2018 Au Népal en fevrier.

 

Nous fûmes quarante deux voyageurs dont une quinzaine de proveysards, à nous envoler vers le Népal, en ce mois de Février 2018.
Ce voyage impulsé par TPH a été organisé sur place par NAMLANG ECO TOURISM, agence de treks et séjours, gérée par TEMBA LAMA, notre ami tibétain, en parallèle de son activité au sein de « PAGODA», l’atelier de confection et d’artisanat, situé tout près du Stupa.
Alors que les durées de séjours s’échelonnaient de deux à cinq semaines selon les petits groupes constitués, une date commune de départ avait permis à Christian de réserver un transport collectif à partir de Saint Egrève.
Voilà donc une joyeuse équipée en partance pour le Népal!!!!

Pour l’anecdote, à l’aéroport de Genève, et déjà en salle d’embarquement, quatre personnes de notre groupe, vécurent un grand moment de « solitude « au comptoir d’Ethiad Airways, quand elles se sont vues annoncer qu’elles étaient en surbooking!!!
Mais, Eurêka ! Après l’appel d’environ 300 passagers par le personnel de la compagnie, notre groupe au complet, trouvait une place dans l’ A330, qui nous menait à l’escale d’Abu Dhabi.
Trois heures plus tard, nous embarquions dans un second vol pour Khatmandu.
Parmi nous, de nombreux jeunes népalais, travaillant toute l’année aux émirats dans les conditions que l’on sait, rentraient au pays pour de courtes vacances, depuis probablement une année où deux de dur labeur. Leurs sourires détendus, une fois installés à bord, faisaient plaisir à voir! On imaginait aisément leur hâte à retrouver familles et amis, particulièrement en ces périodes de fêtes.
Arrivés à KTM AIRPORT, le « moment VISAS « nous occupa un temps, avec bien sûr les éternelles interrogations qui fusaient ça et là, dans le groupe, au moment de remplir le questionnaire destiné aux étrangers.
LASTNAME, FIRSTNAME: « Dis, tu te souviens, c’est lequel le nom de famille «?
Depuis la dernière fois, en 2013 pour moi, de la nouveauté et de la modernité pourtant: en effet, de charmantes employées viennent au secours des voyageurs, les engageant à scanner la première page du passeport sur de grosses bornes informatiques.
On ressent alors comme une certaine fébrilité, une hâte à en avoir fini avec ces formalités incontournables, et pour ceux dont c’est la première venue ici, l’envie irrésistible, mêlée d’appréhension, de se colleter avec la rue, le Népal en vrai, Katmandu polluée, bruyante, agitée, mais aussi, souriante, hospitalière, accueillante…..népalaise, tibétaine, bouddhiste, hindouiste.
Temba fera tout de suite le lien, dès la sortie de l’aéroport par petits groupes, en reconnaissant les anciens et en accueillant les nouveaux venus, bien plus nombreux encore.
Il faudra au moins trois minibus pour venir à bout de nos bagages et nous conduire au cœur du quartier tibétain de Kathmandu, à Bodnath précisément, près du grand stupa.
C’est à la TI SE GUEST HOUSE, bien connue des voyageurs de TPH, que nous allons séjourner pour cette première semaine!
C’est certain ! Elle peut afficher complet!
Dès le lendemain, notre grand groupe, sera réparti auprès de trois guides népalais francophones afin de faciliter en autres, les visites des villes royales de Bakthapur, Patan, du centre historique de Khatmandu, et de Swayambunath, le temple aux singe, pour la semaine à venir.

SHIVARATRI

Et pour une première entrée en matière, ça démarre très fort, puisque nous nous rendons à pied à PASHUPATINATH, à la SHIVARATRI, grande fête hindouiste, célébrant l’anniversaire de la naissance de SHIVA, sur les bords de la rivière Bagmati.
SHIVA, c’est le dieu suprême, qui partage avec VISHNOU et BRAHMA la trinité hindoue.
Un peu sur les hauteurs, le toit d’or du temple du temple dédié, brille de tous ses feux en cette journée très ensoleillée, déjà de bon matin.
On continue de comparer Pashupatinath à BENARES en Inde, car sur les GHATHS ou berges de la Bagmati comme sur ceux du Gange, ont lieu les cérémonies rituelles de crémations des hindous.
La célèbre ShivaRatri, voit aussi affluer ce jour là, outre les pèlerins, les fameux SÂDHUS , venus du Népal mais aussi de l’Inde, pour honorer leur dieu Shiva.
Ces sâdhus ( les bons) appelés aussi « babas » ou « swamis », (ceux qui se possèdent) sont considérés comme des ascètes, ermites ou nomades, ayant renoncé à l’attachement matériel, peu vêtus et vivant de dons pour se nourrir. Ils peuvent appartenir à différentes sectes, ce terme n’ayant pas ici, la connotation péjorative qu’on lui connaît en Occident.
Ceux que l’on verra ce jour là, sont des sâdhus Shivaïtes bien sûr.
Souvent formés auprès d’un maître spirituel ou GURU, ils le quittent ensuite pour aller par les routes, d’un lieu sacré à un lieu saint.
Ils arborent une chevelure qui peut parfois atteindre plusieurs mètres, enduisent leur corps de cendre, symbolique de la destruction mais aussi de la renaissance, on distingue le trident de Shiva peint sur leur front.
Ils fument du cannabis qui les aide à la méditation, et à la séparation des biens terrestres, le justifiant ainsi comme une offrande sacrée à leur Dieu vénéré.
Au Népal, son usage totalement interdit et donc réprimé, est uniquement autorisé en ce jour sacré de ShivaRatri. Autour des petits sanctuaires disséminés sur les collines de Pashupatinath, les sâdhus se regroupent, et se font volontiers tirer le portrait, se passant un » joint « gros comme un barreau de chaise, pour le plus grand plaisir des touristes étonnés et ravis que nous sommes.

