Langtang Himal 52 JP Sommet du Tsergo Ri 53 JP Le Shalbachum 6680m et son glacier 54 JP Le Kimshung 6745m et son glacier 55 JP Gyurmay au sommet du Tsergo Ri 56 JP Caroline dans la partie finale du Tsergo Ri 57 JP Pause au sommet 58 JP de G à D Goldum 6480, Langshisa Ri 6427, Ganchenpo 6387 et Ponggen Dokpu 5930 59 JP Vue sur la Kangjala Himal 60 JP Vue d'ensemble sur la montée depuis le sommet du Tsergo Ri 61 JP Le Ganchenpo 6387m depuis le sommet du Tsergo (2) 62 JP départ pour Kyanjin Gompa, au fond Ganchenpo et Langshisa Ri (2) 63 JP Chemin du retour 64 JP Fleurs 65 JP vue de la combe du retour sur la Langtang Himal (3) 66 JP Coucher de soleil sur le Ganchenpo 6387m. 67 JP Coucher de soleil sur la Langtang Himal

68 JP Vue sur Kyanjin Gompa en montant au Kyanjin Ri 69 Photo Caroline  MB JP et Eric sommet du Kyanjin Ri 70 JP Sommet du Kyanjin Ri et Lirung 71 Photo Caroline Vue sur le Kyanjin Ri 4700m. 72 JP vue élargie du Kyanjin Ri 4400m. 73 JP Arrivée de Nicolas au Kyanjin Ri 4700m. 74 JP Lhakpa et JPaul sommet du Kyanjin Ri 4700m 75 JP sommet du Kyanjin RI 4700. 76 JP sommet du Kimshung 6745m et son glacier 77 JP Le Langtang Lirung et son glacier 78 JP retour du Kyanjin Ri 79 JP Caroline et famille de Temba 80 JP Nima et la cousine de Temba 81 JP fille de la cousine de Temba 82 JP Au repas avec Dejen la belle- soeur de Temba 83 JP Marie B sur le retour vers Langtang village 84 JP Pierre à mani 85 JP Vue sur le Naya Kang 5844m. 86 Photo Caroline Vache de camouflage 87 JP mémorial de Langtang 88 JP le groupe traverse la moraine 89 JP sortie de la traversée 90 JP Traversée

13/11: Descente à Lama Hôtel (2470 m).

Au départ de Kyanjin, nous avons la chance d’apercevoir un panda roux. Il ne s’attarde pas pour la photo! Dommage. La route du retour offre un dernier regard sur l’effondrement et la moraine de Langtang. Le village reconstruit, contraste aujourd’hui avec celui de Mundu, qui a conservé ses habitations traditionnelles. Nous faisons un arrêt au mémorial. Sur le chemin, les Mendong affalés par les secousses ont été entièrement remis en place. Plus loin, une rampe est en construction pour récupérer les arbres balayés par le souffle du tremblement et de l’avalanche déclenchée en 2015. L’accueil à Lama Hôtel est toujours aussi chaleureux, et le confort toujours rudimentaire.

14/11: De Lama Hôtel à Thulo Syabru (2130 m).

La descente se poursuit avec une impression de déjà vu jusqu’à la bifurcation pour remonter vers Thulo Syabru. Quelques singes nous observent sur le parcours. Bon nombre de Dzo sortent des fourrés et se promènent sur le sentier. Une imposante passerelle permet de changer de vallée pour entamer la montée jusqu’au village en quasi totale reconstruction depuis 2015. Nous sommes accueillis dans un hôtel neuf, presque luxueux quant aux chambres avec sdb privatives. La soirée est consacrée aux cartes postales. Le marchand propose de nous les timbrer et les poster à Syabru en majorant un peu le prix. Toutes les cartes sont arrivées à bon port. Le lieu est propice au farniente; mais la journée du lendemain sera longue.

15/11: De Thulo Syabru au Lodge de Chyolang Pati (3584 m).

Longue journée de transition avec pas mal de dénivelé pour retrouver de l’altitude. La fatigue accumulée dans la vallée du Langtang se fait un peu sentir. La pause de midi, en terrasse, au Sherpa Cottage (2711m) offre un temps de repos apprécié dans un cadre verdoyant et fleuri. A Chyolang Pati, le coucher de soleil sur le Langtang Lirung et les Ganesh sera immortalisé dans un froid glacial. Les couleurs sont flamboyantes vers l’ouest, le Lirung se voile de rose.

16/11: De Chyolang Pati à Gosainkund (4380 m) et Belvédère (4615 m).

La montée de départ vers Laurebina est un peu longue. La vue est, cependant, très dégagée sur tous les massifs environnants. Après un petit col, le sentier bascule sur la gauche et emprunte une trace sur le flan de la montagne. Le vertige est assuré dans un espace minéral offrant des couleurs de roche dans des jaunes presque fluorescents. L’arrivée au premier lac  fait apparaître les deux ou trois Lodges de Gosainkund. Nous passerons la nuit au Lodge du Tibet Hôtel à 4380m. L’après-midi est consacrée à l’ascension vers le belvédère de Gosainkund à 4615m. L’arête offre une belle vue sur les deux versants. La soirée sera «fraîche» dans la pièce commune, le poêle ne démarre pas. Avec Gyurmay et Lhakpa, nous nous réchauffons d’une petite bouteille de rhum vendue sur place. Le coucher de soleil est superbe, mais nous n’avons pas la force de sortir les appareils photo. Le froid et le programme du lendemain incitent à se coucher de bonne heure.

Pause sur la River Side  Langtang Khola92 JP Olé !! 93 JP Big passerelle 94 JP Vaches 95 JP Départ de Thulo Syabru en reconstruction 96 Photo Caroline Achat du Khukuri 97 Photo Eric petite fille aux ponpons 98 JP Lodge de Cholangpati 99 JP Ganesh et sa trompe 100 JP Ciel rose Les Lirung 101 Ciel en feu à Cholangpati 102 JP Gosainkund Lekh le matin 103 Photo Caroline  Départ vers Gosainkunda 104 JP Jeune homme et cheval 105 JP Sur le chemin des lacs 106 JP Couleurs de roche 107 JP Chemin des lacs sacrés (1) 108 JP Passage 109 JP Pause et point de vue 110 JP Gentianes 111 JP Gosainkund 112 Caroline 28 MB et Caroline Panneau Gosainkunda 113 Photo Caroline Cloches de Gosainkund 114 JP Petite fille Lodge de Gosainkund

17/11: De Gosainkund au Surya Peak (5145 m) et retour à Shin Gompa (3300m).

Deux personnes sont partantes pour le Surya Peak. Il a neigé pendant la nuit; mais la météo est correcte pour la journée. Gyurmay se présente avec des baskets pour la montée. Je lui propose de prendre mes chaussures de montagne taille basse et mes guêtres. Il accepte sans hésitation. La montée est minérale et le tracé n’est pas toujours évident. La neige de la nuit offre une luminosité qui renforce le bleu profond du ciel et les reflets dans le lac Ganeshkund. L’attaque de la partie finale du Surya Peak est assez raide et demande parfois de mettre les mains. Il n’y a pas de tracé et la glace qui recouvre l’amas de blocs est souvent cachée par la neige fraîche. Gyurmay m’informe que la montée ne sera pas possible. Après concertation, je propose que nous montions tant que cela ne pose pas de problème et que si la progression devient complexe nous ferons demi-tour. Le cheminement demande quelques précautions mais ne présente pas de danger pour des randonneurs aguerris. La progression demande un peu de concentration; mais la partie sommitale perd sa raideur et le sommet est atteint sans problème, en dehors de quelques glissades sans conséquence. Malheureusement, le sommet ne se découvre que par intermittence. Lhakpa filme l’arrivée au sommet avec son smartphone et nous fera passer la vidéo. La descente jusqu’à Shin Gompa, presque 2000m de dénivelé, est un peu longue. Mais elle met un terme aux ascensions programmées.

18/11: De Shin Gompa à Dunche (2030m)

La descente est agréable dans les sous-bois. Dernier repas à Dunche avec Gyurmay, Lhakpa et Chowang. Remise des enveloppes traditionnelles en fin de trek. Nous avons donné pas mal de notre matériel, chaussures, pantalons, Buff, T-shirt et autres aux porteurs. Nous avions apporté toutes sortes de sachets de graines que nous avons distribués aux jardiniers tout le long du parcours. Caroline avait bénéficié d’un stock conséquent offert par le magasin Botanic (Date limite de vente). L’ambiance était excellente dans le groupe. Pas mal d’émotion et d’accolades avant le départ!!

2017. Trek au Langtang et lacs sacrés de Gosainkund. 115-photo-caroline-22-nima-300x293

116 JP Vue sur Gosainkund et les lacs 117 JP Gosainkund 118 JP Marie B belvedere 4615m 119 JP Panoramique sur le sommet du belvedere 120 Photo Nicolas Les lacs Gosainkund 121 JP Le Ganesh Himal depuis la montée au Surya Peak 122 JP Vue partielle sur le Surya Peak 123 JP Vue sur le Langtang Lirung 7234m. 124 JP Au fond les Ganesh et à droite les Lirung 125 JP montée au Surya Peak 126 JP La longue montée finale 127 JP Nicolas Pas facile 128 JP Dans la montée 129 JP Lhakpa, Gyurmay et JP au sommet 130 JP Drapeaux au sommet vue sur les lacs Gosainkund 131 JP Lhakpa sur un rocher 132 JP escalade 133 JP Vue sur le Ganesh Kund 134 JP Lac du Gosainkund

19/11: De Dunche à Katmandou par la vallée de Phalakhu et Tadi Khola.

Le voyage retour en 4×4 est moins impressionnant qu’à l’aller. Le retour se fait par une suite de vallées et une route en construction bien chaotique pour passer un col qui nous ramènera à KTM. Les vallées traversées offrent le spectacle de cultures en espaliers et de nombreuses rizières. La soirée est consacrée au shopping et la visite du Stupa de Bodnath

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20/11: Visite de Bhaktapur et Tamel.

Nima prend un peu de repos et c’est Temba qui assure le relais pour la visite de Bhaktapur et Tamel (Achat d’épices, de doudounes, de bijoux et de pacheminas). Le repas du soir nous est offert dans un restaurant proposant des musiques et danses traditionnelles du Népal et du Tibet.

21/11: Repas de midi chez Jyanghjul et Temba et départ pour l’aéroport.

Le départ est proche. Les sacs sont chargés à bloc de tout ce que Temba nous a confié  pour TPH. Nous sommes invités à manger chez lui et Jyanghjul qui a préparé un repas de momos avec Nima. Temba nous offre un collier souvenir et nous conduit à l’aéroport. Retour sans encombre par Bombay.

137 JP Batteuse à Dunche 138 JP Vue sur le Tibet 139 JP Rue de Dunche 140 JP Camion 141 JP Vallée de Phalakhu Khola 150 JP Briques et effondrement 149 JP place et chèvre 148 JP Mère et enfant 147 Photo Eric Bhaktapur Quartier des potiers 146 JP Tour Bhaktapur 145 JP Temple bhoudiste Bhaktapur 144 JP Cultures en terrasses 143 JP Attelage 142 JP Rizières 159 JP Poteries de Bhaktapur 158 JP Mère et fille 157 JP Petite fille 156 Photo Caroline Vieux couple 155 JP Hommes et Topi 154 JP entrée du restau 153 JP Femmes à la fenêtre 152 JP Vendeur de balais 151 Photo Eric Petit enfant

L’accueil, l’accompagnement et la disponibilité des personnes tant dans la préparation du projet que dans sa réalisation nous ont offert la possibilité de découvrir une région et ses montagnes dans des conditions particulièrement confortables et satisfaisantes. Un grand merci à Maryse et Jean-Gilles de TPH pour leur mise en lien et leur suivi, à Temba pour sa réactivité et son souci de l’organisation, à Jyanghjul pour son repas d’au revoir, à Nima pour son calme, son sourire, sa bonne humeur et son «pas du guide» pour Marie-B, à Lhakpa, à Chowang et Gyurmay, ce dernier ayant cumulé du dénivelé pour tenter de me récupérer quand je me suis perdu sur le chemin du retour. De très belles rencontres. De très beaux souvenirs!!

Jean-Paul DULIN.

Trek au Langtang et lacs sacrés de Gosainkund Novembre 2017.

 

      70 JP Sommet du Kyanjin Ri et Lirung

      Les guides présentent le trek du Langtang comme étant accessible pour un premier voyage au Népal. L’altitude «obligatoire», si l’on veut atteindre Kyanjin Gompa ne dépasse pas les 4000m. Les conditions d’accueil y sont très bonnes dans l’ensemble, et même souvent confortables. N’étant pas spécifiquement homogène dans ses objectifs, notre groupe a fait le choix d’un parcours permettant à chacun de décider de poursuivre ou d’attendre, selon ses capacités et sa forme du moment. Nous avons donc décidé de ne pas emprunter l’itinéraire passant par le Lauribinayak Pass pour boucler par la région d’Helambu, mais de prévoir une étape à Gosainkund et un retour le lendemain vers Shin Gompa et Dunche. Deux sommets ont été programmés, pour ceux qui le souhaitaient: Le Tsergo Ri (4984m) et le Surya Peak (5145m). Des amis, ayant déjà parcouru le Langtang, nous ont donné les coordonnées de Maryse et Jean-Gilles de TPH. Ceux-ci nous ont mis en relation avec Temba Lama, à Katmandou, pour définir les modalités du programme et son organisation. Nima, notre guide, nous a proposé d’ajouter à notre programme: le Kyanjin Ri 1 (4400m), le Kyanjin Ri 2 (4700m) et le belvédère de Gosainkund (4615m). Notre groupe était composé de 5 personnes (Caroline, Marie-B, Nicolas, Eric et moi) et l’équipe d’encadrement de Nima et de trois porteurs: Gyurmay Lama, Lhakpa Sherpa et Chowang Lama.

5/11: Arrivée à Katmandou.

      Comme à chaque arrivée au Népal, la fatigue s’ajoute à la joyeuse «pagaille»,s’agissant des diverses formalités à remplir avant de récupérer les sacs. Première difficulté, après avoir cherché et observé tout ce qui pouvait tourner sur les tapis roulants, force est de constater que le sac de Caroline est resté bloqué à Bombay !! Elle avait déjà vécu cette expérience lors d’un précédent voyage. Temba nous rejoint et prend les choses en main, ce qui nous facilite bien des démarches. Il obtient l’information que le sac sera dans un prochain avion arrivant le lendemain de Bombay, le dernier vol arrivant à 18h. Tout le programme du trek est décalé d’un jour. La visite de Patan, prévue en fin de voyage se fera demain. J’ai eu Maryse sur le téléphone de Temba à notre arrivée qui s’informait du bon déroulement du voyage et de notre accueil. Vraiment sympa de sa part !!

 

6/11: Visite de PATAN.

      La journée à Patan se fait en compagnie de Nima. Malgré la fébrilité qui nous accompagne à chaque coup de téléphone de Temba nous annonçant que le sac n’était pas dans l’avion qui venait de se poser, nous constatons que cette journée décalée nous est bénéfique et offre un peu de tranquillité et de repos. Temba avait prévu un guide pour la visite du Durbar Square de Patan et l’ancien palais royal. Premier Dal-Bhat avec vue sur la ville. L’ambiance est bonne, et l’est plus encore quand Temba nous annonce par téléphone que le sac est arrivé par le dernier avion. Caroline et Temba partent en moto à l’aéroport. La traversée de KTM à l’heure de pointe lui procure ses premières sensations.

1 JP Stupa 2 Stupa et coucher de soleil par Nicolas 3 JP départ Pathan 4 JP Patan 5 JP femme sur le Stupa 6 JP Visage avec Topi à Patan

7/11: Voyage en 4×4 direction Syabru Besi ( 460 m).

      Après le confort de deux nuits au Ti-se Guest House, dans lequel certains d’entre nous avaient déjà séjourné lors d’un précédent voyage, nous partons en 4×4 vers Syabru Besi. La traversée de KTM est interminable de klaxons, de pots d’échappements, de bouchons et de véhicules dans tous les sens. L’heure de pointe! De vallée en vallée, le long de la Trisuli River nous progressons en prenant de l’altitude. Plusieurs chek-point et une fouille complète de nos sacs en arrivant au passage de la province de Langtang. Ensuite la route nous laissera un certain nombre d’émotions et de secousses. Impressionnante, et plus encore quand il s’agit de croiser les nombreux camions qui viennent de la frontière du Tibet. Enfin, nous sommes à l’hôtel Small Star de Syabru Besi. Nous faisons la connaissance de Gyurmay, Lhakpa et Chowang qui se chargeront des sacs. Petite balade dans Syabru pour finir la journée et sentir une dernière fois la poussière dégagée par les nombreux camions qui font la route du Tibet.

8/11: Départ du Trek. De Syabru Besi au Lodge de Lama Hôtel (2470 m).

       Première étape en basse altitude. Il faut que chacun trouve le rythme de sa progression. La traversée du village de Syabru offre le spectacle des dégâts provoqués pour le tremblement de terre de 2015. L’école est à l’abandon et reconstruite ailleurs. La Langtang Khola se fait entendre et son débit est conséquent. La flore est presque tropicale, les nids d’abeilles noires géantes attirent les objectifs. Les traces d’éboulements ne sont pas toutes en lien avec le 25 avril 2015. La pause de Bamboo est vraiment agréable avant la montée à Lama Hôtel. La Friendly guest House de Lama Hôtel propose un thé au gingembre excellent; certains se tourneront plutôt vers l’Everest (en bouteille) !! Le repas est bon. Par contre, les sanitaires dégagent une odeur qui nécessitera un transfert de chambre. Le bruit de la Langtang Khola, très proche, n’aide pas vraiment à trouver le sommeil, mais finit par nous bercer.

 7 JP La route 8 JP Passerelle départ Syabru Besi 9 JP fruits fleurs régal des singes 10 JP long de la rivière Langtang Khola 11 JP Nids d'abeilles noires géantes 12 JP Chowang Nima Caroline et Marie B 13 JP cuisine restau de Bamboo 14 JP escaliers 15 JP Lama Hôtel          

9/11: De Lama Hôtel à Langtang village (3430 m) – Lodge de Temba Lama.