En quittant Pashupatinath, une paire d’heures plus tard, des images et des senteurs plein la tête, nous longeons, en sens inverse, une queue interminable mais très ordonnée de pèlerins, affichant une fervente dévotion, venus de tout le Népal pour honorer Shiva!
On a dénombré 100000 personnes cette année paraît-il !
Les dames vêtues de lumineux saris dans les tons rouge et orangé, ainsi que les jeunes écoliers ne sont pas avares en clins d’oeil amicaux et en salutations très gracieuses, le fameux « NAMASTE ».

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Cette première semaine, démarrée à Pashupatinath fût ensuite ponctuée de visites dans les autres villes d’art et de culture autour de Khatmandu et d’un repas de momos dans la famille de Temba.
Le LOSAR, ou nouvel an tibétain, donne à ces différents lieux, une coloration particulière pour la communauté tibétaine.
Traditionnellement, les festivités se sont terminées sur le stupa, le plus important d’Asie, repeint de blanc de chaux, et orné de motifs couleur safran, par la cérémonie de changement des drapeaux.
Les quatre paires d’yeux de Bouddha sur le dôme, représentant sagesse et compassion, semblaient toujours nous suivre du regard lorsque nous en faisions le tour, pour quelques KORAS, autour du majestueux édifice.
Très vite, chaque petit groupe d’amis a trouvé le chemin du stupa depuis la Tise Guest House, soit pour quelques koras ou bien pour aller dénicher, qui, un pashmina, qui, une statuette, un bol chantant ou du « Green Tea », dans les innombrables échoppes tenues par des commerçants tibétains.
Dès le lendemain, chaque groupe constitué, partait, pour un trek, une découverte culturelle, ou encore une escapade tropicale dans la région du TERAIL, frontalière de l’Inde.

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TREK SUR LES BALCONS DES ANNAPURNAS

J 1: de NAYAPUL (1100m) à ULLERI ( 1960m)

Nous serons trois, Jean François, Marion, et moi même à avoir choisi de partager ce trek: les Balcons des Annapurnas.
Dès la deuxième semaine de notre séjour, nous partions dans un mini bus pour la seconde ville du pays, POKHARA, au pied des Annapurnas: la grande route à deux voies qui la relie à Katmandu, est, certes, un peu de tous les dangers, tant le trafic des camions, des bus et des jeeps y est intense et ininterrompu, à toutes heures du jour et de la nuit.
La première fois, on est impressionné.
Après, il suffit de vérifier que la statuette de GANESH, le dieu à tête d’éléphant avec une seule défense, est bien en place sur le tableau de bord du conducteur de bus !
C’est généralement le cas dans la presque totalité des véhicules roulant au Népal. Sachons que Ganesh est un peu le dieu du quotidien, de la prudence, et celui qui nous évite les pires ennuis !!

Accompagnés de Pemba, Kesang et Naresh, guide et porteurs, et après un bon petit déjeuner à l‘hôtel ViewPoint de Pokhara, nous embarquons ce mardi 20 Février, à bord d’un petit fourgon, en direction de Nayapul; dernier arrêt pour les véhicules motorisés, dernier arrêt du bus.
Au delà, ce sera à pied ou à….cheval!
Le trek des « Balcons », c’est la randonnée d’un village à un autre en pays gurung, en boucle, et sur une durée de cinq à sept jours, sur le versant sud des Annapurnas, jusqu’à une altitude maximum de 3200m; ce que nous appellerions par chez nous un massif montagneux de belle hauteur, est facilement dénommé ici   »collines », par la population locale.
Bien sûr, en cheminant sur le trek des Balcons, nous nous trouvons en permanence devant le panorama saisissant et enchanteur des sommets mythiques, qui tutoient allègrement les 7000 mètres!
L’autre particularité du trek des Balcons, demeure dans ces milliers de marches d’escalier, entièrement façonnées par les villageois, et ce, depuis des temps immémoriaux; ils les gravissent journellement pour commercer, construire, aller à l’école et tout simplement vivre ici.
Au vu des pentes un peu raides que l’on gravît parfois, on peut aisément imaginer que ces marches, de toutes les tailles, toutes les largeurs et hauteurs, contribuent grandement à contrer l’érosion des sols, ravinés par les pluies de mousson. Ce chemin est utilisé jour et nuit, par les villageois, les randonneurs, et aussi par des caravanes de mules et petits chevaux, chargés de pesants matériaux de construction, d’équipements divers ou de lourds sacs de denrées.
À Nayapul, je m’arrête dans une petite pharmacie, où je demande un baume pour les douleurs; en effet je m’aperçois que j’ai laissé à Khatmandu, une réserve de trois tubes du miraculeux Rumalaya achetés à Tamel. Le pharmacien me donne le choix entre un équivalent de nos anti inflammatoires, allopathique bien sûr, de marque indienne et un tube de baume aux plantes, de facture népalaise.
Sans hésiter, je prends le second; il servira à adoucir le soir, à la guest house, mes genoux endoloris ainsi que ceux de Naresh, qui accusait dès le premier soir une fragilité à cet endroit, malgré sa belle jeunesse.
Une petite passerelle himalayenne au dessus de la rivière, et nous atteignons rapidement Birethanti, à 1100m, où notre guide, qui détient nos précieux sésames, va régler les formalités d’usage aux contrôles de permis, échelonnés sur différents points des Balcons.
Ces permis de trek sont relativement récents:
C’est en 2008 que le gouvernement népalais a créé le TIMS:
Trekking Information Management Système.
Ah! j’allais oublier: avant de démarrer ce fameux trek, un peu d’histoire tout de même!!
Le vocable « TREK » n’a historiquement rien à voir avec l’Himalaya, auquel il est pourtant de nos jours, communément associé. Il trouve son origine dans le terme de langue afrikaans : « TIRER » associé au « Grand Trek » ou grande migration des Boers, colons fermiers d’origine néerlandaise, depuis Le Cap vers l’intérieur des terres, en Afrique du Sud dès l’année 1830.
Son acception actuelle de randonnée en montagne, date du milieu du vingtième siècle. Définitivement, dans le langage touristique, on randonne en France, mais on va faire un trek au Népal.