           Le chemin se poursuit par une suite de passages de ruisseaux et d’éboulis divers, quelques semnopithèques de l’Himalaya (singes à têtes blanches) viennent distraire l’ascension. Une montée un peu plus raide, en forêt, nous rappelle que nous venons de passer les 3000m d’altitude. Première vue sur le Naya Kang 5844m. Le temps est beau. La vallée de Langtang s’ouvre enfin et nous offre une vue superbe sur le Ghenge Lirung (Langtang 2) 6561m. De part et d’autre de la vallée, bon nombre d’éboulements, de traces de roche neuve dans les parois marquent le souvenir de 2015. Sur la face nord, les arbres sont dénudés sur  plusieurs centaines de mètres et gardent la marque de la puissance du souffle. Le chaos de l’effondrement est maintenant bien visible. Nous faisons une pause thé au Lodge reconstruit de Gyurmay. Achats divers de tricots colorés pour les souvenirs. Ensuite, nous entamons la descente vers le chaos de glace, de terre et de pierre qui forme l’impressionnante moraine que nous traversons en dirigeant nos regards vers le haut pour tenter de capter l’ambiance qui règne en ce lieu. A la sortie, nous prenons du temps pour échanger avec Nima, Gyurmay et Chowang. Ils ont perdu femme, enfants, frères et sœurs, leurs parents et de la famille, et des proches. Nima m’indique l’emplacement approximatif de la maison où vivaient ses parents. Moment de silence, de recueillement et la route reprend. Un dernier regard en arrière sur la marque plus claire tracée dans la montagne. Arrivée à Langtang, et accueil dans le tout nouveau Lodge très confortable de Temba.16 JP vue sur le Naya Kang 5844m 17 JP pont sur la Langtang Khola 18 JP vallée de Langtang 19 JP Semnopithèques de l'Himalaya 20 JP Lhakpa Sherpa 21 JP moraine effondrée de Langtang 22 JP Caroline et Eric Moraine de Langtang 23 JP Lodge de Temba à Langtang 24 Photo Caroline  Père de Temba 25 JP Vue d'ensemble de l'effondrement

10/11: De Langtang à Kyanjin Gompa (3850 m) – Mountain view Hôtel.

            Départ pour Kyanjin Gompa, le temps est toujours clair. La beauté des massifs se dévoile. Nima tente de nous aider à faire la différence entre Yack, Nak et Dzo. Pas simple, mais une certitude, il n’existe pas de lait de yack!! Les toits bleus de Kyanjin Gompa rappellent un peu la couleur des gentianes, bien que celles du Népal soient plus claires que dans les Alpes. Son immense passerelle et son superbe Stupa récemment reconstruits marquent l’entrée du village. Nous bénéficions d’un accueil chaleureux à l’hôtel Mountain view où Dejen Lama, la belle-sœur de Temba nous accueille. Le confort est top, la douche bien chaude et nous y resterons deux nuits. Avant le repas du soir, Nima nous fait visiter la fromagerie et le monastère en reconstruction depuis le tremblement de terre. L’altitude se fait sentir pour certains. Le groupe se pose car demain sera une grosse journée.

26 JP village de Mundu 27 JP Yack 28 JP Lhakpa, Gyurmay, Nima et Chowang 29 JP Le groupe avant Kyanjin Gompa (2) 30 Photo Caroline  Eric et JP pont de Kyanjin Gompa 31 Photo Eric Passerelle de Kyanjin Gompa 32 JP Stupa de Kyanjin Gompa 3730m 33 JP Stupa de Kyanjin Gompa 34 JP vieille dame

36 JP Kyanjin Gompa 3730m et Dorje Himal 37  Photo Nicolas Le Ganchenpo 6387m 38 JP vendeuse et Caroline 39 JP Ganchenpo 6387m. 40 JP Langtang Lirung 7225m. 2 41 JP Fromagerie de K Gompa

11/11: Ascension du Tsergo Ri (4984m) – Mountain view Hôtel.

            Un petit déjeuner rapide à 5h30 du matin et départ à la frontale avant le lever du jour, sur un sol bien froid, pour ceux qui ont coché l’option Tsergo Ri. La traversée du ruisseau sur des pierres gelées fera un élu. L’ascension du Tsergo avec un pied mouillé, ça se tente. Le groupe s’étire rapidement et chacun monte à son rythme. Le lever du jour sur le Lantang Lirung (7225m) offre de belles couleurs. Mille mètres de dénivelé à cette altitude fait quelques dégâts; mais pour ceux qui iront au sommet la récompense sera de taille. Un 360° sur le Yubra Himal, Langtang Himal, Morimoto Peak, Yala Peak, Dorje Himal, Kangjala Himal et Chimisedang Lekh. Il y a un peu de neige sur la partie finale, plus technique, située en face nord. L’ensemble constitue une exceptionnelle randonnée d’altitude. Le sommet est dégagé et la température presque clémente pour la collation. La descente se fait par la face plus au sud pour faire une boucle. Le chemin est tracé sur d’immenses pentes à 45°.

12/11: Ascension du Kyanjin Ri (4400m et 4700m) et retour à Langtang.

            L’ascension du jour propose un itinéraire sans marche d’approche pour 550m de dénivelé. Tout le groupe monte au premier sommet à 4400m. La montée est particulièrement raide mais ne dure pas. L’ambiance au sommet est conviviale. L’espace est restreint et il y a pas mal de monde. La vue sur le Lirung et son glacier est imprenable. Une avalanche se déclenche au loin. Ceux qui n’ont pas suffisamment de dénivelé dans les jambes poussent jusqu’au Kyanjin Ri 2 à 4700. La descente se fait par l’itinéraire de retour de la crête qui s’étire jusqu’au belvédère sommital face au Tsergo Ri. Cette montée aurait-elle été préférable la veille pour mieux s’acclimater, et le Tsergo Ri sur cette journée? C’est à réfléchir. Après un dernier repas chez Dejen, nous reprenons la route pour un retour à Langtang, chez Temba.

42 JP Gyurmay départ pour le Tsergo Ri 43 JP lever du jour sur Dorje et Kangjala Himal 44 JP Montée au Tsergo Ri 45 JP lever de soleil sur le Langtang Lirung 46 JP Langtang Himal 47 JP Langtang Himal à gauche Yansa Tsenji 6575m et à droite Shalbachum 6680m. 48 JP Sommet du Ponggen Dokpu 5930m. 49 JP Montée au Tsergo Ri 50 JP chemin vers le Tsergo Ri au fon Dshabu Ri et Ponggen Dokpu 51 JP Langtang Lirung, Kimshung et Langtang Himal 52 JP Sommet du Tsergo Ri 53 JP Le Shalbachum 6680m et son glacier 54 JP Le Kimshung 6745m et son glacier 55 JP Gyurmay au sommet du Tsergo Ri 56 JP Caroline dans la partie finale du Tsergo Ri 57 JP Pause au sommet 58 JP de G à D Goldum 6480, Langshisa Ri 6427, Ganchenpo 6387 et Ponggen Dokpu 5930 59 JP Vue sur la Kangjala Himal 60 JP Vue d'ensemble sur la montée depuis le sommet du Tsergo Ri 61 JP Le Ganchenpo 6387m depuis le sommet du Tsergo (2) 62 JP départ pour Kyanjin Gompa, au fond Ganchenpo et Langshisa Ri (2) 63 JP Chemin du retour 64 JP Fleurs 65 JP vue de la combe du retour sur la Langtang Himal (3) 66 JP Coucher de soleil sur le Ganchenpo 6387m. 67 JP Coucher de soleil sur la Langtang Himal

68 JP Vue sur Kyanjin Gompa en montant au Kyanjin Ri 69 Photo Caroline  MB JP et Eric sommet du Kyanjin Ri 70 JP Sommet du Kyanjin Ri et Lirung 71 Photo Caroline Vue sur le Kyanjin Ri 4700m. 72 JP vue élargie du Kyanjin Ri 4400m. 73 JP Arrivée de Nicolas au Kyanjin Ri 4700m. 74 JP Lhakpa et JPaul sommet du Kyanjin Ri 4700m 75 JP sommet du Kyanjin RI 4700. 76 JP sommet du Kimshung 6745m et son glacier 77 JP Le Langtang Lirung et son glacier 78 JP retour du Kyanjin Ri 79 JP Caroline et famille de Temba 80 JP Nima et la cousine de Temba 81 JP fille de la cousine de Temba 82 JP Au repas avec Dejen la belle- soeur de Temba 83 JP Marie B sur le retour vers Langtang village 84 JP Pierre à mani 85 JP Vue sur le Naya Kang 5844m. 86 Photo Caroline Vache de camouflage 87 JP mémorial de Langtang 88 JP le groupe traverse la moraine 89 JP sortie de la traversée 90 JP Traversée

13/11: Descente à Lama Hôtel (2470 m).

            Au départ de Kyanjin, nous avons la chance d’apercevoir un panda roux. Il ne s’attarde pas pour la photo! Dommage. La route du retour offre un dernier regard sur l’effondrement et la moraine de Langtang. Le village reconstruit, contraste aujourd’hui avec celui de Mundu, qui a conservé ses habitations traditionnelles. Nous faisons un arrêt au mémorial. Sur le chemin, les Mendong affalés par les secousses ont été entièrement remis en place. Plus loin, une rampe est en construction pour récupérer les arbres balayés par le souffle du tremblement et de l’avalanche déclenchée en 2015. L’accueil à Lama Hôtel est toujours aussi chaleureux, et le confort toujours rudimentaire.

14/11: De Lama Hôtel à Thulo Syabru (2130 m).

            La descente se poursuit avec une impression de déjà vu jusqu’à la bifurcation pour remonter vers Thulo Syabru. Quelques singes nous observent sur le parcours. Bon nombre de Dzo sortent des fourrés et se promènent sur le sentier. Une imposante passerelle permet de changer de vallée pour entamer la montée jusqu’au village en quasi totale reconstruction depuis 2015. Nous sommes accueillis dans un hôtel neuf, presque luxueux quant aux chambres avec sdb privatives. La soirée est consacrée aux cartes postales. Le marchand propose de nous les timbrer et les poster à Syabru en majorant un peu le prix. Toutes les cartes sont arrivées à bon port. Le lieu est propice au farniente; mais la journée du lendemain sera longue.

 15/11: De Thulo Syabru au Lodge de Chyolang Pati (3584 m).

            Longue journée de transition avec pas mal de dénivelé pour retrouver de l’altitude. La fatigue accumulée dans la vallée du Langtang se fait un peu sentir. La pause de midi, en terrasse, au Sherpa Cottage (2711m) offre un temps de repos apprécié dans un cadre verdoyant et fleuri. A Chyolang Pati, le coucher de soleil sur le Langtang Lirung et les Ganesh sera immortalisé dans un froid glacial. Les couleurs sont flamboyantes vers l’ouest, le Lirung se voile de rose.

16/11: De Chyolang Pati à Gosainkund (4380 m) et Belvédère (4615 m).

            La montée de départ vers Laurebina est un peu longue. La vue est, cependant, très dégagée sur tous les massifs environnants. Après un petit col, le sentier bascule sur la gauche et emprunte une trace sur le flan de la montagne. Le vertige est assuré dans un espace minéral offrant des couleurs de roche dans des jaunes presque fluorescents. L’arrivée au premier lac  fait apparaître les deux ou trois Lodges de Gosainkund. Nous passerons la nuit au Lodge du Tibet Hôtel à 4380m. L’après-midi est consacrée à l’ascension vers le belvédère de Gosainkund à 4615m. L’arête offre une belle vue sur les deux versants. La soirée sera «fraîche» dans la pièce commune, le poêle ne démarre pas. Avec Gyurmay et Lhakpa, nous nous réchauffons d’une petite bouteille de rhum vendue sur place. Le coucher de soleil est superbe, mais nous n’avons pas la force de sortir les appareils photo. Le froid et le programme du lendemain incitent à se coucher de bonne heure.

Pause sur la River Side  Langtang Khola92 JP Olé !! 93 JP Big passerelle 94 JP Vaches 95 JP Départ de Thulo Syabru en reconstruction 96 Photo Caroline Achat du Khukuri 97 Photo Eric petite fille aux ponpons 98 JP Lodge de Cholangpati 99 JP Ganesh et sa trompe 100 JP Ciel rose Les Lirung 101 Ciel en feu à Cholangpati 102 JP Gosainkund Lekh le matin 103 Photo Caroline  Départ vers Gosainkunda 104 JP Jeune homme et cheval 105 JP Sur le chemin des lacs 106 JP Couleurs de roche 107 JP Chemin des lacs sacrés (1) 108 JP Passage 109 JP Pause et point de vue 110 JP Gentianes 111 JP Gosainkund 112 Caroline 28 MB et Caroline Panneau Gosainkunda 113 Photo Caroline Cloches de Gosainkund 114 JP Petite fille Lodge de Gosainkund

17/11: De Gosainkund au Surya Peak (5145 m) et retour à Shin Gompa (3300m).

            Deux personnes sont partantes pour le Surya Peak. Il a neigé pendant la nuit; mais la météo est correcte pour la journée. Gyurmay se présente avec des baskets pour la montée. Je lui propose de prendre mes chaussures de montagne taille basse et mes guêtres. Il accepte sans hésitation. La montée est minérale et le tracé n’est pas toujours évident. La neige de la nuit offre une luminosité qui renforce le bleu profond du ciel et les reflets dans le lac Ganeshkund. L’attaque de la partie finale du Surya Peak est assez raide et demande parfois de mettre les mains. Il n’y a pas de tracé et la glace qui recouvre l’amas de blocs est souvent cachée par la neige fraîche. Gyurmay m’informe que la montée ne sera pas possible. Après concertation, je propose que nous montions tant que cela ne pose pas de problème et que si la progression devient complexe nous ferons demi-tour. Le cheminement demande quelques précautions mais ne présente pas de danger pour des randonneurs aguerris. La progression demande un peu de concentration; mais la partie sommitale perd sa raideur et le sommet est atteint sans problème, en dehors de quelques glissades sans conséquence. Malheureusement, le sommet ne se découvre que par intermittence. Lhakpa filme l’arrivée au sommet avec son smartphone et nous fera passer la vidéo. La descente jusqu’à Shin Gompa, presque 2000m de dénivelé, est un peu longue. Mais elle met un terme aux ascensions programmées.

18/11: De Shin Gompa à Dunche (2030m)

            La descente est agréable dans les sous-bois. Dernier repas à Dunche avec Gyurmay, Lhakpa et Chowang. Remise des enveloppes traditionnelles en fin de trek. Nous avons donné pas mal de notre matériel, chaussures, pantalons, Buff, T-shirt et autres aux porteurs. Nous avions apporté toutes sortes de sachets de graines que nous avons distribués aux jardiniers tout le long du parcours. Caroline avait bénéficié d’un stock conséquent offert par le magasin Botanic (Date limite de vente). L’ambiance était excellente dans le groupe. Pas mal d’émotion et d’accolades avant le départ!!

Trek au Langtang et lacs sacrés de Gosainkund  Novembre 2017. 115-photo-caroline-22-nima-300x293

116 JP Vue sur Gosainkund et les lacs 117 JP Gosainkund 118 JP Marie B belvedere 4615m 119 JP Panoramique sur le sommet du belvedere 120 Photo Nicolas Les lacs Gosainkund 121 JP Le Ganesh Himal depuis la montée au Surya Peak 122 JP Vue partielle sur le Surya Peak 123 JP Vue sur le Langtang Lirung 7234m. 124 JP Au fond les Ganesh et à droite les Lirung 125 JP montée au Surya Peak 126 JP La longue montée finale 127 JP Nicolas Pas facile 128 JP Dans la montée 129 JP Lhakpa, Gyurmay et JP au sommet 130 JP Drapeaux au sommet vue sur les lacs Gosainkund 131 JP Lhakpa sur un rocher 132 JP escalade 133 JP Vue sur le Ganesh Kund 134 JP Lac du Gosainkund

19/11: De Dunche à Katmandou par la vallée de Phalakhu et Tadi Khola.

            Le voyage retour en 4×4 est moins impressionnant qu’à l’aller. Le retour se fait par une suite de vallées et une route en construction bien chaotique pour passer un col qui nous ramènera à KTM. Les vallées traversées offrent le spectacle de cultures en espaliers et de nombreuses rizières. La soirée est consacrée au shopping et la visite du Stupa de Bodnath

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20/11: Visite de Bhaktapur et Tamel.

            Nima prend un peu de repos et c’est Temba qui assure le relais pour la visite de Bhaktapur et Tamel (Achat d’épices, de doudounes, de bijoux et de pacheminas). Le repas du soir nous est offert dans un restaurant proposant des musiques et danses traditionnelles du Népal et du Tibet.

21/11: Repas de midi chez Jyanghjul et Temba et départ pour l’aéroport.

            Le départ est proche. Les sacs sont chargés à bloc de tout ce que Temba nous a confié  pour TPH. Nous sommes invités à manger chez lui et Jyanghjul qui a préparé un repas de momos avec Nima. Temba nous offre un collier souvenir et nous conduit à l’aéroport. Retour sans encombre par Bombay.

137 JP Batteuse à Dunche 138 JP Vue sur le Tibet 139 JP Rue de Dunche 140 JP Camion 141 JP Vallée de Phalakhu Khola 150 JP Briques et effondrement 149 JP place et chèvre 148 JP Mère et enfant 147 Photo Eric Bhaktapur Quartier des potiers 146 JP Tour Bhaktapur 145 JP Temple bhoudiste Bhaktapur 144 JP Cultures en terrasses 143 JP Attelage 142 JP Rizières 159 JP Poteries de Bhaktapur 158 JP Mère et fille 157 JP Petite fille 156 Photo Caroline Vieux couple 155 JP Hommes et Topi 154 JP entrée du restau 153 JP Femmes à la fenêtre 152 JP Vendeur de balais 151 Photo Eric Petit enfant

L’accueil, l’accompagnement et la disponibilité des personnes tant dans la préparation du projet que dans sa réalisation nous ont offert la possibilité de découvrir une région et ses montagnes dans des conditions particulièrement confortables et satisfaisantes. Un grand merci à Maryse et Jean-Gilles de TPH pour leur mise en lien et leur suivi, à Temba pour sa réactivité et son souci de l’organisation, à Jyanghjul pour son repas d’au revoir, à Nima pour son calme, son sourire, sa bonne humeur et son «pas du guide» pour Marie-B, à Lhakpa, à Chowang et Gyurmay, ce dernier ayant cumulé du dénivelé pour tenter de me récupérer quand je me suis perdu sur le chemin du retour. De très belles rencontres. De très beaux souvenirs!!