Un soleil un peu timide nous accompagnera lors de cette première journée. Nous ne croiserons que quelques randonneurs seulement; Février attire beaucoup  moins de monde que les mois d’automne, qui voient affluer des milliers de trekkeurs du monde entier sur les chemins des Annapurnas.
Nous cheminons dans un paysage forestier d’espèces communes, de feuillus, de pins, d’épicéas et des fameux rhododendrons que l’on peut voir dès 1500 mètres.
C’est un peu tôt dans la saison; nous n’en verrons en fleurs de toutes les teintes de rouge, qu’à Ghorepani, beaucoup plus haut.
Les marches du sentier se chargent de nous mettre en jambes rapidement. Parfois elles semblent atteindre 50 cm de hauteur!
Sur les coups de midi, Kesang, Naresh et Pemba annoncent la pause déjeuner, incontournable en trek, et au Népal, d’une manière générale.
Ce sera des noodles aux petits légumes, préparés à la demande, servis sur la terrasse de l’Amrita Lodge. C’est si bon de s’affaler dans un fauteuil, de reposer la gambette et d’admirer le paysage de la colline qui nous fait face, en sirotant un Ginger Lemon Honey Tea, la boisson revigorante par excellence: j’en ferai une consommation sans modération, à toute heure du jour ou de la soirée au Népal.
Une météo brumeuse nous accompagnera l’après midi jusqu’à Ulleri, que nous atteindrons vers 16heures. Les altitudes affichées sur les pancartes des lodges, sur différentes cartes ou encore sur des sites web ne sont jamais tout à fait concordantes. C’est donc un « mix « de plusieurs données que j’indiquerai à côté des villages où nous nous arrêterons.
Cet escalier sans fin du premier jour, m’a rompu les os, les muscles, les articulations!
Est ce le premier jour de marche, le manque d’entraînement, ai je présumé de mes capacités ???
Nos trois accompagnateurs ont jeté leur dévolu sur la Majestic Guest House, au milieu du village. Nous montons nos sacs à dos dans nos chambres, qui se trouvent être…….. au premier étage d’un escalier extérieur, dont j’ai peine à gravir les marches, bien raides encore! Celles ci ont été faites pour des géants pour le coup! Oh my  God !
Et là, délicate attention, nous avons droit à une chambre avec « attached bathroom » ! Quelle chance!
Une bonne douche chaude contribue à atténuer la fatigue de la journée.
Après un rapide petit tour dans le village, quelque peu désert en cette fin d’après midi, nous rentrons au lodge.
Au milieu de la grande pièce commune du restaurant, le poêle commence à ronfler, les randonneurs font sécher un peu de linge, bouquinent, ou bavardent tranquillement.
C’est 18h passées, en ces latitudes, la nuit est là très vite. A l’extérieur, les lumières commencent à éclairer les chaumières ici où là, la brume s’intensifie, effaçant les reliefs alentour.
La commande du repas du soir a déjà été passée, dès notre arrivée dans l’après midi. C’est coutume ici, en trek surtout, où l’on retrouvera une carte de plats, quasiment identique dans toutes les guesthouses où nous ferons halte; mais, avec le grain de sel particulier de la maîtresse de maison ou du cuisinier!!
Traditionnellement au Népal, la boisson du repas est apportée à table pendant que l’aubergiste mitonne le repas.
Pour le dîner, ce sera une Everest ou une Gorka, que l’on partage souvent, car les bouteilles de ces bières locales affichent souvent plus d’un demi litre…..
Les portions des plats sont généreuses et on variera chaque soir les plaisirs entre le dal bhat,plat national, le rice, les noodles, « veg » ou avec du  » chicken « , les pakoras ou beignets de légumes.
Nombreux ingrédients, que l’on aura vu transportés à dos d’homme, ou sur le flanc des mules, dans de petites nacelles en bambou.
Pour sûr, on en connaît le prix !
Un des attraits du trek pour moi, qui ne cultive d’aucune manière la performance physique, ou le dépassement de soi, c’est surtout la rencontre!
Comme chacun sait, elle est toujours improbable, imprévue, ou de circonstance, presque toujours sans lendemain.
Mais qu’importe !
Elle associe le souvenir d’un échange, à un lieu, un moment, à des femmes, des hommes ou des enfants.
Eh bien, ce premier soir, autour du feu de la Majectic GuestHouse, un couple asiatique, d’une cinquantaine d’années et leurs deux enfants se réchauffaient autour du poêle.
J’engage auprès d’eux la conversation, dans un anglais de voyage approximatif. Madame, puis son mari, enchaînent aussitôt à mon encontre dans un français impeccable !!!
Bien sûr, méprise totale et sourires entendus!
Monsieur, arrivé très jeune en France avec ses parents, a habité une banlieue parisienne que je connais parfaitement. Installé avec sa famille, depuis une dizaine d’années à Shanghai, il revient régulièrement en France.
On échangera un petit moment sur la Chine, la France et sur la passion partagée par cette petite famille pour le trek en montagne. Ils parlent déjà de revenir au Népal l’an prochain, au Langtang….dont bien sûr je leur dis grand bien.
On s’apercevra le lendemain matin avant de repartir….chacun poursuivant son chemin.
Sur un tout autre sujet et paradoxalement, nous aurons beaucoup de difficultés, surtout en début de trek, à partager le repas du soir avec notre guide et nos deux porteurs. Nous ne manquerons jamais de leur proposer chaque fois pourtant. Mais, une certaine pudeur peu être, une façon de faire, une coutume…que sais je ?
C’est une affaire compliquée !
Très souvent les guides et porteurs se retrouvent et partagent leur dîner avec les aubergistes dans la cuisine.
Ils sont, il est vrai, pendant toute la journée si près de nous, attentifs au moindre faux pas, ou au moindre signe de fatigue, que l’on a du mal à les quitter.
Je crois que ce premier soir, l’extinction des feux eût lieu à 19h30, bien au chaud au fond du duvet, et GOOD NIGHT !