Jean-Paul DULIN.

Revivre au Langtang

 Marthe TESTE, Présidente « Association Langtang » créé en 2003

Quelques mots sur mon ressenti au Langtang…Avril-Mai 2016-

mteste@sfr.fr

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Bonjour à tous et à toute, de près ou de loin de l’Association TPH,

Tout d’abord un Grand Merci si vous lisez ces quelques lignes, ces quelques mots que Maryse et Jean-gilles m’ont demandé d’écrire, sur mon ressenti lors de mon voyage au Langtang.

 

Je connais les habitants du Langtang et entre autre mon amie sœur « didi » de cœur Purphu du glacial hôtel lodge Langtang depuis 1997. Depuis quelques années, pour des raisons de santé je n’ai pas pu y retourner, mais j’avais de leur nouvelles par l’intermédiaire de leur  fille Tsering.

Le 25 Avril 2015 un gros séisme au Népal emporte plus de 9000 personnes, le village du Langtang (avec ses 400 habitants) est enseveli par un souffle, une avalanche d’une ampleur inimaginable.

Repartir, juste quelques jours après le séisme, les secouristes sur place déconseillaient aux voyageurs touristes de venir car eux s’occupaient du plus urgent.

Je suis repartie un an après avec une amie médecin : Sabine, Nima Lama : le neveu de mon ami Temba et la fille de mon amie de cœur Purphu : Tsering Lakpa. Sa maman Purphu et son papa Wargen ont péris dans l’avalanche.

 

Nous avons pris un autre chemin que je ne connaissais pas, avec 120 kg (habits bébé, enfants, adultes, chaussures, pharmacie, stéthoscopes, endoscopes, tensiomètres, compresses stériles, antiseptiques….) c’est-à-dire par Sherpa gaone jusqu’à Kyanjin gumba, à savoir :

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En jeep de Kathmandu à suabrubensi et jusqu’en bas de Khangim car éboulement de cailloux, donc le reste nous l’avons fait à pied avec 3 porteurs à le lendemain marche jusqu’à Rimche le haut avec « chya thunge » = thé et à Lama hôtel  à nous avons passé la nuit à Riverside à chya thunge à  Thangsyap et au Langtang à Kyanjin (Kyanjin Ri).

La Rencontre inoubliable à sherpa gaone avec purphu de Rimche. Je connais cette famille depuis tant d’année. Nous étions heureux de nous revoir.

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Nous avons repris la marche et au fur et à mesure que je m’approchais de Thangsyap et surtout du village du Langtang, mon estomac se resserrait, les larmes coulaient. Au loin, j’apercevais cette coulée de cailloux.

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Je pensais au dernier « au revoir » avec tous les villageois, au «See you next time ! Ramrooo !». Je pensais qu’en y allant, en me rendant sur place j’aurais eu fait mon deuil, c’était ce que « je voulais » mais c’était un leurre.

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J’ai regardé cette falaise où ruisselle l’eau du Langtang Liru, à maintes reprises, même avec mépris, je l’avoue et j’ai honte. Mes amis Tsering et Nima encore plus submergés par l’émotion puisqu’ils ont tout perdu, leur toit, perdu toute leur famille, n’ont pas eu le même sentiment que moi : « c’est la loi de la nature ! » m’ont-ils dit en marchant avec tristesse et larmes.Tout le long du chemin, on aperçoit les débris, des petits tas de planches de bois, des habits si abimés qu’on ne différencie pas les tee-shirts des pantalons ou des handou (= robe traditionnelle tibétaine). C’était presque comme si ce séisme, cette avalanche, ce souffle c’était produit la veille : Tout est resté à sa place depuis 1 an.

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Ce qui est tout de même « extraordinaire » malgré ce désarroi c’est de voir cette étendue de cailloux et au dessus cette coulée d’eau sur les rochers qui rejailli en bas par les cailloux. Ainsi, s’est formé un tout petit lac avec, si on regarde attentivement

de toutes petites pousses d’herbes, par-ci par-là…..La nature reprend ses droits, c’est la loi de la nature.

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Et on continu, on marche, on avance…

 

 

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Ce qui est inoubliable, c’est que vous serez toujours accueilli pour boire un thé, manger, dormir comme chez Palsang et sa famille comme au New Langtang.

 

 

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Des discussions à propos de photos prises lors de mes précédents voyages en 1998 à 2007 au Langtang, leur histoire avec mon ami Lakhpa resteront des moments précieux et inoubliables. Les habitants, mon amie de cœur purphu sera gravée à tout jamais dans mes pensées, dans mon cœur.

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Nous avons amenés les drapeaux de prières au sommet du Kyanjin Ri, en gravant les personnes qui nous sont chers.

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Nous avons assisté Au Langtang à la très belle cérémonie qu’à organisé Temba pour les disparus du 25 avril 2015 un an jour pour jour.

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J’écris ces quelques lignes mais je suis encore plein d’émotions, de tristesses d’avoir perdu mes amis, mais j’ai envie aussi de vous dire :

 Prenez contact avec Temba Lama (tembalama@hotmail.com)

Venez à la Rencontre de ce Merveilleux Pays et de ces Merveilleux Habitants !!!!

C’est une Aventure Humaine Exceptionnelle et Unique !!!

 Tashidelek ! (“Bonjour/Bonsoir”)

 Ramrooo ! (“C’est beau!”) »

15 P104025215b

 Nima construit et aura bientôt fini sa Guest house pour « vous » accueillir avec des spécialités culinaires comme la tartiflette et la tarte aux pommes (« Apple momo »).

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“On ne construit pas un voyage, c’est le voyage qui nous construit !”

 

Merci

Daniebad

Marthe Teste

 

 

 

 

 

 

 

Revivre au Langtang 10 juin 2015

    Témoignage.

 Comme un coup de torchon que l’on passe sur une nappe où les miettes se sont accumulées, Langtang notre cher village himalayen  a été balayé, broyé, anéanti par la montagne, ensevelissant tous nos amis ce samedi 25 avril 2015. Les protections spirituelles, les autels, les déités courroucées protectrices, les mantras récités dans le vent, les gri-gris, et même notre amour de parrains, n’auront pas suffi.

 C’est injuste, criminel, il faudra bien que Bouddha rende des comptes !

Mais les larmes n’entraînent que vers l’abattement. Alors il faut sécher nos yeux, et la décision a été prise par l’association « Tibétains et peuples de l’Himalaya », Langtang, village martyre (un symbole national ?) revivra !

 En 2005, lors de ma première visite proposée par notre asso, le village était plutôt méconnu, isolé, pauvre, très démuni. Ce 25 avril au matin, avant la tragédie, fréquenté de plus en plus par le tourisme, il donnait enfin l’apparence d’un site en voie de développement, enfin reconnu et apprécié. Allez, fi d’humilité, j’ose dire que notre asso  y avait été pour un petit grand quelque chose. Bien sûr la propension à la modernité était venue un peu banaliser la rusticité des lieux, des guests-houses en béton s’étant multipliées au détriment des modestes fermes anciennes, le jeans chassant les habits traditionnels ; peut-être aussi notre contact d’occidentaux y fut pour quelque chose, et puis un certain attrait de la ville les aspirant. Mais tout cela pour une vie espérée meilleure, et enfin la sortie de l’isolement.

Un avenir assuré? Un avenir….

 

« Extrait de road-book »

Langtang 2005

 

Bloqué trois jours ou plus à Syabru-Besi. Népal apparemment en supposée grève. “no bus, no Tivi, no telephone, no nothing Sir!”. Piaule glacée, ma poitrine gronde, je crache gras, mouche dans les doigts. Des trekkers indifférents à toutes les difficultés d’ici, sont rentrés en Jeep pour la somme effarante de 70000 roupies. En attente d’un hypothétique bus branlant je tiens à poireauter avec mes amis népalo-tibétains, moucher, cracher comme eux. « no paper Sir ! », j’écris donc au dos de la facture de l’Ibis de Roissy et me rends soudain compte que le prix de la nuitée aurait, ici, fait vivre une famille pendant plus d’ un mois (shame on me). Pendant ce temps certains touristes s’obstinent à ne rien voir autour d’eux, à ne voir qu’eux-mêmes. Et puis pendant ce temps, le Grand Yaka, roi du Népal, s’empiffre depuis 2001 et tiraille sur les pauvres utopistes du maquis. Puff…

 

Retour en arrière. l’asso a pensé à tout. Pour une poignée de roupies (peu pour nous, beaucoup pour les Népalo-tibétains), mon guide improvisé, le jeune paysan Gyurmé, descendu me chercher, me pousse de toutes ses forces dans le bus déglingué, bondé, avec des ballots dessus et des gens encore au dessus. Dix heures pour faire cent cinquante kms entre deux pannes, dont un amortisseur changé miraculeusement dans un hameau. Poussière et manœuvres au dessus du vide pour laisser passer des camions ou des vaches, -pas les poules-. Ici, accrochages valent mieux que dégringolade dans le vide. Rigolades ! Quatre contrôles de militaires plus deux check-points  armés du parc régional de Rasuwa. Les autochtones doivent descendre du bus et faire une queue silencieuse au contrôle. L’ambiance est tendue, car il y a eu des attentats pas loin d’ici. Seul à bord, m’offre l’audace de demander à un bidasse pourtant sourcilleux : « how much for your gun ? » -sourire en douce accordé- Copain avec Dawa, garçonnet de neuf ans, main dans la main. Les Népalo-tibétains qui remontent aux villages m’offrent thé et gâteries, j’en fais autant. Rires et sourires à profusion. Tusitché yagpoudou ! (merci braves gens !). Misag, rayonnante jeune femme, insiste pour me confier son numéro de téléphone de Kat ; elle apporte quelques subsides à sa famille restée au village. Lavage et gouttes dans les yeux de la vieille Rikchi, (peut-être plus jeune que moi). Tous ont fait leur marché, soins divers, troc, vendu un p’tit chien, ou autres, à Kat, car nulle emplette possible  dans la montagne. Après le bitume défoncé, une acrobatique piste étroite serpente dans les éboulis et n’en finit pas de passer des gués inattendus. Terminus pour la mécanique. Le lodge de Syabru-Bensi aux courants d’air gratuits, pas chauffé. Douche glacée , me contentant que du bas frotté plus plus. Cette nuit mon duvet d’oie acheté « peanuts » à Kat fera merveille.

Ça grimpe comme des escaliers, up and down, le long d’un torrent furieux. Tout deux nous fonçons, sans porteurs. Un porteur adulte trimballe cinquante kilos, une femme vingt cinq, un ado douze, c’est syndical ; une exception rencontrée : quatre vingt dix, en tongs ! Namasté ! (bonjour népalais), tachi delek ! (bonjour tibétain) sans cesse. Des singes curieux. Des bovins placides nous frôlant. Hameaux plus que modestes. Toutes les cahutes affichent :  « well-come, best luxury, come as a guest go as a friend ». Les montagnes écrasantes. Le nez en l’air, je trébuche. Egratignures. C’est encore la forêt. Thé beurré ou au lait pour quelques roupies, offert les mains jointes, soumission affectueuse gênante. Il faut aller vers les gens, ils sont si gentils, commerce ou pas, peu insistants, souriants, ouverts à l’échange, se plaignant timidement de cette p…de vie. Le froid qui gagne dans l’ubac. Plus haut les cascades gelées. La frontière n’est pas loin à vol d’oiseau, là où des exilés tibétains ont été tirés à vue par les gardes chinois ( vu à la télé). Un lama de Kat me racontait que blessés et faibles doivent être abandonnés dans la neige à cinq mille mètres pour ne pas compromettre la survie du groupe… Les chortens, les drapeaux du  mantra lungta psamodié par les vents, et moulins à prières chuchotés par l’eau du torrent. Les bergers lointains qui nous saluent, eh ho namastééé ! Les vieux ridés comme des poires tapées (spécialité de mon pays), qui prisent et rient de mes infructueux essais éternuant.  Gyurme doit m’attendre souvent. Je peine. L’altitude se fait sentir. Finie la gloriole, tour du Mont-Blanc, ou celui de la Bretagne, balivernes ! Fougue coutumière, ici plus que modeste. Je pense à mon ami lama mongol, le mystérieux Tenchoy, qui m’assure que certains collègues lévités font en courant des bonds de gazelle à une telle allure que je dois taire sous peine de me décrédibiliser. Moi, suant, peinant, je rame avec les douze kilos de médocs, fournitures scolaires, fringues de gosses, bonbons multicolores. La caillasse maintenant dans l’espace infini où la verdure a renoncé. Les lodges sont vides, merci les médias occidentaux, j’ai quand même vu des maoïstes…à la télé française avant de partir, musique de film d’épouvante à l’appui, vraiment merci pour l’économie locale !

Langtang, trois mille cinq cent mètres. D’adorables maisons tricentenaires de pierre brute et de bois au balcon rustique et aux fenêtres de bois sculpté naïvement, peut-être d’influence newar. Petites fermes humbles mais chaleureuses, tenues par les descendants de lointains Tibétains fuyant les hordes du nord. Le rez-de-chaussée c’est pour les animaux, la pièce unique au premier c’est pour les humains. Le plancher mal équarri à claire-voie y laisse passer la chaleur, l’odeur, les bruits familiers des animaux, leurs pets.

 Tachi delek ! Un chef, genre de maire officieux, nous accueille, thé à l’appui. La foule qui s’agglutine. Les enfants qui toussent, les crachats gras, la morve jaune. Les robes de bure en lambeaux. Les orteils noirs apparents. Les petits cadeaux distribués équitablement de masure en masure. Je sature de lait frais et tiède offert dans l’étable, de thé, alors que je déteste le thé chez moi. Tousitché (merci) les mains jointes. Les faces noires, les mains noires, tout itou, mais je crois bien qu’ici il n’y a que moi qui pue vraiment, à cause de ma sueur de blanc. Pas de toubib, pas de médocs, pas de téloche, pas de radio, un prétendu centre de soins introuvable hormis sur la carte, pas de pilule, pas de capotes, la vasecto à trois jours quand on a des ronds. L’école, une masure, est fermée parce que l’instit, une gamine de niveau certif revenue au village, est de corvée de bois, en portage de dos. Et combien d’autres hameaux ainsi, sans doute inaccessibles en hiver. Communauté de gens humbles. Consterné par ce que je découvre, et honteux du « luxe » que je représente, je vide les ultimes poches de mon sac à la volée.

 Les jeunes et moins jeunes du bus ont galopé en blaguant sur la piste, malgré les ânées ; tous m’attendent chez Gyurmé. Pièce unique enfumée au-dessus de l’étable. Il y a là Rikshi (et ses gouttes à lui re-re-mettre), Diki, l’adorable épouse et ses deux petits derniers ;  les deux aînés sont à l’école à Kat grâce à de généreux parrainages français suivis par l’asso. Et les parents, les voisins, qui viennent voir le seul « westerner » qui va condescendre à coucher dans le dénuement et surtout pas au lodge-cabane avec les trekkeurs.

 L’âtre pétille à même le sol sur une dalle de ciment, bois, brindilles, bouses de yak séchées. Quelques marmites trainent sur une étagère de terre, le thermos de thé omniprésent, des boites d’épices en fer rouillé, une bassine d’eau du torrent à disposition, vêtements suspendus à une corde, imposant tas de literie de lourdes couvertures de feutre empilées contre le mur de pierre, un minuscule vieux meuble à tiroirs multiples, un banc coffre où se rangent sans doute les belles tenues de mariage et de fêtes, la baratte de bois patiné, un bout de tapis très usagé pour les invités. Et puis le coin rituel et sacré de l’autel avec les déités encadrées, une photo jaunie de sa sainteté le Dalaï-lama vénéré qui ne viendra jamais, d’anciens mantras jaunis (ils m’en offriront quelques uns) les bougies à la flamme entretenue, l’encens consumé, les écharpes katas, les fleurs de papier un peu kitch, quelques mystérieuses reliques, vieille mèche de cheveux poussiéreux comme un scalp, quelques coupelles ébréchées avec de l’eau, de l’huile, du beurre de yak, une rare et unique orange en offrande, dont ils se privent.

  Faute de soufflet à bouche Diki, les yeux larmoyant souffle d’une étrange façon pour raviver les braises ; elle aspire sur le côté de la bouche et souffle du bout des lèvres. Elle malaxe, triture, baratte, torche la morve des petits de sa main gauche, dite impure, fait bouillir la marmite, tandis que je fais le clown pour tous les gosses. Chants polyphoniques féminins surprenants de justesse, et de danses sensuelles du fond des âges en robes lourdes et baskets, auxquelles je suis invité. J’y vais aussi du « Ramona » de mon papa mais chute comme d’hab dans l’aigu. Gros rires de dents cariées assortis de bourrades amicales.

 Il se fait tard. Il faut encore ingurgiter de multiples restes bourratifs comme les momos ou la tsampa, accroupis tous en cercle, chaud devant, froid dans le dos, quelques petits endormis sur moi comme des chiots, le ventre rond, après m’avoir chanté « tchom tchom tchom ». Dedjen, vingt ans ? plus ? privée de  l’indispensable mari, admire sans cesse les yeux bleu qu’ils n’ont pas, et caresse furtivement la barbe naissante qu’ils n’ont pas. Elle ose : « you marry me ? », à moi, presque vieux machin troublé, que les belles nanties trop compliquées qui-en-veulent-toujours-plus, chassent à coups de balai. Parce qu’ici le bouddhiste sait que l’être le plus important est celui qui vous fait face, maîtrisant l’impermanence de l’âge, et sublimant le miracle de l’instant. Dedjen voudrait aliéner sa vie pour me servir (honte à mes pensées). Il faudrait tout réapprendre, effleurer du bout des doigts comme E.T, et du bout des pupilles qu’on devine à peine. Tenter encore d’aimer aimer.

Ils m’ont réservé l’espace sacré près de l’autel de Sakiamuni. La fenêtre avec un carreau brisé mal réparé avec un bout de sac plastique, juste au dessus de ma couche, va enfin m’autoriser à corriger mon asthme. En effet, la fumée de l’âtre qui devrait s’évacuer par le plafond de brandes, a tout envahi. La pièce unique toute noire est « culottée » comme une vieille pipe, et nous nous caramélisons nous aussi petit à petit, mais consolation, l’odeur est, comme certains jambons, finalement agréable!

Gyurmé m’a proposé, après le dîner, de rajouter quelques brindilles sur le feu mais, éclairé d’instinct, je refuse le privilège qui m’est offert. Les vieux se sont couchés dans leur coin, les petits collés à eux ; je les entends échanger des minauderies en de discrets chahuts. Le feu de cuisine tombant il fait de plus en plus sombre, et de plus en plus froid. Je n’entends plus un bruit, mais je guette. Le jeune couple s’étend tout près de moi sous leur lourde couverture de feutre. Tous se sont allongés tout habillé, et j’ai du bien me contorsionner pour enfiler le pyjama devant leur grande curiosité. Les braises éteintes c’est maintenant la pénombre. Et c’est alors, aux premiers ronflements des vieux, que je ressens l’activité discrète du couple, dont les vibrations parvenues jusqu’à moi, me font verser une larme d’empathie.

 Cette nuit l’eau de mon bidon gèle. Je dois enjamber les corps assoupis par terre , des porteurs fourbus ayant gagné la grâce de l’hospitalité, pour aller pisser sur la glace, et sous Orion que je peux toucher et qui compte ici plus de douze soleils. Le lendemain ils me disputeront gentiment, « que je prenais des risques, que la nuit les esprits mauvais pouvaient me capturer, que je leur manquerais, et qu’il y a l’étable pour faire ses besoins, de ne plus jamais recommencer ça »…

 

Je pars au petit jour pour me heurter  au pied du majestueux et menaçant Lirung ,7225m, monstre blanc sacré qui semble me dire : « t’es pas sherpa, demi-tour p’tite bestiole ! ». Nausées, maux de tête, inappétence, j’suis foutu. Je reviens dormir douze heures d’affilée dans l’âcre fumée. Chuchotant, le village défile, le souffle tiède des uns et des autres, la morve reniflée. Mon sac, mes effets, mon fric, pendus au clou. Ma vie entre leurs mains ? Mais ici on ne touche qu’avec les yeux. Diki se penche et tente un « tea On-ouy ? »- peine perdue.  « garlic soup good for altitude On-ouy ? » -négation- commisération publique- On me cale dans le duvet un gros bébé odorant de lait de femme comme bouillotte, sa poitrine râle et me brûle. J’ai enfin été, du coin de l’œil, le témoin de l’origine du baiser d’amour, j’ai vu  Rinchen donner de la tsampa humectée de thé et de salive, de la bouche à la bouche, au tout petit frère qui réclamait.

Du balcon le brossage des dents attire un tas de curieux. Suis crado, pas de toilette depuis Jchépukan. Pas de cabinet d’aisances ; s’essuyer comme eux avec n’importe quoi, mais eux, si pudiques, délicats, le sens de l’art naïf, et le dos tourné pour l’ami.

Nous repartons. Je porte sur la tête le local passe-montagne blanc, offert (mais très grattant) que j’offrirai à mon tour à un très vieil homme au Myanmar.J’ai les yeux bien humides au moment de l’écharpe kata passée autour de mon cou par Diki et qui veut peut-être dire « ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid ». Les yeux qui se débrident d’étonnement, ici sans doute on ne pleure qu’aux pujas des funérailles. Les enfants du village exhibent leur seul bien, le crayon-bille reçu la veille. « kombac On-ouy ! » il ne manque plus que la musique du film « Himalaya l’enfance d’un chef ». Dawa, mon p’tit cop du bus, qui n’a jamais dit le moindre mot, et qui se blottit contre moi. Dedjen aux-yeux-en-forme-de-traits-de-crayon qui tient à porter mon sac un moment, et que j’ose embrasser sur les permanents ronds rubiconds des joues. Un dernier regard à mes deux vieilles paires de grolles de Compostelle, trop grandes dans les pieds de mes nouveaux potes. Je palpe encore une fois l’oreille de Norbu pour m’assurer qu’il n’y a pas de ganglions. Ultime visite au Dukang, la si modeste salle de culte pour saluer les hommes. Puis taquiner les femmes souriantes et uniformes, croisées sur le chemin, leurs hottes tressées déjà lourdement lestées de bouses sèches, légumes, ou autres terreaux. Soudain, à la dernière maison, on me présente un enfant de trois ans qui ne marche pas. Je chante « tchom tchom tchom » et tente de le faire danser en échange d’un bonbon. Problème neuro-moteur ? …zut, j’suis pas toubib ! Mais à mon prochain passage je constaterai qu’ils ont bien bricolé une sorte de youpala de bric et de broc très encourageant.

 Le village se perd dans la dernière neige printanière. La longue descente s’amorce, torrent cette fois à babord. Le léopard des neiges ou le panda roux nous observent peut-être d’en haut à tribord. Rencontre derechef avec les gamines qui nous avaient offert des patates…chaudes, cuite à la bouse séchée, dans un champ en montant. Le présent était délicat, de l’or dont on se prive pour un faux bouddha rencontré. Un oncle (l’oncle de qui ?) rencontré en chemin s’ôte le petit collier modeste traditionnel de corail et turquoise, et me le passe au cou avec effusion. Des lianes tressées pendant contre la falaise supposent d’acrobatiques chasseurs de miel.

 

En carafe ainsi pour trois jours à Syabru Bensi, trou perdu. Refroidi, très enrhumé, me mouche comme eux et frotte comme eux mes doigts sur ce qui est à ma portée, avec un sérieux problème de main impure car je suis gaucher invétéré. Sans kleenoux donc, j’ai donné mes derniers paquets à deux femmes intéressées qui en ont fait bien des commentaires. Rien à faire sur la terrasse du lodge des courants d’air ? Si fait,  boire du rhum népalais Kukry acheté quatre cents roupies dans une échoppe, et puis de l’aigre tchang tiède, « bière » d’orge himalayenne, offerte par la patronne, en échange de la promesse de lui ramener une paire d’escarpins d’occase en 36 (ce que je ferai). Vite enivré le On-ouy, car il n’a pas bu une goutte d’alcool depuis son départ de France.

 

La boss de l’asso m’avait proposé d’aller jeter un œil sur les artisans d’un certain hameau pour vérifier qu’on n’y fait pas travailler les enfants. –impossible- Je suis mal fichu et à court de ronds. J’ai pourtant du temps disponible avec cette foutue drôle de grève. Plus tard, nous irons peut-être avec Temba et Gyurme jusqu’à la frontière chinoise négocier un petit cheval pour faciliter les corvées du village « un blanc ! c’est plus audacieux qu’un roux ou un noir ! ». Ce qu’ils feront plus tard grâce aux  retombées de notre passage à l’émission « Des racines et des ailes ».

 

Imprudemment ni bouquin ni mots-croisés ni musique à l’oreille. Poireauter sur la terrasse et écrire sur le rustique et inégal papier népalais. Picoler jusqu’au glaçant rideau du soleil à peine couché. Pays de la leçon de patience. Il me faut pourtant coûte que coûte être de retour pour Losar, le nouvel-an tibétain, pour me poster en lotus chez les monks de Bodnath, devant les dungchen, ces immenses trompes graves qui me font vibrer l’échine aussi bien qu’une main de femme.

J’apprendrai au retour que le roi a fait son « coup d’état » contre  les maoïstes, et la corruption (SA corruption, non mais !) bloqué le pays, déployé l’armée ; et interdit transports publics, la vente de tabac ( !) et tout le réseau téléphonique.

 En cela Le Grand Yaka, m’aura donc privé  de retrouver la belle inconnue Misag, que je chercherai pourtant longtemps dans tous les bouges de Kat, maladroitement aidé de gestes incertains et d’une piètre photo d’elle, et puis enfin de quelques comparses locaux rémunérés à perte. En vain.

 

Ce jour, deux semaines après le drame, les médias ont enfin « découvert » Langtang, cessant de causer sans fin de briques newar et des nantis de l’Everest à quarante mille euros l’aventure individuelle !

 Dans la minuscule chapelle dukang reconstituée  à la maison, je médite devant le même autel qu’à la ferme, et le visage approchant avec fébrilité les mantras offerts par Gyurmé et Diki je retrouve avec une joie émue la persistante odeur envoûtante de l’âtre et de l’encens d’avant. Alors je tente assidument, comme nous tous amis de TPH, de faire revivre en moi, en un étrange sentiment de douleur et d’attachement surdimensionné chez nous, nos amis si chers… henry Fanen.

 

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Revivre au Langtang 3 mai 2015

 
Notre ami Henry a trouvé sur internet un site qui vient d’être créé par des trekeurs qui se trouvaient dans le Langtang avec Jhyangjul au moment du drame.
Ils étaient eux aussi à quelques heures de marche du village et ont pu en réchapper de justesse.
Henry nous a fait très rapidement la traduction du récit que vous trouverez en anglais sur leur site. Nous le remercions pour ce beau travail.
Ils ont également lancé un appel à générosité qui est semble-t-il très efficace et qui présage d’une aide efficace pour tous nos amis rescapés.
Voici le texte:
 
Voici la traduction du récit du drame du Langtang écrit par deux jeunes femmes anglaises, montées au village dans un but éthique et culturel, et qui étaient accompagnées de l’épouse de notre ami  Temba. Hayley et Emma, très dynamiques et d’une grande sensibilité, ont déjà récolté beaucoup de fonds par leur site improvisé (Langtang survivors fund-just giving).
« On a quitté Langtang à peu près deux heures avant le drame. Ce départ s’est accompagné de joie et d’effusions de la part des villageois désireux de nous revoir bientôt. Le séjour a été merveilleux. Notre ami Son Norbu (le frère de Chang-Ju la femme de Temba) (Chang-ju=Jhyangju) souhaitant ouvrir un musée « Tibetan Himalayan Heritage » nous réfléchissions à la manière de pouvoir l’aider. Ainsi pendant la semaine, accompagnées de Dawa et Chang-Ju, (Chang-ju=Jhyangju)  nous avions visité différents sites historiques à cet effet,  son cheval, Yangry, nous facilitant le parcours.
La veille du départ nous avions assisté à une assemblée dans le monastère réhabilité (ou lieu de culte ? NDT) restauration pour laquelle nous avions versé des fonds. Des gens d’autres villages s’étaient joints à nous ce matin-là.
Donc, ayant quitté Langtang, nous marchions sur la piste vers le lodge Lama-Hôtel .
Lorsque le tremblement de terre eut lieu, nous fumes tout d’abord surprises  par un bruit puissant et nous vîmes un pan de montagne tomber de l’autre côté du torrent ; nous sentîmes alors la terre trembler et courûmes vers un quelconque abri. On ne voyait rien à cause de la poussière mais sentions d’énormes blocs de roche dégringoler autour de nous. L’un d’eux vint frapper le rocher derrière lequel Emma était abritée et elle faillit s’évanouir.
Le premier choc passé, nous nous mîmes à courir pour trouver un meilleur abri, mais la piste n’existait plus ; un glissement de terrain, des rochers, des débris de toutes sortes nous firent nous replier  vers notre précaire abri. A tout instant nous ressentions la précarité de notre situation, des chûtes de pierre dévalant de très haut dans un vacarme effrayant. Alors nous restâmes à l’abri ( !) pendant une bonne demi-heure que nous utilisâmes à nous débarrasser d’un maximum du poids de notre sac-à-dos, pour ne garder que l’essentiel. Pendant qu’un porteur et Dawa tentaient de rejoindre Lama-Hôtel pour chercher du secours, un couple de Français, une Hollandaise et trois porteurs nous rejoignirent. La panique était constante pendant la reprise de notre marche, des rochers instables nous frôlant ; Chang-Ju(Chang-ju=Jhyangju)  et les porteurs nous guidaient par la main dans ce chaos. Finalement après une bonne heure nous atteignîmes Lama-Hôtel complètement épuisés.
Trente à quarante villageois et quinze trekkeurs s’y trouvaient déjà. Nous nous délestâmes encore de vêtements pour couvrir les villageois dépourvus de tout dans leur fuite ; deux d’entre eux avaient des plaies à la tête, ils nous racontèrent que leur échoppe à thé était détruite. Vers l’aval de la piste tout était bouleversé, mais heureusement, la vallée encaissée  s’élargissant à cet endroit, nous envisageâmes de gagner un plateau qui nous permettrait de progresser. Le temps de la réflexion, tous nos sens en alerte, de petits glissements de terrain menaçaient même notre lieu d’accueil. Avant que la nuit ne vienne nous constatâmes plus bas que le flux du torrent s’était anormalement tari. La nuit se passa en veilles, à l’écoute du moindre bruit anormal. Franchement nous ne pensions pas avoir de chance de survie ! En plus de tout ça il faisait très froid et il pleuvait à verse. Epuisés, nous n’avions pas mangé depuis des heures. Plus tard, les pilotes de notre hélico nous racontèrent que d’énormes blocs de rocher dévalaient avec force depuis Kenjin-Gompa, à des kilomètres, dans notre direction. Un Français disposait d’un téléphone satellitaire et nous tentâmes de joindre l’Ambassade de Grande- Bretagne, mais sans succès. Dépités nous tentâmes alors, mais sans réponse, de joindre familles, relations, ou n’importe qui à Katmandou pas SMS ; bien sûr nous comptions sur un hypothétique héliportage, mais hélas, aucun endroit n’aurait été favorable à un atterrissage.
A l’aube nous prîmes la décision de rejoindre le village de Rimche que nous avions tenté de rejoindre le jour précédant ; de cet endroit Dawa nous indiqua une vieille piste sommitale qui mène à un lieu-dit Sherpa Gaon, mais pour nous deux c’en était déjà trop, tant d’adrénaline et les jambes sciées ! Nous partîmes à onze trekkeurs et dix locaux dont Chang-Ju et Dawa, les autres préférant tenter la piste normale empruntée par tous à l’aller. Bien que très endommagée cette piste nous permettrait d’atteindre Rimché, mais sept personnes (quatre trekkeurs et trois porteurs) renoncèrent à cause de l’extrême difficulté, du danger potentiel à progresser dans ce sens. Ils firent demi-tour. Pour atteindre Sherpa-Gaon nous eûmes à monter, contourner, nous agripper à la moindre motte de végétation, à la moindre racine. Epuisés, déshydratés, le souffle coupé, nous avions la tentation du renoncement, mais nous étions conscientes que ce n’était plus qu’une question de vie ou de mort . (Nous n’exagérons en rien !). Tandis que les pierres ne cessaient de dévaler, nos amis, Dawa et deux frères du lodge nous cramponnaient, nous hissaient, sur des parois particulièrement abruptes. Au bord de l’épuisement, et après un dénivelé de plus de mille mètres effectué dans l’urgence en deux heures à peu près, le relatif abri du plateau du hameau nous accueillit avec force thés brûlants offerts par les villageois.
(Nous devons déclarer que nous avons été aidés, sauvés à de multiples reprises, par des gens souvent inconnus, qui nous ont toujours considérés comme des membres de leurs propres familles !)
Après quelques heures de repos, et tentatives d’attirer l’attention d’un hélico nous survolant, Dawa décida de se rendre jusqu’au prochain village pour appeler du secours. Il y parvint, et un hélico, piloté par un certain Dougie, se posa dans un champ à 16h15. Embarquèrent  Emma, Hayley, Dawa, Chang-Ju, et Katarina, une Slovaque dont le pied était brisé. Comme si les évènements n’eussent pas été assez dramatiques comme cela, les villageois se mirent soudain à crier et gesticuler dans notre direction, peut-être à cause du fait qu’ils constataient encore des rocs dévalant autour.
Le soulagement de parvenir à Katmandou fut brutalement refroidi lorsque nous apprîmes par Temba venu nous accueillir, que le village de Langtang avait été entièrement détruit par une avalanche de boue et de pierres. Dougie, qui avait survolé la zone, affirma que l’endroit semblait avoir subi une éradication nucléaire ! Plus aucune maison et, pensait-il, aucun survivant. Ces adorables gens si accueillants, ces enfants joueurs, étaient perdus ; les familles entières de Chang-Ju, de Temba, de Dawa, et bien d’autres, après avoir vécu tous ensemble sous les mêmes toits si longtemps (depuis des générations) n’existaient plus ! Le rêve de Dawa était d’enseigner dans cette petite école toute neuve… et nous ignorons si Son Norbu (et son cheval Yangry) ont survécu.
Un petit village, pauvre mais cependant riche de ses générations successives  qui représentaient si bien la trop fragile culture tibétaine, nous a quittés brutalement !
Devant tant de misères, au constat de l’effondrement de nos amis, il est de notre devoir d’agir ; nous avons donc décidé, en plus de notre implication au « Charity Community Action Nepal », de créer le site « just giving » « Langtang survivors fund » et lançons un appel pressant  aux dons » (Fin de traduction)
Le lien:
 
 http://www.justgiving.com/Langtang-Survivors/?utm_source=Sharethis&utm_medium=fundraisingpage&utm_content=Langtang-Survivors&utm_campaign=pfp-email 
 
Aujourd’hui, nous n’avons pas de nouvelle de Temba par messenger.
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Amicalement
Jean Gilles

NEPAL 2013 TREK dans le LANGTANG

 

C’est déjà un deuxième séjour au Népal, avec le sentiment bien agréable de retrouver des lieux connus, des itinéraires déjà empruntés. Avec, pour ce séjour ci, une nouveauté, un trek dans la vallée du Langtang, dont sont originaires Temba et sa famille.
Une fois encore, nous y sommes pendant le nouvel an tibétain, ou Losar, précisément à Bodnath, près de Katmandou ou se trouve le plus grand stupa du Népal.