BIRHETANTI1GORHEPANI5 ULLERI1

J 2 de ULLERI à GHOREPANI (2920m)

Nous repartons à l’assaut de cet escalier de l’impossible en direction de Ghorepani.Le paysage de terrasses que les paysans commencent à amender avant les premières semences, cède la place à une forêt où les rhododendrons sont rois.
La brume est tenace et donne une coloration un peu étrange à l’ensemble. Les rodhos, qui attendront la fin du mois avant d’éclater en bouquets rouge vif du haut de leurs dix mètres, sont ici en abondance. Les tronc élancés aux écorces brunes et rougeâtres, les branches basses, d’où pendent mousses et lichen vert de gris, nous livrent pour le moment un décor tourmenté.
Nous arriverons à Ghorepani, en tout début d’après midi, un peu fourbue pour ma part, au milieu d’un brouillard bien épais déjà. Super View Guest House, tout en haut du village, sera notre point de chute jusqu’au lendemain. Ce midi, Kesang, Pemba et Naresh se seront installés près de nous, dans la salle de restaurant. On s’y régalera d’excellentes pakoras, beignets de légumes frits dans de la pâte de pois chiche.
Pemba n’est pas en forme cet après-midi. On lui fait passer quelques remèdes. Par ailleurs, il nous informe que la montée à POONHILL est très compromise pour le lendemain, au vu du brouillard qui enveloppe tout le village. Avec Naresh et Kesang, ils engageront une partie de cartes en compagnie d’autres guides et porteurs. N’ayant pas le pouvoir de changer la météo, nous descendons dans le village faire un petit tour.
Les maisons en pierre se tiennent côte à côte, le long d’une ruelle centrale, où deux échoppes sont particulièrement attractives pour les touristes: nous y trouverons une cape de pluie, manquante dans l’un de nos bagages, de très belles cartes postales, des bonnets et serre-tête très colorés, et aussi des friandises réconfortantes pour les coups de « mou » sur les marches d’escalier!
Au moment de rejoindre nos chambres, Kesang nous invite à jeter un œil par la fenêtre sur le coup des quatre heures du matin, et si la nuit noire est étoilée, dit il, alors nous partirons dès cinq heures pour PoonHill.
Chic alors! L’idée de devoir y renoncer, si près du but, nous chagrinait un peu mais bien sûr, devant les éléments, on se serait incliné!
À cinq heures pétantes, nous sommes « ready «, quand Kesang vient tout doucement frapper à la porte. Nous partons sur le champ, munis de gants, bonnet, et frontale.
Le clou du spectacle sur les balcons des Annapurnas, le summum, l’apothéose, le must, c’est de se rendre sur le belvédère de POONHILL (3253m), au lever du soleil, avec vision totale sur les grands sommets. On y sera!
En trois quarts d’heure, dans la nuit noire et glacée, nous gravissons les 400m de montée……de marches……d’escalier ! Nous y sommes !
Pemba est resté se reposer, toujours un peu patraque . Notre groupe de cinq est dans les vingt premiers à arriver sur la plateforme de PoonHill, et en se retournant, vers Ghorepani, on aperçoit dans la nuit encore étoilée, un chemin de frontales ininterrompues, arriver vers nous.
A 6h30, nous serons bien 300 à commencer à mitrailler de toutes parts, les grands des Annapurnas:
DHAULAGIRI (8167m), ANNAPURNA 1 (8091m), 2, 3,
ANNAPURNA SOUTH (7219m), HIMCHULI (6441m),
MACHAPUCHARE (6993m), apparaissent, éclairés par le soleil naissant un peu orangé.
Il fait très froid, j’ai l’onglée, mais je suis ravie d’être là;
Naresh et Kesang sont aussi très heureux. Nous immortalisons la scène sur la traditionnelle photo devant la pancarte bien entendu.
Autour de nous, photographiant tous les sommets, des européens, des américains du Nord et du Sud, des australiens, des chinois…..s’extasient tout comme nous, devant un panorama aussi saisissant.
L’impression que les amoureux de l’Himalaya, venant de tous les coins de la terre, se sont donnés rendez-vous ici, à Poon Hill, pour célébrer en commun ce lever de soleil merveilleux, magique.
Mais, du fond de la vallée, monte un brouillard qui va probablement s’installer pour la journée; il est déjà 7h45: nous entamons la descente vers la guesthouse où nous attendent de savoureuses crêpes chocolat bananes, et du thé noir brûlant.
Il nous faut tout cela pour enchaîner jusqu’à Tadapani, après le petit aller retour à PoonHill. La brume a maintenant totalement envahi le village.

POONHILL7 POONHILL6 POONHILL5 POONHILL4 POONHILL3 POONHILL2 POONHILL1

J 3 de GHOREPANI à TADAPANI (2675m)

 