Pour les tibétains, du Tibet ou en exil, les festivités du Losar, revêtent un caractère familial indéniable mais sont aussi l’occasion de rencontres plus élargies, aux amis, à ceux de son village, de sa vallée, voire de son ethnie d’appartenance ; cela dure plusieurs jours. Le Losar est ponctué de différents rites de purification qui permettent d’entrer dans cette nouvelle année, débarrassé de tout ce qui a été négatif en soi et autour de soi, pendant l’année écoulée. Cela passe aussi bien par le nettoyage de fond en comble de la maison, que par l’achat de vêtements neufs que chacun va arborer fièrement sur les terrasses du stupa, ou encore par des frictions du corps avec des boulettes de tsam-pa (orge grillée).

Puis vient le moment du changement des drapeaux de prières, au troisième jour du Losar, sur le toit des maisons et aussi sur le grand stupa. Au dessus du dôme, de vaillants jeunes hommes grimpent les treize degrés sur des échelles adossées de façon bien verticale à mon gout, et se relaient sans cesse pour attacher les drapeaux depuis la cime jusqu’au bas de l’édifice. Petit à petit, le vent agite les « lungta » ou chevaux du vent aux cinq couleurs, correspondant aux cinq éléments : le bleu pour l’air, le blanc pour l’espace, le rouge pour le feu, le vert pour l’eau et le jaune pour la terre ; ces lungta apportent nos souhaits d’harmonie, nos vœux de prospérité et de paix ; ils sont considérés comme des portes bonheurs ; leur origine remonte à la tradition Bon, antérieure au bouddhisme tibétain.

Nous aurons l’occasion, pendant ces jours de fête, d’échanger nos vœux avec la famille de Temba, qui a chaleureusement invité notre groupe de dix huit français à partager un délicieux repas de Losar confectionné par Jhyangju, son épouse. Nous passerons un bel après midi, tous ensemble, à déguster des beignets, à jouer avec les enfants ou encore à échanger avec des voisins venus nous saluer, dans un joyeux mélange de français et d’anglais.

Pour ce voyage au Népal ,deuxième édition, dans le quartier piétonnier de Bodhnath où résident principalement les tibétains, la Tisé Guesthouse est de nouveau notre quartier général. S’y retrouvent, comme il y a deux ans, des touristes étrangers, des moines, des népalais, indiens, japonais, des jeunes et de moins jeunes routards, en mal de Katmandou.
Et de bon matin, en arrivant dans la salle du « breakfast « , on entend parler anglais, français, népalais, tibétain, espagnol, allemand, russe…..
On se dit bonjour, on s’interpelle…mais oui c’est vrai.On s’est croisé hier au musée de Patan ou bien encore au Durbar Square de KTM (Katmandou pour les inities) ou bien, …mais non, c’est cela, c’était à  Baktapur …
Les conversations vont bon train, d’une table à l’autre, au beau milieu du ballet incessant des serveurs qui apportent des galettes de pain tibétain toutes chaudes et du thé. Chacun y va de son « Tashi Delek », la salutation tibétaine.

Quel bonheur d’emprunter la ruelle piétonne qui mène au stupa, de passer devant les vendeuses de chandelles qui illuminent le quartier le soir, de reconnaître les mêmes mendiants borgnes qu’il y a deux ans, arborant toujours leur moignon entouré d’un chiffon crasseux ; et là, au coin, la même petite échoppe arborant des objets de cultes un peu poussiéreux, façonnés alentour par des enfants parfois très jeunes.

Quel bonheur d’apercevoir, juste avant la place, le grand stupa, ce très beau sanctuaire bouddhiste qui date du quatorzième siècle, en détailler les différentes parties architecturales, qui chacune symbolise l’un des cinq éléments, et surtout rencontrer du regard les yeux de Bouddha, fixant les quatre points cardinaux, voilà qui me ravit pleinement !

Arriver sur l’esplanade du stupa, se mêler à la foule, qui, un « mala » à la main, égrène ses perles de bois, en accomplissant ses « koras», ses tours de stupa, toujours en le contournant par la gauche, selon le rituel bouddhiste.
Souvent, des grands mères très âgées, vêtues de leur « chuba», robe longue croisée dans le dos se prosternent sur des planches de bois. S’il fait froid, elles endossent de larges ceintures en poil de yack très colorées, qu’elles nouent par-dessus les anoraks. Parfois, on les trouve assises sur les bancs qui ceinturent le bas du stupa, de belles boucles d’oreilles d’or et turquoises éclairant leur visage.Sur le devant de la robe, on aperçoit également le joli « bangdan », fameux tablier rayé horizontalement que seules, portent, les femmes mariées.


Ce retour sur ce lieu magique, au premier soir de ce deuxième séjour, me remplit d’émotion.
Je suis très heureuse de me retrouver là, humant les parfums des bouquets de genévrier qui brulent en dégageant une fumée acre et épaisse, au milieu d’une marée humaine qui grandit avec le soir qui tombe.
Ici où là, des » pujas », des offrandes rituelles, sont célébrées devant les monastères qui bordent le stupa, les lampes de cire scintillent de toute la persuasion de leurs vendeuses à vous les vendre.
Sur les marches des échoppes, s’entassent d’énormes paquets de «  kabsé », ou bouchées de chances qui sont des beignets que l’on retrouve disposés sur tous les autels des maisons et des monastères, pendant les fêtes du Losar.
En accomplissant nous aussi nos Koras, sans oublier de faire tourner les moulins de prières nichés sur le pourtour du stupa, on entend qui s’égrène au coin des rues  » Om Mani Padme Hum» dans diverses interprétations, de ce mantra fondateur du bouddhisme tibétain.
Alors là, on y est vraiment, on est bien en ce premier soir de retour…..

Mais c’était sans compter sur la dernière semaine de notre séjour, pendant laquelle nous avions projeté un trek dans la vallée du Langtang.
Depuis plusieurs mois déjà, en France, j’y pensais : trek, Langtang, Langtang, trek…
Quelques inquiétudes m’avaient traversé l’esprit:
En serais-je capable? Les passerelles himalayennes sont elles fiables ? Vais je supporter l’altitude?…..Je m’étais réservé dans un petit coin de la tète, la possibilité de rester sur KTM et de laisser Jean François, Maryse et Jean Gilles partir, si d’aventure, au dernier moment, je me décourageais…..
Autant d’interrogations, qui ont très naturellement trouvé une réponse, dès le matin de notre départ.
J’avoue avoir insisté pour prendre un véhicule tout terrain plutôt que le bus pour nous rendre de Katmandou à Syaphrubesi, gros bourg commerçant, stratégiquement incontournable, lorsque l’on veut se rendre à Langtang village. Jhyangju, l’épouse de Temba, était du voyage, toujours joyeuse et ponctuant la conversation, d’expressions en français, avec un ravissement non dissimulé.
Le trajet nous a pris la journée, sur une route aussi improbable que vertigineuse, traversant des paysages de terrasses à couper le souffle.
Arrivés à la guest house qui nous accueillait pour la nuit, là où la route carrossable s’arrête, nous avons rencontré un autre groupe ami, parti dix jours plutôt, qui revenait de leur trek au même moment. Avant la disparition du soleil déjà rouge en cette fin d’après midi, nous avons échangé nos impressions autour d’une bière ou d’un thé sur la terrasse de l’hôtel.

Puis nous avons fait la connaissance de notre guide Gyalbu et des porteurs, Sanggye et Lobsang. En fait de porteur, celui attribué, à Jean François et moi même, était plutôt une porteuse, prénommée Lobsang, qui se trouvait être l’une des sœurs de Jhyangju, bien sûr native de Langtang village. Autant vous dire que je n’étais pas très à l’aise à l’idée de faire porter mes affaires à une femme……Avant notre départ déjà, nous avions prévu de ne faire porter qu’un seul de nos sacs ,le plus léger possible, environ six kilos.
Aussi, quelle ne fût pas l’explosion de rires de Lobsang, lorsqu’elle a soupesé notre sac à dos!!!!Du coup, elle s’en est rajoutée à peu près le double, destiné à ses proches, empilé joyeusement sur son dos.


Le lendemain, après un thé bien chaud et du pain tibétain, nous sommes partis
sur le chemin du trek, empruntant d’emblée, ma première passerelle himalayenne, reliant les deux côtés de Syaphrubesi village.
Bizarre, bizarre cette sensation au dessus du vide mais bon! Pas non plus insurmontable!!
Comme je n’avais fait part à personne de cette inquiétude, personne n’a rien vu! Tant mieux!
Du coup, je suis passée sur les suivantes et il y en plusieurs, avec la sérénité d’une funambule professionnelle…
Cette première montée a été fantastique; mille mètres de dénivelé entre cactées, bambous, feuillus, sapins, arbustes épineux.
Des singes blancs qui faisaient de la balançoire au dessus de nos têtes, des ânes chargés de casseroles, de sacs de riz, de planches de bois, montant ou descendant inlassablement les pentes de cette belle vallée, nous rappelaient au passage qu’il y avait un village bien vivant, en cette contrée d’altitude.
Que ce soit pour se sustenter dans un Lodge aux alentours de midi, faire des petits achats de gants de laine tricotés ou de ceinture tissée par la dame de la maison, ou tout simplement pour trouver le meilleur angle pour capturer les plus belles photos : que de moments charmants auront ponctué cette première journée de marche ! Sans oublier la gentillesse de nos accompagnateurs, toujours à l’affut du moindre trébuchement de nos pas, toujours dans le souci de notre confort permanent.
Penser, lors de la pause thé de l’après midi, que l’on ne va plus pouvoir repartir; et puis, si, bien sûr….
Arriver au soleil couchant au Lama Hôtel, prendre une douche chaude dans une cabane de planches, un vrai luxe ici, un peu au dessus du vide de la vallée, puis aller déguster un bon plat de pommes de terres aillées et pimentées à souhait, dans la salle commune surchauffée…..C’était le bonheur, ici et maintenant……
Jangjyul, Gyalbu, Sangay et Lobstang, ne dînent pas avec nous…..La coutume veut qu’ils prennent leur repas dans la cuisine, avec l’aubergiste, qu’ils ont d’ailleurs aidé dans la confection du dîner.
A vingt heures à peine, une seule idée: rejoindre notre chambrette, et pour cela,
quitter la douce chaleur du poêle, affronter la nuit en passant sous les étoiles  glacées de cette belle vallée himalayenne, se glisser dans le duvet, la tête habitée d’images, de bruits ,des rires cristallins de Jangjyul et Lobsang, des senteurs éprouvées tout au long de cette première journée de trek.

Vais-je pouvoir me déplier demain ?

Au petit matin, les conversations chuchotées à travers les cloisons de bois des chambrées, parviennent à nous tirer d’un sommeil réparateur.
Une friction d’arnica plus tard, et nous voilà de nouveau attablés devant un petit déjeuner roboratif, tout indiqué avant notre deuxième journée de marche.
Le guide et les porteurs nous accueillent avec leurs sourires habituels et toujours le souci de notre bien être. D’autres passerelles sur notre chemin, qui ne m’impressionnent plus du tout…
Je ne dis rien mais suis très fière!
En dessous, la Langtang river, dévale à gros bouillons au milieu d’un chaos de roches lissées par l’eau glaciale, laissant apparaître quelques bassines pures et turquoises.
Un paysan que nous croisons alors, étudie le meilleur moyen de faire passer son troupeau de « dzo «, croisement de vache et de yak, de l’autre coté de la rivière, où se trouve une petite forêt de bambous, dont elles raffolent, et qui ferait bien leur ordinaire.
Vers midi, la pause riz et thé à la terrasse d’un petit Lodge accroché à flan de montagne, nous redonne un peu d’énergie.


Plus on se rapproche du village, encore mille mètres de dénivelé aujourd’hui, plus l’étagement de la végétation est différent, plus celle ci est éparse, plus elle se raréfie.
Le sommet du Langtang Lirung, que j’ai aperçu ce matin au premier détour du sentier, se rapproche, devient plus vivant, plus imposant, et paré de lueurs orangées et bleutées sur son glacier, en cette fin d’après midi.
En contrebas de Langtang village, un hameau de petites maisons faites de pierre et de bois: c’est là que vivent les parents de Temba; nous nous arrêtons pour les saluer et partager un bol de thé devant leur maison.
Un moment plus tard, une pancarte annonce l ´altitude de Langtang village, 3475m.
Le froid commence à piquer les yeux, nous sommes tous les trois un peu fatigués, sans plus, mais surtout très impatients d’arriver. Tous les trois, car Maryse a su saisir, avec panache mais avec une légitime appréhension tout de même, l’opportunité d’une offre de transport bien locale : le téléphone tibétain ayant très bien fonctionné, et ce, bien avant notre arrivée connue de tous sur ce plateau de pâturages à yacks, un petit cheval roux de race himalayenne a été proposé pour parcourir les trois cent derniers mètres.

.Très vite, une autre pancarte nouvellement installée, nous indique la direction de la guesthouse de TEMBA et sa famille, presque à l’entrée du village, au pied du mont Langtang Lirung qui affiche ses 7246 mètres tout de même ! Au pied du colosse, qui sans faire partie des plus hauts, en impose tout de même, la bien nommée «  Sunrise Guesthouse » s’offre à notre vue dans un couchant de mauve et d’ocre rouge plutôt saisissant ! Le soir arrive et, avec lui, des silhouettes s’approchent de la bâtisse pour venir nous souhaiter la bienvenue.

Jhyangju, Lobsang, Gyalbu et Sanggye sont à ce moment, très fiers de nous montrer ce qui semble être le résultat d’un travail et d’un projet collectif. A l’intérieur, une grande salle commune pour se détendre et se restaurer, au milieu de laquelle ronfle un petit poêle alimenté par des bouses de yack .Dès les premières maisons du village, on les a vues tout à l’heure, qui séchaient sur les murets de pierre ; à cette altitude, en effet, le bois se raréfie et depuis des temps immémoriaux, les populations de l’Himalaya utilisent ce combustible pour se chauffer et faire la cuisine. Dans la guesthouse, le bois est partout, sur les murs, l’autel, les tables, probablement rapporté à dos d’homme de la vallée ; cette ambiance très chaleureuse, on la retrouve à l’étage, ou sont aménagées les petites chambres ; avant de tirer les jolis petits rideaux, je m’attarde un instant à la fenêtre : 

Une multitude d’étoiles sont déjà à l’œuvre, trouant la nuit noire, l’obscurité glaciale que je devine en touchant le carreau de la fenêtre: Je suis littéralement aux anges, dans un état de ravissement total, peu être le nirvana ? Je le savoure pleinement encore un moment, avant d’aller retrouver tous les amis autour du feu.

Le temps de la préparation du diner, les conversations vont bon train .Maryse et Jean gilles retrouvent ici celles ou ceux qui ont fait le guide ou le porteur dans des voyages précédents. Des villageois entrent, s’assoient un moment autour du feu, repartent, venus souhaiter la bienvenue ou s’assurer que l’on sera encore là demain.

Justement, Gyalbu, notre guide, nous informe que la journée du lendemain sera consacrée à l’acclimatation, aux promenades dans le village. Jyangju nous accompagnera.

A peine étions nous sortis d’une maison, invités à prendre le thé, que nous entrions dans une autre ; avec toujours cette impression qui fait chaud au cœur, d’être accueillis chaque fois avec la même simplicité, la même gentillesse légendaire des tibétains.

J’allais oublier de mentionner ce merveilleux moment passé dans l’après midi, avec toute la communauté féminine du village, occupée à préparer une boisson fermentée en égrenant du riz cuit, sur une grande bâche bleue. Toutes ensembles, accroupies autour de cet épais lac blanc encore fumant, elles entonnaient a cappella, des couplets de chansons villageoises aussi joyeux et éclatants que les couleurs de leurs fichus.

Cette belle journée se terminera par la visite d’un gompa très ancien dont le plancher menaçait de s’écrouler, mais qui abritait encore de belles fresques murales dont les outrages du climat allaient aussi très certainement attaquer les couleurs dans un futur bien proche. Un projet à venir, autour de la restauration de ce petit édifice nous amènera naturellement à proposer un don, modeste contribution à la préservation de la culture tibétaine.

Ce soir, une jolie dame aux grands yeux noirs, belle sœur de Temba, nous a invités à venir diner chez elle. Au menu, ce sera la « Boum Boum » soupe comme elle l’intitule elle-même ! Encore une soirée mémorable ou, assis en tailleur, nous avons eu le plaisir de la voir préparer devant nous ce bon plat de soupe à l’ail, qui outre ses qualités gustatives n’en possède pas moins des vertus médicinales : en effet , consommer de l’ail aide à supporter l’altitude et à lutter contre le mal aigu des montagnes. Dans cette jolie demeure décorée pour le Losar, nous avons encore passé une soirée bien chaleureuse, ponctuée de « Alouette, je te plumerai… » que les amis tibétains affectionnent de chanter dès qu’ils rencontrent des français !

Rendez vous avait été pris pour le lendemain matin devant Sunrise Guesthouse, avec Gyalbu et Sanggye pour rejoindre Kyanjin Gompa.

De bon matin, nous étions là ; et quelle ne fut pas notre surprise de découvrir deux chevaux roux de petite taille, prévus par nos amis, à l’adresse des dames bien sur, pour nous épargner un surcroit de fatigue en montant à 3870m ; évidemment, je n’avais pas imaginé un plan de la sorte ! La dernière ballade à cheval faite en Camargue il y a …..Trente ans m’ayant laissé un souvenir plutôt cuisant ! Mais les arguments les plus convaincants, les plus persuasifs ont eu raison de mon hésitation manifeste et de mon inquiétude palpable.

Eh hop, nous voilà tous partis, Maryse et moi ayant fière allure sur notre monture finalement bien docile, les garçons cheminant à nos cotés, dans cette ultime ascension jusqu’à Kyanjin; on ne regrettera pas notre choix. Des cairns jalonnent notre chemin qui serpente sur le plateau. Bien en dessous, la rivière, telle un ruban vert jade, gronde en contrebas ; ce tracé bien connu des chevaux nous mènera vers un cirque immaculé de hauts sommets plus modestes que le Langtang Lirung ; c’est un panorama époustouflant, une vision de montagne magique, qui s’impose à nous. A cette heure de midi, les pics et les glaciers luisent au zénith comme de gros éclats de diamants. Tout simplement superbe !

A Kyanjin, encore et encore, nous photographierons ce paysage de haute montagne d’une beauté rare, de celle dont on dit qu’elle tutoie le divin. Nos montures dument ravitaillées, nous prendrons le chemin du retour jusqu’à Sunrise Guesthouse pour notre dernière soirée à Langtang village.

A ce jour, cette ballade himalayenne restera un merveilleux souvenir de voyage, qui continue de m’habiter régulièrement.

MARTINE

 

 

2013. VOYAGE au NEPAL 2013: UNE DECOUVERTE.

Au mois de février 2013, dix huit voyageurs embarquaient pour le Népal sous l’impulsion de T P H. Pour quatorze d’entre eux, c’était leur premier séjour dans ce beau pays. Entre visites des villes royales, des temples Hindouistes et Bouddhistes, treks en montagne et excursions dans la vallée de Khatmandou, le Téraï et Pokara, tous ces joyeux drilles se sont bien régalés!

Nous avions bien entendu demandé à nos amis de « Namlang-Eco-Tourisme » de se charger de l’organisation. Ils ont pû à cette occasion démontrer toute l’efficacité dont ils sont capables: répartir les 18 voyageurs en petits groupes de 5/6  afin qu’ils puissent visiter les sites de façon confortables; affretter les véhicules, reserver les guest-house et embaucher des guides locaux parlant français…. Sans oublier l’inoubliable gentillesse de Temba à la tête de l’agence et de tous ceux qui ont pris soin de nous durant ce périple.

Voici quelques témoignages qui en disent long sur le plaisir ressenti en découvrant ces contrées si belles et si lointaines.

 

 _ »Je suis revenu enchantée de ce voyage où j’ai rencontré des gens forts accueillants, simples  et gentils. Le groupe était réparti en petits groupes et c’était un vrai plaisir de se retrouver le soir après nos aventures népalaises ! merveilles architecturales …. Fêtes dans la rue, temples etc… un dépaysement total….. nous avons, pour ma part, empruntés les routes népalaises en bus : frayeurs qui s’est vite transformés en joie : beauté des paysages, ça vie partout : un ressourcement sans pareil !! merci à TPH et à tous les accompagnateurs népalais… Christine. »

2013. VOYAGE au NEPAL 2013: UNE DECOUVERTE. dsc09738-150x112_ »Le Népal, j’en rêve depuis longtemps! Je pars enfin cette année 2013 grâce à l’association T.P.H.,à l’occasion de la fête du Losar,et pour un trek dans la vallée du Langtang. Après les longues attentes à l’aéroport d’Abu Dhabi (merci la compagnie ETHIAD!), l’arrivée à Kathmandu efface tous les désagréments et la fatigue du voyage.Quand même un peu de “tourista” et c’est parti pour la découverte des temples mythiques de la vallée avec notre sympathique guide francophone ”Deependra”.  Durbar Square, Patan ou nous assistons à la “cérémonie des jeunes filles” magnifiques dans leurs tenues rouge écarlate, Bhaktapur et ses sacrifices de chèvres, Pashupatinath et ses crémations, Swayambunath, le temple aux singes. Nous sommes conviés chez Temba et sa famille pour un thé tibétain agrémenté de dégustations locales. Les boutiques autour du stupa, à deux pas de notre guest-house”Ti-Se” sont propices aux emplettes (bijoux,pashminas,artisanat local) et le marchandage est de rigueur. Le dépaysement est total dans la ville de Kathmandu ou règne une circulation incessante. Le jour “J”, départ du trek arrive,et c’est l’aventure et le stress dans le bus local qui nous mène à Syabru Bensi (110 km) par une route accidentée surplombant la rivière 1000 m plus bas! Le sentier suit la rivière Langtang Khola dans une forêt pittoresque très peu fréquentée,nous sommes pratiquement les seuls avec nos sherpas et nos guides,quelques autochtones et leurs mulets si chargés! En deux jours,nous sommes arrivés à notre point d’acclimatation,Langtang village à la guest-house”Sun Rise”.Après une journée de repos passée à visiter le village et à participer à une cérémonie bouddhiste au temple,nous partons pour Kjanjin Gompa avec soleil et ciel bleu mais 40 cm de neige pour arriver au monastère à 4000 m. C’est superbe, les sommets à 7000 m nous entourent! Une soirée chez notre guide Gyurme avec chants et danses tibétaines, et nous repartons pour une autre vallée,en traversant les villages pittoresques habités par les Tamang,  nous assistons aux fêtes dans les temples et même à un mariage dans une famille.La population locale nous reçoit avec le sourire des enfants.La distribution de ballons aux abords d’une école les rend fous de joie. Les soirées dans les lodges sont courtes (il fait nuit à 18 h!) mais chaleureuses. Nous arrivons au terme de ces 11 jours de trek, et c’est le retour à Kathmandu (en 4×4 cette fois!). Ces 3 semaines de dépaysement m’ont mis des images plein les yeux,et mes albums en sont garnis. Un rêve s’est réalisé… Pierrette. »

 

_ »Merci pour votre travail sur le blog et l’organisation de notre voyage. C’est agréable de se remémorer tous ces excellents souvenirs. Je repense souvent à ces bons moments de partage.  Belle rencontre avec ce peuple si chaleureux. Ce voyage est  inoubliable. Amicalement. Catherine. »
 

Départ du voyage pour Kathmandou

_ »Par un bel après-midi d’hiver, nous sommes 18 à partir en direction de l’aéroport de Saint Exupéry vers Bruxelles, ensuite embarquement vers Abu Dhabi pour une correspondance pour Katmandou. Les aléas de la météo, nous laissent suspendus dans le ciel des Emirats Arabes Unis plus longtemps que prévu et nous survolons durant une heure et demie les plateformes pétrolières au-dessus d’une mer turquoise soulignée par le sable blanc qui marque les limites de la terre. Il y a du brouillard sur Abu Dhabi !!! Finalement, nous atterrissons à une centaine de kilomètres de l’aéroport prévu pour revenir ensuite vers… Abu Dhabi ! Plus de correspondance… Nous attendons longtemps, mais après de multiples tergiversations, plusieurs heures plus tard, notre groupe se sépare en deux, mais finalement nous rejoignons tous Katmandou. Tout le monde est fatigué, mais heureux tout de même de se retrouver. La note est donnée dès la sortie de l’aéroport. Beaucoup de monde sur les bas-côtés, pas vraiment de trottoirs, tout semble dégradé, des motos et des autos circulent dans tous les sens, et surtout beaucoup de poussière. Mon étonnement est grand devant tant d’agitation, mais je jubile intérieurement d’être là !

Cela fait de longs mois que ce pays est dans mon esprit. J’ai interrogé longtemps internet, mais je me dis, il n’y a rien à faire, la réalité est tout autre ! Mon séjour sera long pour une première fois. Quatre semaines à parcourir le Népal.

Kathmandou et les différents sites de la vallée

Nous sommes installés dans le quartier tibétain et nous logeons dans une guest house relativement confortable où je me sens comme dans un cocon. Sous un soleil de février, qui devient de plus en plus chaud, dans une forte odeur d’encens, je découvre avec mes compagnons de voyage le grand stupa (sanctuaire bouddhiste, en l’occurrence le plus grand du Népal) ainsi que les nombreuses boutiques du quartier qui font cercle autour de lui. De multiples petits marchands de légumes sont installés dans les rues y conduisant où les différentes variétés de fruits ou de légumes sont soigneusement rangées. La couleur éclate de partout avec une grande force esthétique qui paraît aller de soi.

Bodanath recèle de multiples monastères aux teintes très colorées et dorées qui émaillent ce quartier si particulier de Katmandou. C’est plein de couleurs chatoyantes, ponctué par le jaune safran et l’habit rouge marron des nombreux moines qui déambulent autour du grand stupa ainsi qu’une population avec de nombreuses femmes, beaucoup paraissent très âgées, elles portent des tabliers rayés et d’énormes boucles d’oreilles en turquoise qui indiquent leur origine tibétaine. Une foule nombreuse, bigarrée, les visages sont beaux, les cheveux noirs dominent. Parfois de la foule surgit une tête d’homme à cheveux longs portés en catogan ceinte d’un turban fait de nombreux fils rouges. La beauté est là, dans ces visages. Il se dégage de toute cette foule une très forte ferveur religieuse sur fond d’odeur d’encens. Beaucoup parmi ces gens sont descendus de leurs lointaines et difficiles montagnes qu’est l’Himalaya pour fêter le nouvel An tibétain.

 

Vallée de Kathmandou

Les jours qui suivent sont consacrés à la visite des grands sites de la vallée de Katmandou. Durbar Square et ses magnifiques monuments en forme de pagodes. Pashupatinath dite « petite Bénarès » du Népal où ont lieu les crémations au bord de la rivière sacrée Bagmati. C’est un ensemble architectural assez extraordinaire, cependant l’approche est parfois difficile pour nous occidentaux. Les odeurs et la saleté ne laissent pas de nous surprendre.

Ensuite Patan, ancienne ville impériale et ses beaux temples en pagodes ainsi que Bhaktapur, musée à ciel ouvert, peuplé par les Newars qui est l’ethnie d’origine et qui continue de faire vivre cette cité d’une beauté époustouflante. Nous avons eu la chance d’assister à plusieurs fêtes notamment la fête des filles. Les petites filles d’une dizaine d’années sont maquillées et portent des bijoux multiples et dorées comme des femmes adultes. Il y a toute une cérémonie haute en couleurs avec les offrandes qui sont de petites merveilles réalisées avec des fruits, des feuilles, des pétales de fleurs, du riz blanc. Les petites filles et les femmes sont vêtues avec des saris rouges et dorées et sont alignées au sol chapeautées par leurs mères. Cela semble complètement irréel pour moi.

Randonnée dans les collines

Quelques jours de balade dans les collines à partir Nagarkot, altitude 2000 mètres pour voir se lever le soleil sur l’Himalaya. Cette chaîne de montagne semble toucher le ciel, elle est de partout où l’on se tourne ! Cette ballade permet de découvrir les campagnes, des petits enfants et la manière de vivre des gens. Le plus souvent les maisons n’ont pas d’eau courante, pas d’électricité et chaque petit hameau à sa fontaine publique. Dans tout le Népal, elles sont faites sur le même modèle. Puis, nous dormirons dans un Monastère et le soir nous partagerons notre repas avec les moines. Le lendemain nous continuerons nous balade en direction de Panauti petite ville très typique, où l’on pratique les crémations au bord de la rivière qui est ici une rivière sacrée.

Retour à Kathmandou

Retour à Katmandou où j’aurais la chance d’aller visiter la Fondation Chantal MAUDUIT avec d’autres compagnes de voyage. Chantal MAUDUIT était alpiniste Elle a perdu la vie dans l’Everest. Elle était très sensible à la misère des enfants des rues de Katmandou. A son décès, sa famille avec l‘argent recueilli à ses obsèques a permis de créer cette fondation. Celle-ci prend en charge des enfants dont les parents n’ont pas les moyens de les élever. Ils sont nourris et éduqués. Les enfants ont l’essentiel. Ici, il n’y a pas de superflu. Cette fondation fonctionne avec un système de parrainage et divers dons provenant de France principalement. Cela a été une rencontre importante.

Nous serons plusieurs du voyage à aller visiter les écoles bambou (ces écoles sont connues en Europe grâce à plusieurs émissions de télévision) de Katmandou pendant que d’autres iront se confronter à eux-mêmes en marchant dans l’Himalaya.

Sud du népal et Téraï

Départ pour le Teraï. Démarrage aux aurores pour la gare routière de Katmandou accompagnés de notre gentil guide Deependra, dans un bus « tourist ». Nous sommes justement 4 touristes partant à la découverte du sud Népal. Le bus est très sommaire, mais malgré tout reste confortable. Nous descendons du plateau de Katmandou par une route qui surprend, mais avec un peu de musique techno népalaise les angoisses se dissipent. Après plusieurs heures de voyage, le paysage a changé. La chaleur commence à se faire sentir et nous roulons maintenant sur une route plate et très poussiéreuse ponctuée de nombreux bazars, puis apparaît au milieu d’une rue, une statue de rhinocéros unicorne. Nous y voici. Nous sommes à quelques kilomètres du parc de Chitwan qui fait frontière avec l’Inde du Nord. Nous sommes chez les Tharus, ce sont les habitants les plus anciens du Népal. Ils vivent dans de jolies maisons en terre et bambou, pratiquement sans ouverture afin que les moustiques n’y pénètrent pas. Autrefois, c’était la seule manière de se protéger de la malaria qui sévissait dans cette région. Leurs maisons sont décorées de dessins mystérieux faits par les femmes. Ils sont cultivateurs. Quelques carrés d’un beau vert tendre, c’est le riz qui sort de terre. Des racines sèches au soleil, c’est le curcuma qui sera ensuite réduit en poudre pour servir de condiment. Un abri en bambou protège du soleil le buffle de la famille, quelques poules et quelques chèvres. Un chat, il n’y a en quasiment pas à Katmandou où c’est le règne des chiens.

Des petits enfants aux traits extrêmement fins jouent dans cet espace et prennent l’air effarouché lorsque je veux les prendre en photo. Plus loin, une femme accroupie dans un geste plein de beauté trie des lentilles. Puis, des écoliers en uniformes surgissent joyeusement du bout du chemin. Tout semble paisible.

Quand à nous, nous résidons dans un Lodge avec un très joli jardin tout en fleurs. Pas très loin de celui-ci, une immense meule de foin et une cabane en bambou et c’est là que vit un cornac et son éléphant. Durant notre séjour nous en verrons beaucoup d’autres et nous irons nous promener dans la jungle sur le dos de l’un deux. Nous descendrons la rivière en pirogue, les bords de la rivière servent de solarium aux multiples crocodiles qui se chauffent au soleil du petit matin. La jungle est rempliedes chants d’oiseaux et des cris des singes, mais nous ne rencontrerons jamais le maître de des lieux, c’est-à-dire le tigre du Bengale. Pour lui faire face, le cas échéant, les guides sont équipés d’un bâton en bambou !!!

Les fins d’après-midi se terminent au bord de la rivière dans la tiédeur du début de soirée, un verre de Gurka – la bière locale Népalaise – à la main pour certains et de l’international verre de Coca-Cola pour d’autres. La nuit tombe tôt et le coucher de soleil sur la rivière et la forêt annonce déjà la nuit.

Quelques jours plus tard nous partons en direction de Lumbini, là où serait né le Bouddha. Chaque Etat qui pratique la religion bouddhiste a fait construit un temple en l’honneur de Bouddha. Ce lieu est immense et les pèlerins assis en prière-méditation se trouvent au pied de l’arbre people décoré de milliers de drapeaux de prière. Nous ne resterons qu’une demi-journée dans cet endroit, certainement pas assez longtemps pour apprécier et visiter tous les temples.

Nous irons ensuite à Pokhara voir se lever le soleil sur les Annapurna. La ville est nichée près d’un lac qui lui donne beaucoup de charme. Elle est très appréciée des touristes occidentaux. C’est une station très touristique et sportive. Nous ne verrons le soleil sur les Annapurna et sur la montagne du Machhapuchhare (queue de poisson) qu’au matin de notre départ. Spectacle grandiose.

Ensuite, retour vers Katmandou dans notre magnifique bus « Tata ». Il y a grève générale, cela nous permet d’avoir la route à nous et de ne plus croiser de cars et de camions sur cette route qui est souvent très fréquentée étant le seul chemin reliant Katmandou au sud du pays.

Fin du voyage

La fin du séjour approche. Il faut penser à boucler les bagages. Je suis heureuse dans la perspective de retrouver ma famille et mes amis. Il me restera tous ces regards et sourires d’enfants croisés au détour d’un chemin ou d’une rue ; le sourire des femmes népalaises, ces femmes qui pour la plupart ont des vies difficiles, n’hésitent pas à répondre par un magnifique sourire à notre petit sourire parcimonieux d’européen. Quelle leçon pour nous qui sommes si souvent confrontés aux visages fermés de nos concitoyens et aux sourires si peu généreux.

Le Népal est un terrain d’aventure exceptionnelle pour les marcheurs. L’Himalaya, certes est grandiose, mais le pays tout entier et ses habitants en particulier, méritent que nous allions à leur rencontre partager un peu de leur vie, de leur culture et aussi dépenser un peu d’argent car le pays a bien besoin de devises. Pour moi qui n’avait jamais voyagé si loin, et dans un pays si pauvre, l’adaptation n’est pas allée de soi. Il faut faire attention à l’hygiène, la nourriture épicée n’est pas forcément du goût de tous, mais c’est une formidable expérience humaine. Annie ».

« _C’est déjà un deuxième séjour au Népal, avec le sentiment bien agréable de retrouver des lieux connus, des itinéraires déjà empruntés. Avec, pour ce séjour ci, une nouveauté, un trek dans la vallée du Langtang, dont sont originaires Temba et sa famille.
Une fois encore, nous y sommes pendant le nouvel an tibétain, ou Losar, précisément à Bodnath, près de Katmandou ou se trouve le plus grand stupa du Népal.

Pour les tibétains, du Tibet ou en exil, les festivités du Losar, revêtent un caractère familial indéniable mais sont aussi l’occasion de rencontres plus élargies, aux amis, à ceux de son village, de sa vallée, voire de son ethnie d’appartenance ; cela dure plusieurs jours. Le Losar est ponctué de différents rites de purification qui permettent d’entrer dans cette nouvelle année, débarrassé de tout ce qui a été négatif en soi et autour de soi, pendant l’année écoulée. Cela passe aussi bien par le nettoyage de fond en comble de la maison, que par l’achat de vêtements neufs que chacun va arborer fièrement sur les terrasses du stupa, ou encore par des frictions du corps avec des boulettes de tsam-pa (orge grillée).

Puis vient le moment du changement des drapeaux de prières, au troisième jour du Losar, sur le toit des maisons et aussi sur le grand stupa. Au dessus du dôme, de vaillants jeunes hommes grimpent les treize degrés sur des échelles adossées de façon bien verticale à mon gout, et se relaient sans cesse pour attacher les drapeaux depuis la cime jusqu’au bas de l’édifice. Petit à petit, le vent agite les « lungta » ou chevaux du vent aux cinq couleurs, correspondant aux cinq éléments : le bleu pour l’air, le blanc pour l’espace, le rouge pour le feu, le vert pour l’eau et le jaune pour la terre ; ces lungta apportent nos souhaits d’harmonie, nos vœux de prospérité et de paix ; ils sont considérés comme des portes bonheurs ; leur origine remonte à la tradition Bon, antérieure au bouddhisme tibétain.