Nous démarrons par une ligne de crête repérée la veille sur une carte, à découvert, avec ici ou là quelques gigantesques rhododendrons, les seuls à être en fleurs que nous verrons. Juste avant d’arriver en forêt, sur une étendue d’herbes sèches, des drapeaux de prière flottent au gré d’une petite bise. On descendra un bon moment, sans trop de marches cette fois, en traversant une rivière tempétueuse, la Bhurungdi Khola, bordée de nombreux cairns. On sort les capes de protection, la pluie arrive et tombera une heure durant.
Nous en profiterons pour faire la pause déjeuner en compagnie d’une équipée charmante de coréens, (du sud nous précisent -ils d’entrée), bien décidés à bavarder. Ils ne manqueront pas de sortir le « Samsung » de dernière génération, posé sur une longue perche, et de nous prendre en photo avec eux. Ils seront très honorés quand je leur dis avoir vu sur Arte, la semaine précédant notre départ, un reportage sur leur pays, la Corée du Sud. Ils nous livrent quelques infos sur les JO, nous avions oublié ! et nous leur rappelons les temps forts de ceux de Grenoble, en 1968, il y a cinquante ans!!
Alors qu’ils s’apprêtent à remonter vers l’ABC (ANNAPURNA BASE CAMP), nous descendons sur Tadapani.
Un bon moment encore, de conservations amicales partagées, aux sujets inépuisables.
Il nous faut repartir vers de nouvelles aventures, encore une petite montée d’escalier de 700 m.
C’est comme à la colo le troisième jour: le coup de mou dans les gambettes, et au moral. Vraiment épuisée, je fais de rapides calculs de dénivelés positifs et négatifs depuis ce matin 5 h, il se remet à pleuvoir, la brume s’épaissît encore, la forêt de rodhos est de plus en plus inquiétante …..
Mon rythme est cassé par les nombreuses pauses que je fais toutes les 10 marches, toujours plus hautes et irrégulières. Naresh ou Pemba se relaient à mes côtés, calant leur pas sur le mien, toujours attentionnés.
À un moment donné de découragement, je leur dis tout de go:
BALCONNY ANNAPURNA TREK: FIRST TIME LAST TIME!
« Première et dernière fois » !!!
Ils se doutent bien du second degré; je le vois à leurs sourires malicieux mais bienveillants, toujours .
Notre arrivée à Tadapani se fera dans la brume, le crachin himalayen et un froid de canard ! Nous ne verrons rien du panorama grandiose qui entoure aussi ce village. Dommage!
Mais nous ne maîtrisons pas les éléments météorologiques, une fois de plus.
La salle commune de l’Annapurna GuestHouse, en haut d’un escalier de bois, est glaciale, à une heure où habituellement l’aubergiste a déjà fait le feu; c’est Kasang qui s’y collera le premier.
La douche, en bas, dans la cour, est aux quatre vents: pour sûr, ce soir, on se passera de la douche !
Dès que les bûches crépitent, on se retrouve en cercle autour du poêle, pendant que nos vêtements mouillés sèchent, et l’on engage la conversation avec les quelques trekkeurs installés avec nous.

Ils sont trentenaires et indiens; l’un est dans le commerce de chaussures avec l’Afrique du Sud, son amie vient d’ouvrir à Bombay une boutique de produits en soins naturels, un autre est enseignant à Delhi; ils ont en commun une passion pour la marche en montagne, et bien sûr pour ce petit pays frontalier avec l’Inde.
Ensemble, autour d’un thé, nous voyagerons de Chennai à Pondichery, de Jaiselmer à Cochin, de Mahaladipuram à Goa, de Bundi à Auroville! Autant de lieux magiques d’un pays qui m’est cher aussi.
Ils avoueront ne pas connaître toutes ces villes et on conviendra en riant tous ensemble, que leur pays est aussi grand qu’un continent!
Encore une rencontre sans lendemain bien agréable après une bonne journée de marche.
Quand l’aubergiste nous apportera les repas, je suis tellement submergée de fatigue que je ne pourrai avaler ce soir là, le moindre grain de riz de mon « rice végétables »; ma seule concession au dîner sera un excellent ginger lemon honey tea.

J 4 de TADAPANI à GHANDRUNG et LANDRUNG (1500 M)

Nous partirons assez tôt le lendemain; le ciel bleu, intense, et le soleil déjà haut, nous accompagnent et nous ravissent.
Le paysage est davantage diversifié. Ici où là, des buffles noirs à la peau luisante font leur apparition dans des coins d’herbes fraîches et goûteuses ou encore des petits coins de bambous, dont ils font leurs délices.
Et toujours un ballet incessant de trekkeurs sur les chemins, de villageois dans les hameaux, occupés à bêcher, sarcler, préparer la terre des parcelles en terrasses, où bientôt, pousseront le riz,le maïs ,les légumes .
Concernant Naresh et Pemba, je sens bien qu’ils ont parfois le mal du pays et de la famille. A chaque étape, ils ne manquent pas de communiquer avec leurs épouses et leurs enfants, qui très jeunes, sont totalement rompus à la communication par smartphones interposés.
Pemba, lui, nous enchantera tout le long du trek, avec son téléphone, qui égrène des chansons villageoises, très joyeuses, bien connues au Népal, et déjà entendues au LANGTANG.
Sur les coups de onze heures, nous arrivons à GHANDRUNG, très beau village « Gurung ». Les balcons de bois des maisons blanches débordent d’œillets d’Inde orangés très lumineux, donnant à l’ensemble un petit air cossu.
Les Gurungs sont l’ethnie prédominante dans la partie méridionale des Annapurna, de religion bouddhiste ou hindouiste.
C’est entre autre, dans cette ethnie, que les armées indiennes et britanniques engagent encore les jeunes à intégrer les régiments de Gurkhas, qualifiés de vaillants guerriers par l’empire britannique en son temps.
Nous visiterons le musée, le Old Gurung Muséum, qui se tient dans une petite maison; on y découvrira différents outils servant à l’agriculture, à la récolte du miel, des objets usuels du quotidien, des khukuris, couteaux aux belles lames courbées, des berceaux, nasses, paniers, tissés en bambou ou encore des petites ruches traditionnelles.
Nous reprenons notre descente vers la vallée encaissée de la rivière MODI KHOLA, cette fois sous un soleil bien agréable.
Les mythiques sommets enneigés sont maintenant à portée de main ! Ils nous semblent tellement proches!
Il est l’heure de la pause et nos amis népalais nous invitent à déjeuner sous une tonnelle ombragée d’une charmante auberge. Sur la terrasse, étalés sur d’immenses plateaux, sèchent des champignons qui ressemblent fort à nos trompettes chanterelles.
Nous découvrons d’ici, notre étape du soir, le village de LANDRUNG, sur la « colline » d’en face, que nous atteindrons après une montée d’à peu près huit cents mètres.
Une passerelle himalayenne flambant neuve nous mènera sur le versant opposé, où cheminent des villageois qui remontent chez eux, de lourdes charges sur le dos.
C’est à l’Hotel Hungry Eye que nous nous posons pour la nuit.
J’ai toujours du mal à donner une traduction satisfaisante au nom de cet hôtel:
Est ce, stricto sensu « l’hôtel de l’œil affamé »? Ou bien l’hôtel des yeux gourmands …..du panorama alentour ?
Je ne le saurais jamais!
Une grande bâtisse de briques peintes en blanc et bleu, un auvent en bois courant tout le long, ménageant une belle ombre, et des buissons fleuris plantent un décor plutôt accueillant.
Les chambres y sont cosy aussi; la patronne a elle même brodé les oreillers d’un « Sweet Dream » (doux rêves) tout à fait charmants.
Elle nous régalera aussi d’excellents momos (raviolis de légumes ou de viande), avec la bonne sauce, délicieusement piquante, qui va avec.
A la table commune, un jeune couple de Français qui revenait du Dolpo, où ils œuvrent dans des missions éducatives et sanitaires.
Un moment d’échange intéressant, sur les projets à venir de TPH au Langtang, sur ceux de leur association dans la Drôme.
Cet accueil vraiment très chaleureux de l’hôtel, se confirmera dès le lendemain matin. En effet, sur la pelouse, devant les chambres, à été installée une belle table pour le petit déjeuner : devant l’ANNAPURNA SOUTH, excusez du peu!, sur lequel dardent les premiers rayons du soleil.
Rien que cela! Nous immortaliserons ce moment tous les six avec de nombreuses photos!
Le beau temps s’est résolument installé dans la région.

J 5 de LANDRUNG à POTHANA ( 1890 M )

Nous repartons de LANDRUNG, bien reposés, encore sous le charme de cette halte bien agréable.
La vue est maintenant très dégagée; moins de forêts et davantage de terrasses, étagées sur des pans entiers de montagne, certaines toutes vertes de cultures précoces, d’autres encore parsemées de petits tas de fumier.
Nous traverserons encore des petits hameaux, nous glisserons un billet dans une boîte pour la rénovation d’une école, alertés par un enseignant du village.
Enfin, nous croiserons un joyeux groupe de jeunes militaires en entraînement, descendant en courant, d’un pas très assuré, une belle sente boisée. Pas moins de cinquante Namaste seront échangés ……
Notre dernière nuit sera à Pothana, dernier village des Balcons pour notre petit groupe. Mais il peut aussi constituer une première étape pour ceux qui organisent leur trek en sens inverse.
On y retrouvera donc un centre de contrôle des permis de treks dont le tampon final figurera sur nos papiers. C’est la Guest House Shangri La qui nous accueillera pour cette étape.
La salle vitrée nous laissera apercevoir le MACHAPUCHARE dans toute sa splendeur au soleil couchant. On le reconnaît aisément à son sommet en queue de poisson; c’est d’ailleurs la signification de son nom en népalais. Il revêt un caractère sacré et les hindouistes évoquent à son endroit la demeure de Shiva.
Pothana sera notre dernière étape sur le chemin des balcons.

 

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Le lendemain matin, les duvets calés au fond des sacs, nous repartons pour la vallée, en dévalant presque les mille dernières marches…..
A Phedi, nous attend un véhicule qui nous ramènera à Pokhara en début d’après midi.
Nous flânerons sur le bord du lac avant de se retrouver tous les six, à la nuit tombée, dans un magnifique restaurant en plein air, pour y déguster un très bon dîner, tout en regardant un spectacle de danses traditionnelles.
Pemba, Naresh et Kesang avaient spécialement demandé une table devant la scène!!!!
Pour nous faire plaisir bien sûr; et comble de joie pour nous, nous étions tous les six à la même table!
Naresh, rappelé dans son pays Tamang, nous quittera le lendemain avec le premier bus.
Nous resterons encore une journée à Pokhara, avant le retour vers Katmandu, laissant déjà entrevoir, la fin de notre séjour au Népal.

LANDRUNG9

 

A mon retour à Proveysieux, en dépliant une carte du Népal, j’ai vu qu’à l’est de Khatmandu, en allant vers l’Everest, le pays des Sherpas m’était complètement inconnu……..

Martine Grabowiecki

 

2014. Le VOYAGE de FRAMBOISE en 2014

Le TREK de FRAMBOISE en 2014
Album : Le TREK de FRAMBOISE en 2014

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Comme chaque année, notre amie Framboise part faire un trek au Népal. Elle nous relate ici le huitième épisode de ses périples sur les sentiers himalayens: le « Mardihymal Tour » et nous fait admirablement partager son amour de ce pays.

 

« Namaste namaste


Me voilà dans les starting-blocks ! Demain départ de la famille à 6h15 pour prendre le bus à 7h, direction Pokhara, d’où on partira d’abord en taxi le lendemain matin… pour attaquer la première étape du trek le jour même. Ce sera parti pour 2 semaines, alors côté connection, on verra bien…

Côté nourriture, j’ai fait une cure de légumes (en plus du riz qui est de rigueur), car plus on va monter, moins il y en aura. Qui plus est, la saison est déjà bien avancée…

Alors comme j’ai un souvenir plutôt… comment dire… glacial (!) à une certaine altitude en décembre, je suis allée m’acheter un anorak pliable. Je pense qu’il me sera utile !!!

Je vais me plonger dans ma courte nuit. Je dormirai dans le bus.

Bonne nuit. Bises de Kathmandou.

 

 

 

Lundi 1er décembre

Pokhara –> Naya Pul –> Tikhedungga
Hé bien, me voici replongée dans le Népal typique !