Nous aurons l’occasion, pendant ces jours de fête, d’échanger nos vœux avec la famille de Temba, qui a chaleureusement invité notre groupe de dix huit français à partager un délicieux repas de Losar confectionné par Jhyangju, son épouse. Nous passerons un bel après midi, tous ensemble, à déguster des beignets, à jouer avec les enfants ou encore à échanger avec des voisins venus nous saluer, dans un joyeux mélange de français et d’anglais.

Pour ce voyage au Népal ,deuxième édition, dans le quartier piétonnier de Bodhnath où résident principalement les tibétains, la Tisé Guesthouse est de nouveau notre quartier général. S’y retrouvent, comme il y a deux ans, des touristes étrangers, des moines, des népalais, indiens, japonais, des jeunes et de moins jeunes routards, en mal de Katmandou.
Et de bon matin, en arrivant dans la salle du « breakfast « , on entend parler anglais, français, népalais, tibétain, espagnol, allemand, russe…..
On se dit bonjour, on s’interpelle…mais oui c’est vrai.On s’est croisé hier au musée de Patan ou bien encore au Durbar Square de KTM (Katmandou pour les inities) ou bien, …mais non, c’est cela, c’était à  Baktapur …
Les conversations vont bon train, d’une table à l’autre, au beau milieu du ballet incessant des serveurs qui apportent des galettes de pain tibétain toutes chaudes et du thé. Chacun y va de son « Tashi Delek », la salutation tibétaine.

Quel bonheur d’emprunter la ruelle piétonne qui mène au stupa, de passer devant les vendeuses de chandelles qui illuminent le quartier le soir, de reconnaître les mêmes mendiants borgnes qu’il y a deux ans, arborant toujours leur moignon entouré d’un chiffon crasseux ; et là, au coin, la même petite échoppe arborant des objets de cultes un peu poussiéreux, façonnés alentour par des enfants parfois très jeunes.

Quel bonheur d’apercevoir, juste avant la place, le grand stupa, ce très beau sanctuaire bouddhiste qui date du quatorzième siècle, en détailler les différentes parties architecturales, qui chacune symbolise l’un des cinq éléments, et surtout rencontrer du regard les yeux de Bouddha, fixant les quatre points cardinaux, voilà qui me ravit pleinement !

Arriver sur l’esplanade du stupa, se mêler à la foule, qui, un « mala » à la main, égrène ses perles de bois, en accomplissant ses « koras», ses tours de stupa, toujours en le contournant par la gauche, selon le rituel bouddhiste.
Souvent, des grands mères très âgées, vêtues de leur « chuba», robe longue croisée dans le dos se prosternent sur des planches de bois. S’il fait froid, elles endossent de larges ceintures en poil de yack très colorées, qu’elles nouent par-dessus les anoraks. Parfois, on les trouve assises sur les bancs qui ceinturent le bas du stupa, de belles boucles d’oreilles d’or et turquoises éclairant leur visage.Sur le devant de la robe, on aperçoit également le joli « bangdan », fameux tablier rayé horizontalement que seules, portent, les femmes mariées.
Ce retour sur ce lieu magique, au premier soir de ce deuxième séjour, me remplit d’émotion.
Je suis très heureuse de me retrouver là, humant les parfums des bouquets de genévrier qui brulent en dégageant une fumée acre et épaisse, au milieu d’une marée humaine qui grandit avec le soir qui tombe.
Ici où là, des » pujas », des offrandes rituelles, sont célébrées devant les monastères qui bordent le stupa, les lampes de cire scintillent de toute la persuasion de leurs vendeuses à vous les vendre.
Sur les marches des échoppes, s’entassent d’énormes paquets de «  kabsé », ou bouchées de chances qui sont des beignets que l’on retrouve disposés sur tous les autels des maisons et des monastères, pendant les fêtes du Losar.
En accomplissant nous aussi nos Koras, sans oublier de faire tourner les moulins de prières nichés sur le pourtour du stupa, on entend qui s’égrène au coin des rues  » Om Mani Padme Hum» dans diverses interprétations, de ce mantra fondateur du bouddhisme tibétain.
Alors là, on y est vraiment, on est bien en ce premier soir de retour…..

Mais c’était sans compter sur la dernière semaine de notre séjour, pendant laquelle nous avions projeté un trek dans la vallée du Langtang.
Depuis plusieurs mois déjà, en France, j’y pensais : trek, Langtang, Langtang, trek…
Quelques inquiétudes m’avaient traversé l’esprit:
En serais-je capable? Les passerelles himalayennes sont elles fiables ? Vais je supporter l’altitude?…..Je m’étais réservé dans un petit coin de la tète, la possibilité de rester sur KTM et de laisser Jean François, Maryse et Jean Gilles partir, si d’aventure, au dernier moment, je me décourageais…..
Autant d’interrogations, qui ont très naturellement trouvé une réponse, dès le matin de notre départ.
J’avoue avoir insisté pour prendre un véhicule tout terrain plutôt que le bus pour nous rendre de Katmandou à Syaphrubesi, gros bourg commerçant, stratégiquement incontournable, lorsque l’on veut se rendre à Langtang village. Jhyangju, l’épouse de Temba, était du voyage, toujours joyeuse et ponctuant la conversation, d’expressions en français, avec un ravissement non dissimulé.
Le trajet nous a pris la journée, sur une route aussi improbable que vertigineuse, traversant des paysages de terrasses à couper le souffle.
Arrivés à la guest house qui nous accueillait pour la nuit, là où la route carrossable s’arrête, nous avons rencontré un autre groupe ami, parti dix jours plutôt, qui revenait de leur trek au même moment. Avant la disparition du soleil déjà rouge en cette fin d’après midi, nous avons échangé nos impressions autour d’une bière ou d’un thé sur la terrasse de l’hôtel.

Puis nous avons fait la connaissance de notre guide Gyalbu et des porteurs, Sanggye et Lobsang. En fait de porteur, celui attribué, à Jean François et moi même, était plutôt une porteuse, prénommée Lobsang, qui se trouvait être l’une des sœurs de Jhyangju, bien sûr native de Langtang village. Autant vous dire que je n’étais pas très à l’aise à l’idée de faire porter mes affaires à une femme……Avant notre départ déjà, nous avions prévu de ne faire porter qu’un seul de nos sacs ,le plus léger possible, environ six kilos.
Aussi, quelle ne fût pas l’explosion de rires de Lobsang, lorsqu’elle a soupesé notre sac à dos!!!!Du coup, elle s’en est rajoutée à peu près le double, destiné à ses proches, empilé joyeusement sur son dos.
Le lendemain, après un thé bien chaud et du pain tibétain, nous sommes partis
sur le chemin du trek, empruntant d’emblée, ma première passerelle himalayenne, reliant les deux côtés de Syaphrubesi village.
Bizarre, bizarre cette sensation au dessus du vide mais bon! Pas non plus insurmontable!!
Comme je n’avais fait part à personne de cette inquiétude, personne n’a rien vu! Tant mieux!
Du coup, je suis passée sur les suivantes et il y en plusieurs, avec la sérénité d’une funambule professionnelle…
Cette première montée a été fantastique; mille mètres de dénivelé entre cactées, bambous, feuillus, sapins, arbustes épineux.
Des singes blancs qui faisaient de la balançoire au dessus de nos têtes, des ânes chargés de casseroles, de sacs de riz, de planches de bois, montant ou descendant inlassablement les pentes de cette belle vallée, nous rappelaient au passage qu’il y avait un village bien vivant, en cette contrée d’altitude.
Que ce soit pour se sustenter dans un Lodge aux alentours de midi, faire des petits achats de gants de laine tricotés ou de ceinture tissée par la dame de la maison, ou tout simplement pour trouver le meilleur angle pour capturer les plus belles photos : que de moments charmants auront ponctué cette première journée de marche ! Sans oublier la gentillesse de nos accompagnateurs, toujours à l’affut du moindre trébuchement de nos pas, toujours dans le souci de notre confort permanent.
Penser, lors de la pause thé de l’après midi, que l’on ne va plus pouvoir repartir; et puis, si, bien sûr….
Arriver au soleil couchant au Lama Hôtel, prendre une douche chaude dans une cabane de planches, un vrai luxe ici, un peu au dessus du vide de la vallée, puis aller déguster un bon plat de pommes de terres aillées et pimentées à souhait, dans la salle commune surchauffée…..C’était le bonheur, ici et maintenant……
Jangjyul, Gyalbu, Sangay et Lobstang, ne dînent pas avec nous…..La coutume veut qu’ils prennent leur repas dans la cuisine, avec l’aubergiste, qu’ils ont d’ailleurs aidé dans la confection du dîner.
A vingt heures à peine, une seule idée: rejoindre notre chambrette, et pour cela,
quitter la douce chaleur du poêle, affronter la nuit en passant sous les étoiles  glacées de cette belle vallée himalayenne, se glisser dans le duvet, la tête habitée d’images, de bruits ,des rires cristallins de Jangjyul et Lobsang, des senteurs éprouvées tout au long de cette première journée de trek.

Vais-je pouvoir me déplier demain ?

Au petit matin, les conversations chuchotées à travers les cloisons de bois des chambrées, parviennent à nous tirer d’un sommeil réparateur.
Une friction d’arnica plus tard, et nous voilà de nouveau attablés devant un petit déjeuner roboratif, tout indiqué avant notre deuxième journée de marche.
Le guide et les porteurs nous accueillent avec leurs sourires habituels et toujours le souci de notre bien être. D’autres passerelles sur notre chemin, qui ne m’impressionnent plus du tout…
Je ne dis rien mais suis très fière!
En dessous, la Langtang river, dévale à gros bouillons au milieu d’un chaos de roches lissées par l’eau glaciale, laissant apparaître quelques bassines pures et turquoises.
Un paysan que nous croisons alors, étudie le meilleur moyen de faire passer son troupeau de « dzo «, croisement de vache et de yak, de l’autre coté de la rivière, où se trouve une petite forêt de bambous, dont elles raffolent, et qui ferait bien leur ordinaire.
Vers midi, la pause riz et thé à la terrasse d’un petit Lodge accroché à flan de montagne, nous redonne un peu d’énergie.
Plus on se rapproche du village, encore mille mètres de dénivelé aujourd’hui, plus l’étagement de la végétation est différent, plus celle ci est éparse, plus elle se raréfie.
Le sommet du Langtang Lirung, que j’ai aperçu ce matin au premier détour du sentier, se rapproche, devient plus vivant, plus imposant, et paré de lueurs orangées et bleutées sur son glacier, en cette fin d’après midi.
En contrebas de Langtang village, un hameau de petites maisons faites de pierre et de bois: c’est là que vivent les parents de Temba; nous nous arrêtons pour les saluer et partager un bol de thé devant leur maison.
Un moment plus tard, une pancarte annonce l ´altitude de Langtang village, 3475m.
Le froid commence à piquer les yeux, nous sommes tous les trois un peu fatigués, sans plus, mais surtout très impatients d’arriver. Tous les trois, car Maryse a su saisir, avec panache mais avec une légitime appréhension tout de même, l’opportunité d’une offre de transport bien locale : le téléphone tibétain ayant très bien fonctionné, et ce, bien avant notre arrivée connue de tous sur ce plateau de pâturages à yacks, un petit cheval roux de race himalayenne a été proposé pour parcourir les trois cent derniers mètres.

.Très vite, une autre pancarte nouvellement installée, nous indique la direction de la guesthouse de TEMBA et sa famille, presque à l’entrée du village, au pied du mont Langtang Lirung qui affiche ses 7246 mètres tout de même ! Au pied du colosse, qui sans faire partie des plus hauts, en impose tout de même, la bien nommée «  Sunrise Guesthouse » s’offre à notre vue dans un couchant de mauve et d’ocre rouge plutôt saisissant ! Le soir arrive et, avec lui, des silhouettes s’approchent de la bâtisse pour venir nous souhaiter la bienvenue.

Jhyangju, Lobsang, Gyalbu et Sanggye sont à ce moment, très fiers de nous montrer ce qui semble être le résultat d’un travail et d’un projet collectif. A l’intérieur, une grande salle commune pour se détendre et se restaurer, au milieu de laquelle ronfle un petit poêle alimenté par des bouses de yack .Dès les premières maisons du village, on les a vues tout à l’heure, qui séchaient sur les murets de pierre ; à cette altitude, en effet, le bois se raréfie et depuis des temps immémoriaux, les populations de l’Himalaya utilisent ce combustible pour se chauffer et faire la cuisine. Dans la guesthouse, le bois est partout, sur les murs, l’autel, les tables, probablement rapporté à dos d’homme de la vallée ; cette ambiance très chaleureuse, on la retrouve à l’étage, ou sont aménagées les petites chambres ; avant de tirer les jolis petits rideaux, je m’attarde un instant à la fenêtre : 

Une multitude d’étoiles sont déjà à l’œuvre, trouant la nuit noire, l’obscurité glaciale que je devine en touchant le carreau de la fenêtre: Je suis littéralement aux anges, dans un état de ravissement total, peu être le nirvana ? Je le savoure pleinement encore un moment, avant d’aller retrouver tous les amis autour du feu.

Le temps de la préparation du diner, les conversations vont bon train .Maryse et Jean gilles retrouvent ici celles ou ceux qui ont fait le guide ou le porteur dans des voyages précédents. Des villageois entrent, s’assoient un moment autour du feu, repartent, venus souhaiter la bienvenue ou s’assurer que l’on sera encore là demain.

Justement, Gyalbu, notre guide, nous informe que la journée du lendemain sera consacrée à l’acclimatation, aux promenades dans le village. Jyangju nous accompagnera.

A peine étions nous sortis d’une maison, invités à prendre le thé, que nous entrions dans une autre ; avec toujours cette impression qui fait chaud au cœur, d’être accueillis chaque fois avec la même simplicité, la même gentillesse légendaire des tibétains.

J’allais oublier de mentionner ce merveilleux moment passé dans l’après midi, avec toute la communauté féminine du village, occupée à préparer une boisson fermentée en égrenant du riz cuit, sur une grande bâche bleue. Toutes ensembles, accroupies autour de cet épais lac blanc encore fumant, elles entonnaient a cappella, des couplets de chansons villageoises aussi joyeux et éclatants que les couleurs de leurs fichus.

Cette belle journée se terminera par la visite d’un gompa très ancien dont le plancher menaçait de s’écrouler, mais qui abritait encore de belles fresques murales dont les outrages du climat allaient aussi très certainement attaquer les couleurs dans un futur bien proche. Un projet à venir, autour de la restauration de ce petit édifice nous amènera naturellement à proposer un don, modeste contribution à la préservation de la culture tibétaine.

Ce soir, une jolie dame aux grands yeux noirs, belle sœur de Temba, nous a invités à venir diner chez elle. Au menu, ce sera la « Boum Boum » soupe comme elle l’intitule elle-même ! Encore une soirée mémorable ou, assis en tailleur, nous avons eu le plaisir de la voir préparer devant nous ce bon plat de soupe à l’ail, qui outre ses qualités gustatives n’en possède pas moins des vertus médicinales : en effet , consommer de l’ail aide à supporter l’altitude et à lutter contre le mal aigu des montagnes. Dans cette jolie demeure décorée pour le Losar, nous avons encore passé une soirée bien chaleureuse, ponctuée de « Alouette, je te plumerai… » que les amis tibétains affectionnent de chanter dès qu’ils rencontrent des français !

Rendez vous avait été pris pour le lendemain matin devant Sunrise Guesthouse, avec Gyalbu et Sanggye pour rejoindre Kyanjin Gompa.

De bon matin, nous étions là ; et quelle ne fut pas notre surprise de découvrir deux chevaux roux de petite taille, prévus par nos amis, à l’adresse des dames bien sur, pour nous épargner un surcroit de fatigue en montant à 3870m ; évidemment, je n’avais pas imaginé un plan de la sorte ! La dernière ballade à cheval faite en Camargue il y a …..Trente ans m’ayant laissé un souvenir plutôt cuisant ! Mais les arguments les plus convaincants, les plus persuasifs ont eu raison de mon hésitation manifeste et de mon inquiétude palpable.

Eh hop, nous voilà tous partis, Maryse et moi ayant fière allure sur notre monture finalement bien docile, les garçons cheminant à nos cotés, dans cette ultime ascension jusqu’à Kyanjin; on ne regrettera pas notre choix. Des cairns jalonnent notre chemin qui serpente sur le plateau. Bien en dessous, la rivière, telle un ruban vert jade, gronde en contrebas ; ce tracé bien connu des chevaux nous mènera vers un cirque immaculé de hauts sommets plus modestes que le Langtang Lirung ; c’est un panorama époustouflant, une vision de montagne magique, qui s’impose à nous. A cette heure de midi, les pics et les glaciers luisent au zénith comme de gros éclats de diamants. Tout simplement superbe !

A Kyanjin, encore et encore, nous photographierons ce paysage de haute montagne d’une beauté rare, de celle dont on dit qu’elle tutoie le divin. Nos montures dument ravitaillées, nous prendrons le chemin du retour jusqu’à Sunrise Guesthouse pour notre dernière soirée à Langtang village.

A ce jour, cette ballade himalayenne restera un merveilleux souvenir de voyage, qui continue de m’habiter régulièrement. »

MARTINE

 

 

 

2007. TREK du LANGTANG et LACS de GOSAINKUND. NEPAL.

Fin octobre2007: c’est la troisième fois que nous débarquons à Katmandou. Les deux fois précédentes, nous étions venus ma compagne Maryse et moi, pour fêter le losar, le nouvel an tibétain qui a lieu en février de chaque année. C’était surtout l’occasion de célébrer cette fête avec notre famille tibétaine. En effet depuis quelques années nous parrainons la jeune Tenzin Wangmophotoba1.jpg pour sa scolarité, la famille nous a adopté et nous nous considérons réciproquement comme des membres de la même famille.nepal2007006.jpg

Le Langtang!! Nous en avons rêvé car les récits de treks et ceux de nos amis originaires du lieu nous ont enthousiasmé. N’étant pas des randonneurs très aguerris, nous nous sommes quelque peu entrainés durant le printemps et l’été dans nos montagnes toutes proches: la Chartreuse et l’Oisans.

Nous y voilà!!! Si lors de nos précédents séjours nous étions des groupes assez modestes, cette fois, nous sommes 14 à débouler de la région de Grenoble!!! Le bouche à oreille a si bien marché que dés l’annonce de notre voyage, venaient s’ajouter chaque semaine de nouveaux participants!!!

Accueil à l’aéroport de KTM par notre ami Temba qui nous conduit à nos guest-house pour les uns et chez des familles d’accueils pour les autres. Nous sommes basés à Bodnath, haut lieu de la culture tibétaine dans la banlieue de KTM ,avec son magnifique stupa.(un des plus grand du monde)dscn0899.jpg

Les premiers jours: visite de la vallée de KTM incontournable pour tous, car même ceux qui sont déjà venus ne s’en lassent pas!!!

Puis vient le jour du départ: destination le « Langtang village » puis les lacs sacrés de « Gosainkund »nous sommes 12 a faire le trek. Nous aurons 2 guides et 6 porteurs. Les porteurs qui se chargent souvent au Népal de sacs de 60 voire 80 kg (si, si, nous en avons croisés!!!) ne porteront pas plus de 25 kg soit le sac de deux trekeurs.nepal2007374.jpg

La veille au soir nous faisons la connaissance de nos guides Gyurme et Sonu qui sont venus depuis le village du Langtang pour nous accompagner lors du trajet KTM/ SHIABUBENSY que nous allons faire en bus (130 km environ mais 10 heures de route…) …

mercredi 24 octobre,tôt le matin, nous nous entassons dans le bus, serrés comme des sardines, avec autant de monde sur le toit qu’à l’intérieur!!!nepal2007076.jpg

C’est parti: la route, d’abord goudronnée laisse vite place à une piste qui se dégrade au fur et à mesure de notre montée. Recommandation: ne pas se pencher par la fenêtre: risque de chute… de crachats et de ..pipi! Pause Pipi d’ailleurs: quand les femmes s’accroupissent…les hommes se lèvent (de l’impérial). L’ambiance dans le bus est « toute népalaise » entassés les uns sur les autres il n’y a que sourires et bonne humeur: une de nos copine installée à l’arrière du bus se voit confier un charmant bambin de 18 mois, car le papa est coincé à l’avant debout, dans une position inconfortable. nepal2007082.jpgLe petit s’endort dans les bras de cette étrangère après quelques minutes à peine!!! Arrivé à destination, le garçonnet passe dans les bras de son papa à travers la fenêtre, car ce dernier aurait été bien en peine de traverser le bus bondé pour récupérer sa progéniture!!!

Durant ce trajet, nous pouvons tout à loisir admirer le paysage et porter notre attention sur la population locale… A chaque arrêt, c’est un véritable ravissement de couleurs, les saris des femmes sont tous plus beaux les uns que les autresnepal2007091.jpgnepal2007087.jpgLe bus transporte les familles, les amis, de villages en villages, les achats faits à Kathmandou,  l’agitation est totale: les gens sautent du toit, grimpent sur le toit, les bagages volent de bras en bras, et tout cela avec les rires et les cris des populations hindouistes dans les 40 premiers klm, puis tibétaines.

Arret à l’entrée de Dunche pour prendre nos permis de trek.nepal2007100.jpg

C’est à la tombée de la nuit que nous arrivons enfin à bon port!!nepal2007107.jpg

Jeudi 25 octobre:Après une nuit très confortable dans une guest de « Shiabubensy »(1450m) nous entamons la marche en direction de « Lama hotel ». Première passerelle himalayenne décorée de khatas (écharpe traditionnelle tibétaine servant aux offrandes) et de drapeaux (« wind horse »: chevaux du vent) qui dispersent dans les airs les prières .nepal2007154.jpgNous longeons un « camp de réfugiés tibétains ».

L’ascension se fait dans une magnifique forêt où les rhododendrons géants nous font regretter de n’être pas là en mars-avril lorsqu’ils sont en fleurs! Mais la végétation nous captive tout de même par sa beauté toute « tropicale ».

Les oiseaux et les singes nous accompagnent de leurs chants et de leurs cris, de magnifiques fleurs rouges que dévorent les singes jonchent notre passage.nepal2007257.jpg Accrochés au flan des parois de la « Langtang river » nous apercevons d’énormes essaims d’abeilles, tous nos sens sont en éveil! Nos accompagnateurs sont contents, ils chantonnent tout en marchant et nous abreuvent de commentaires sur la nature environnante.

« Tea time » à l’hotel « Namasté ». (Lorsqu’ils nous sentent fatigués, les porteurs nous disent: »_tea time five minutes » c’est fou ce que ça fait du bien!!!

Nos guides et porteurs ont, durant cette première montée, pris la mesure des capacités du groupe: un guide s’est posté en tête, l’autre ferme la marche. Les porteurs ne laissent jamais plus de 2 mètres entre eux et les femmes du groupe, prêts à les soutenir à la moindre difficulté!!! Ce qui n’est pas si pratique lorsque ces dames ont besoin de s’isoler pour satisfaire à un besoin naturel!!!Mais leur gentillesse est tellement grande que cette proximité est finalement très sympathique.

Arrivés vers 17h à « Rimché »(2455m)Nous passons la nuit au « Moon light guest house » où un petit garçon malicieux nommé Tenzin, je crois, fait la joie des touristes par ses pitreries!

Vendredi 26 octobre: randonnée dans la forêt primaire d’où nous pouvons voir, au travers de magnifiques lianes, un des plus haut sommet de la chaine du Langtang: le Gengko Lirun (6581m).

Pause thé (tea time) à «  River side »(2769m)nepal2007133.jpg artisanat tibétain. Nous croisons des femmes lourdement chargées de cantines en ferraille. nepal2007137.jpgNamasté!!! Bien qu’elles croulent sous leur charge, elles nous manifestent leur plaisir de croiser des européens.

Pause du midi à « Ghoda Tabela » (« là ou il y a des chevaux »),nepal2007136.jpg nous y rencontrons des villageoises en habits traditionnels, et faisons la connaissance de la femme notre guide Sonu.nepal2007143.jpg

Peu avant d’arriver, nous faisons une nouvelle pause des plus agréable: dégustation du yaourt de madame yack (la drie). Amateur de fromage blanc, je n’ai jamais rien dégusté d’aussi bon. Juste avant le village, nous traversons un immense pont suspendu, les éternelles khatas flottant au vent.

nepal2007190.jpg« Langtang village »:A peine sommes nous  installés dans la guest house, que nos guides s’activent en cuisine pour aider la maitresse des lieux à préparer les repas pour le groupe. Cette dame vit seule avec son fils de 11ans et la solidarité ici, est toute naturelle.

Au moment du repas, Bernard, un des membres de notre groupe, ne se sent pas trés en forme, il préfère se retirer dans sa chambre pour se reposer. Il est pourtant de constitution robuste et plutot « gros mangeur ». Nos hôtes lui préparent aussitôt une soupe à l’ail: il accepte de la manger, quelques instants plus tards: il est en pleine forme!!!

Samedi 27 octobre:P’tit déj’ en manches courtes dés 8 heures du mat’ (à plus de 3000m !) Vue sur le « Langtag Lirung ». Puis visite du « Langtang monestery » (guru rimpoche)nepal2007171.jpget du village avec sa boulangerie, sa fromagerie, ses bouses de yacks (qui, collées aux murs sèchent en attendant d’être utilisées comme combustible en hiver).nepal2007222.jpg nepal2007188.jpg

Photos, farniente sur la terrasse…nepal2007160.jpg

Nous évoluons dans le village avec le plus grand ravissement, les autochtones sont charmants, bien sûr nous sommes accompagnés par des gents du lieu, et donc accueillis de façon très naturelle et très simple.

« Dimanche 28 octobre: acclimatation à la haute altitude: montée jusqu’à « Kyangjin gompa » (3900) le long de la rivière, les « murs de mani »,qu’il faut impérativement contourner par la gauche, divisent le sentier.nepal20071981.jpg Sur les pierres qui les composent, entassées depuis des siècles, sont gravés les mantras et les représentations de déités bouddhiques vénérées par les tibétains qui habitent ces montagnes depuis plusieurs générations.

Les enfants des villages quémandent bonbons et stylos « pour aller à l’école »…

La vallée de la « Langtang Khola »(3780m)nepal2007215.jpg est toute en contrastes: sur notre droite, et jusqu’au fond devant nous, c’est une chaine enneigée qui nous surplombe (le Tibet se trouve juste derrière). Légèrement sur la gauche, une « petite » montagne d’aspect minier semble vouloir nous barrer le passage. Celui-ci nous mène, à gauche, jusqu’au monastère qui est situé au pied de la langue du glacier.nepal2007157.jpg

La chaleur est écrasante: nous prenons notre repas à l’intérieur du lodge « Nurling Kyangjin Gumpa ». Visite du monastèrenepal2007228.jpg nepal2007223.jpget de la fromagerie avec ses meules de 10kg.

Sur le retour, nous croisons des femmes qui rentrent des champs, chargées d’énormes meules de foin et de petit bois. « Namasté! » et un sourire accompagné du salut avec les mains jointes.nepal2007189.jpg

Le soir, nous sommes invités: d’abord chez Shonoo pour un thé tibétain.nepal2007234.jpg Devant la porte de la maison adjacente, nous attend Baboo, un de nos porteur, qui est fier de nous présenter le yack que lui a offert l’association à laquelle nous appartenions, quelques mois plus tôt. nepal2007231.jpgLa pièce principale chez Shonoo est bien sombre, noircie par la fumée du foyer, à même le sol, la fumée envahit l’espace car il n’y a pas de cheminée dans les maisons, seuls quelques interstices dans le toit permettent l’évacuation des fumées. Les yeux nous piquent, la gorge nous gratte, c’est avec soulagement que nous sortons prendre un bol d’air frais, mais c’est avec quelques appréhensions que nous nous dirigeons dans le noir le plus complet, jusqu’à l’habitation de Gyurme, où l’on nous attends pour déguster la « boum boum soup » (ail et pomme de terre; très bon pour l’altitude!!!).

 

Lundi 29 octobre: descente vers « Rimche ». Pause à « Ghoda Tabela » dans un lodge différent pour permettre à tout le monde de travailler.

Là nous croisons le chemin de porteurs qui font également une pause: l’un d’entre eux qui ne doit guère dépasser les 1m65 et les 55kg nous montre sa charge: 8 meules de fromage… Un des trekkeurs qui flirte avec le quintal tente de soulever son sac: 80kg!!!! impossible est français (dans le texte!!!). Le jeune porteur ne peut le soulever qu’en le faisant basculer sur son dos depuis le socle de pierres qui sert à reposer les charges sans avoir à les poser à terre!!!…Les rires fusent et les blagues aussi, ici ,toute les occasions sont bonnes pour sympathiser entre marcheurs, la gentillesse des népalais n’a d’égal que la beauté des montagnes qui nous entourent.

Mardi 30 octobre: descente de« Rimché »: Mais pourquoi on descendencore???

Au détour d’un sentier, la « Langtang river » a formé une étrange petite plage de sable fin!!! Nous ne manquons pas de faire les clowns et la photo !nepal2007251.jpg

La pause thé « tea time!!! *dixit nos amis accompagnateurs » nous permet de découvrir un charmant village où sèchent à même le sol, les céréales.nepal2007267.jpg Les les femmes, assises parterre tissent des ceintures multicolores.

Nous reprenons la montée jusqu’à « Thulo Syaphru »(2210m). tout au long du chemin, nous découvrons toutes sortes d’espèces de bambous, des plants de Marie Jeanne, et des cultures en terrasses, dont le cumin.

Le village est magnifique: tout en longueur sur une crête. La soirée sera musicale, en effet Sonu a dégoté un instrument local dont il joue avec talent: le « stouna ».nepal2007311.jpgnepal2007272.jpg c’est une sorte de petite guitare à 4 cordes dont il s’accompagne pour nous entonner des chants traditionnels tibétains et des montagnes du Langtang. Cela tombe bien! Je suis aussi guitariste, et après quelques minutes je peux maitriser l’instrument.

Mercredi 31 octobre:

Levée du soleil sur l’Himalaya: A travers les planches disjointent qui constituent les murs de notre lodge… Il fait grand beau,« Ganesh Himal » nous sourit sur fond de ciel bleu azur…nepal2007280.jpg

Départ pour « Cholongpati »: 1500 mètres de dénivelé.(en montée..)

Nous traversons des étendues de céréales qui sèchent au soleil, partout les cultures en terrasses occupent la moindre parcelle de terrain praticable.

Une rencontre inattendue: « service après-vente pour cocottes minutes » !!! Si, si, ce n’est pas les effets de plantes auxquelles nous n’avons pas touché!!! Un colporteur, se rend de village en village pour proposer les pièces détachées pour la cocotte minute familiale.nepal2007289.jpg

Arrivée au lodge: « Lirung view hotel » (3584m)

Et une bière et une!!!! nepal2007296.jpgPour fêter le bonheur de cette ascension et le paysage qui nous entoure!nepal2007293.jpg

Deux lodges sont accolés en forme de « U ». Nous logeons dans le premier, la dame de la guest d’à coté regarde avec envie les 12 touristes qui viennent d’arriver.. Par soucis d’équité, nous allons acheter plusieurs articles d’artisanat, des bières, du rhum, et des barres de chocolat dans la deuxième… Tout le monde est content!

Surtout nous, car la soirée est festive: nos guides nous montrent quelques pas de danse en accompagnement de leurs chants; nepal2007310.jpgnous leur chantons quelques airs français et leur apprenons comment se dansent le slow et le rock, joués par Jean Gilles à la stouna.nepal2007307.jpg(j’ai appris dans la montée!!!).nepal2007291.jpg

Jeudi 1er novembre: Au petit matin, à cette altitude, une couche de glace recouvre l’eau des bassins extérieurs. Durant la nuit à travers les planches formant les murs, on peut voir le ciel étoilé! Merci les bons duvets!

Départ pour les lacs sacrés de « Gosainkund »(4380)

Tea time à la « Bakery »

Pause céréales et photos au « Mandir »(4165m): de gauche à droite vue panoramique sur le Machhapuchhre; Ganesh Himal en premier plan (7406m) et le Langtang Himal nepal2007341.jpg(on en a fait du chemin!).

Nous franchissons le col à 4600 m pour rejoindre les lacs sacrés de « Gosainkund »: selon la légende c’est le trident de Shiva qui a transpercé le sol de ces montagnes pour y former les lacs.nepal2007333.jpgnepal2007328.jpg

Arrivée à l’ « hotel Lakeside » (4380m)nepal2007331.jpg sous un soleil de plomb, Maryse et Béatrice descendent jusqu’au bord de l’eau pour ramasser des pierres sacrées au bord du lac. nepal2007336.jpgNous, nous restons pour nous reposer, car l’altitude se fait sentir: mon souffle est court et j’ai besoin d’une heure pour retrouver mon état normal. Une de nos copine est vraiment  « dans les pommes » mais se remettra quand même pour la descente. Pourtant l’acclimatation a été bien gérée par nos guides, mais « le mal des montagnes » est totalement imprévisible.

Michel le plus courageux d’entre nous se lance jusqu’au sommet (à prés de 5000m) au dessus des lacs pour profiter d’une vue à 360 degrés.

Huguette et Colette ont eu beaucoup de peine dans cette montée, (le mal des montagnes…) C’est là que nos guides se montrent vraiment « pros»: elles sont encadrées et aidées pour une descente dont elles ne « touchent pas terre » véritablement portées par de jeunes et vigoureux bras qui les encadrent jusqu’à la guest, et tout cela en chansons!!!

Ce soir, personne n’a demandé son reste pour aller se coucher!!!

Ici, le lever du jour à lieu vers 6 heures du matin, et le coucher du soleil vers 18 heures, aprés nos pérégrinations dans les sentiers de montagne, tout le monde est au lit à 19 heures!

Vendredi 2 novembre: 

Départ de« Cholongpati »:  Dernier jours avec nos porteurs. Descente du retour vers « Dunché »: 2000 mètres de dénivellé (aïe! Les genoux!!!).nepal2007344.jpg

A la pause thé nous participons aux révisions scolaires de deux petits qui sont fiers de nous montrer leurs cahiers en piteux état.nepal2007345.jpg

Nous croisons une française qui fait le même trek que nous…Mais en sens inverse…Malgré notre fatigue, nous repartirions bien avec elle!!!Tashi Delek !Bon courage et bon vent!

Soudain à l’autre extrémité d’un pont, nous avons la surprise d’être accueillis par…Deux mitraillettes, leurs militaires… et …un hochement de tête en guise de laisser-passer pour les touristes que nous sommes.

Arrivée à « Dunché » ou le repas est vraiment le bienvenu. C’est aussi le moment de dire au revoir aux porteurs qui vont regagner leur village d’altitude: le Langtang.

Photos de groupe avant la séparation, distribution ds pourboires, et les voilà perchés sur le toit du bus qui les emmènera quelques kilomètres plus loin rejoindre ces magnifiques sentiers.nepal2007350.jpg

Samedi 3 novembre: retour vers KTM en « local bus ». l’état des routes s’est amélioré. Nous profitons une dernière fois du paysage: chaque parcelle de terre est cultivée, le long de la route, dans les caniveaux d’eau claire, sont empilés de beaux navets blancs pour les rincer. A chaque arrêt, dans les villages une multitude de petits vendeurs nous proposent de l’eau, des fruits découpés, des chips.

Ah, la route est bloquée car un autre bus devant nous a crevé: les manœuvres se font par guidage « au tap-tap » : l’assistant du chauffeur descend, et il frappe la carrosserie de rythmes bien précis pour dire: avancer, reculer, à droite, ou à gauche… Les roues sont quasiment dans le vide, tout le monde descend, s’assoit sur ses talons et attend tranquillement sur le bas côté au milieu des chèvres. nepal2007386.jpg

Tout le monde??? Non pas les touristes!!!!

Récit réalisé par: Framboise, Maryse et Jean Gilles. nepal2007214.jpg

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