 

#Pour commencer, le petit déj’ :

à notre hôtel habituel, ils ne servent plus à manger, donc il nous faut trouver où se sustenter. Gyurme (mon guide) me propose une boulangerie allemande, mais à être au Népal, je préfère m’y plonger totalement. On verra bien quand j’en aurai marre… Donc, je demande une omelette (comme ils savent si bien les faire) aux légumes (avant d’être restreinte de ce côté-là) : Ok, pas de problème ! 1/4 d’heure plus tard, toujours rien alors qu’il n’y a que 2 personnes à part nous (peut-être faut-il attendre que Dame Poule œuvre ?). Toujours est-il qu’on nous dit ne plus avoir le temps, ils sont trop occupés tout-à-coup. Qu’à cela ne tienne, on change de crèmerie et rebelote, je demande mon omelette aux légumes ! Là, c’est pas possible car c’est trop tôt pour avoir eu le temps d’aller chercher les légumes. A la place, on me propose un sandwich… aux… aux… LÉGUMES!!!! (Euuuh… là, j’ai pas tout compris !?!?!?) En fait, mon guide m’explique qu’ils vont le chercher ailleurs (déjà tout prêt). Pour faire court, j’ai quand même eu mon omelette… aux oignons ! Arf ! Arf !

 

#Ensuite, le trajet en taxi jusqu’à Naya Pul :

1) A un moment, on rencontre un petit bouchon (1 minibus et 5 voitures derrière un gros camion vraiment très près de la roche, dans notre sens; et à peu près une dizaine de véhicules dans l’autre) avec un attroupement assez conséquent au point de rencontre le plus étroit : serait-il impossible de se croiser ? Non non, ça passe si chacun empiète sur le bas-côté (bah, c’est monnaie courante ici !). Non non, c’est juste que le pneu avant gauche est… comment dire… légèrement… éclaté. Alors il faut d’abord éloigner le monstre de la paroi pour avoir de quoi œuvrer (je rappelle qu’ici, la conduite est à gauche) donc chacun y va de son petit conseil ou commentaire; trouver une roue de secours (qui arrive assez vite) et faire l’échange avec… un PETIT cric (qui, heureusement, n’a pas fait « CRAC » !).

Finalement, ça n’aura pris que 45 minutes, à côté des 2h30 d’attente en 2007 pour le même problème avec un bus (là, la queue était longue de plusieurs dizaines de bus dans les deux sens). Bon, et tout ça avec pratiquement pas de coup de klaxon ! Alors que, paradoxalement, ils ne savent pas rouler sans sa « douce mélodie » !

2) Après avoir repris la route, v’là t’y pas que notre chauffeur de taxi se gare subitement (ça lui a pris comme une envie de pisser !) sur une petite aire et se met en tête de nous faire descendre, alors que nous ne sommes pas encore à destination ! Gyurme ne l’entend pas de cette oreille, le chauffeur a des mouvements de poignet côté montre, mon guide côté porte-monnaie… le ton est descendu aussi vite que ce qu’il était monté, et nous voilà repartis… à un train d’enfer! Furieux, qu’il était ! Heureusement, personne en face, mais les bosses et les nids de poules, on les a sentis passer !!!

Après un bon thé au lait et un pain népalais, on n’était pas mécontents de faire la seconde partie à pied !

 

C’est ainsi que nous avons entamé le trek à proprement parler.

Un mélange de montées et de descentes (qu’ils ne savent pas totaliser) au milieu de la magnifique campagne népalaise, faite de cultures en terrasses de riz, de légumes à feuilles vertes ou de terre encore retournée à l’ancienne avec une herse tirée par un buffle. Bref, la petite mise en jambe a débuté avec un total de 280 mètres de descente et 720 de montée, jusqu’à un lodge bien propret, que ce soit chambre ou sanitaires. Et du balcon, j’ai eu droit au jeu des singes à même pas 100 mètres! Vive le dépaysement !!!

Mardi 2 décembre

Tikhedhunga –> Banthanti

 

Nous sommes partis avec un ciel bleu parsemé de-ci-delà d’un soupçon de nuages et même pas 10 minutes après, on s’est retrouvés en polo. Il faut dire que cette étape n’est faite que de marches… totalement irrégulières (sinon, c’est pas marrant) ! Pas de répit ! Mais la cadence est bonne. Il était prévu de marcher 3 heures, nous avons mis 2h40 en rajoutant 200 mètres. Mais il n’en sera pas toujours de même. Plus nous grimperons, moins je fanfaronnerai…! Là, nous ne sommes qu’à 2200 mètres.

Côté paysage, c’est toujours la campagne, mais plus arborée et… des lodges, des lodges, des lodges… A se demander s’ils y trouvent leur compte, tellement il y en a ! Apparemment oui, car d’autres se construisent et en bien dur, s’il vous plaît, non plus avec des planches et de la tôle comme c’est encore le cas dans d’autres régions moins renommées ! Que ce soit l’étape précédente ou celle-ci, on ne sent quasiment pas l’air passer dans les chambres et une bonne partie des sanitaires est carrelée. Perso, ça me fait tout drôle, je n’étais pas habituée à ça. Mais bon, on n’va pas s’plaindre, hein !

Bon, pour en revenir au paysage, au détour d’un virage est enfin apparu un sommet ( j’ai failli attendre !) : l’Annapurna Sud (7219m), puis un peu plus loin sur la droite, le Patal Huinchuli (6441m). Au fur et à mesure qu’on monte et qu’on se dirige vers l’Ouest, la vue se dégage à l’Est pour laisser enfin apparaître le Machhapuchhare (6997m), la fameuse montagne qui ressemble à une queue de poisson. Malheureusement, photo impossible, non pas que la bêêête se débattait, mais le ciel s’est couvert, comme la veille, jusqu’à ce que le ciel  disparaisse complètement une fois arrivés à la guest house (=lodge). Et là, j’ai souri en voyant 3 Népalais prendre place sur des chaises au bord de la terrasse face… au brouillard !!?!!?!! C’est le Népal ! Peut-être savent-ils le déchiffrer comme d’autres savent lire dans le marc de café, qui sait ? Pendant ce temps, moi je mangeais quelques légumes (yeeesss !) :

tomates, carottes et chou, en toute petite quantité, mais c’est toujours ça de pris !

 

Alors au total aujourd’hui : 120m de ↓ et 790 de ↑.

 

 

Mercredi 3 décembre

Banthanti –> Ghorepani

 

↓380m et ↑930m en 2h30

Marches et chemin ~ 50/50.

 

Même lodge qu’en 2011, lorsque nous avions fait le tour des Annapurna. La seule différence est que cette année, nous arrivons par un chemin différent. Par contre, demain nous reprendrons le même, car les deux prochaines étapes seront identiques.

Côté météo, aujourd’hui c’est grand bleu ! Du  coup, ce matin petit déj’ en terrasse, en face de l’Huinchuli et d’un tout petit bout de la queue de poisson, qui ressemblait plus, vue comme ça, aux deux oreilles d’un chat (peut-être avait-il profité du brouillard de la veille pour le manger ?)…

Vu la courte étape qui nous attendait, Gyurme m’a laissée me prélasser au soleil, avec douce musique népalaise en fond sonore, pendant 1h1/4 avant de sonner le top départ : elle est pas belle  la vie ?

Nouveauté : des poubelles partout dans les rues et… j’ai vu un « local » traverser la rue pour ramasser un papier qui traînait et faire le chemin inverse pour le jeter dans la poubelle ! (C’est bien ! Ça vient !)

 

 

Par contre, ce qui a du mal à changer, c’est la question du portage (schcreugneugneu !!!) : je faisais le pied de grue en attendant le coucher du soleil et là, qu’est-ce que je vois ?… Un porteur avec 3 sacs à dos en position debout et un autre posé dessus en travers !!!…

puis un autre porteur… et un troisième… Bravo les agences qui autorisent ça, alors que publiquement elles s’en défendent ! C’est bien dommage que j’étais  trop loin pour déchiffrer leur nom… je les aurais bien dénoncées !… Bon, c’était le coup de gueule du moment…

J’enchaîne avec une (autre) nouveauté dans le trek (je verrai bien si ça se fait ailleurs) : ce soir, j’ai eu la possibilité de manger une pleine assiette de légumes vapeur (chou blanc, chou-fleur, brocoli, carotte, haricots verts, poivron vert) et tout ça cuit « al dente », hmmm… Alors oui, je sais, j’insiste beaucoup avec mes légumes, mais c’est que jusqu’à présent, lors des treks, il fallait jongler avec riz, pâtes de toutes sortes, pommes de terre, riz, pâtes… vous avez compris ! Alors ça mérite d’être signalé !!!

 

Jeudi 4 décembre

Ghorepani –> Tadapani

 

3h30 pour ↑700m et ↓880m.

Sentier, pour le plat, sinon que des marches… et quelles marches ! D’une hauteur ! Vive les bâtons !! Il faut être constamment à la recherche du moindre petit interstice, ou morceau intermédiaire qui dépasse, que ce soit caillou, branche, motte de terre dure sur les bords, pour s’économiser…(pfffff !!!!!!) Et une fois arrivés au lodge, le même qu’en 2011, ce sont des marches hautes comme mes tibias qui nous attendent ! (Outchhh… !) Oui, je sais, je suis pas bien grande, mais quand même ! Eux non plus ne sont pas grands, mais il faut dire qu’une fois délestés de leur charge, ils volent littéralement !

Sinon, une bonne douche bien chaude (chauffe-eau au gaz) a été la bienvenue, car depuis le départ, c’était au gant et à l’eau froide ! (Brrrrrr….!!!!!)

Ce qui a changé dans le lodge, c’est la façon de chauffer la pièce commune. Avant, sous chaque table, il y avait une espèce de fosse avec plusieurs petits chaudrons, que nos hôtes venaient régulièrement alimenter avec du charbon de bois et/ou des braises  pour maintenir nos pieds au chaud. Et pour éviter la déperdition de chaleur, il y avait de fines couvertures (fixées sur une espèce de tendeur), tout autour de la table, qui pendaient jusqu’au sol. Là, les couvertures sont toujours en place (elles tiennent chaud aux cuisses !), mais les fosses sont comblées. Ils sont passés au poêle traditionnel. Et comme d’hab’… quand ils le mettent en route… ils laissent la porte grande ouverte !!! En fait, leur système n’étant pas très étanche, on a très rapidement les yeux qui piquent… qui pleurent… on tousse… alors le meilleur  compromis reste encore la porte ouverte, que nous nous empressons de pousser jusqu’à avoir une aération au minimum syndical autorisé.

Cette année, le brouillard s’installe dès 15h30, alors le magnifique coucher de soleil de mes souvenirs (rose, orange, violet, gris) ne se renouvellera pas sur le Machhapuchhare… mais le trek n’est pas fini !

 

Namasté…

 

Vendredi 5 décembre

Tadapani –> Ghandruk

 

1h45 pour ↓780m

 

Bain de soleil avant démarrer, pendant que guides et porteurs allaient auprès de sadous ambulants. Certains se faisaient lire l’avenir, d’autres se voyaient attacher (autour du bras par exemple) un petit paquet pas plus gros que l’ongle du pouce, dans lequel il y avait un morceau de papier écrit, des pigments naturels… ceci étant sensé les aider et /ou conjurer le mauvais oeil.

 

Toujours beaucoup de marches, mais de hauteur nettement plus raisonnable pour la plupart. Etape de descente, plus ou moins raide selon les sections, très glissante : une bonne partie du chemin se fait en forêt, à l’ombre donc très humide, en côtoyant de nombreux petits ruisseaux, ce qui explique mes quelques représentations de patinage (dont une particulièrement artistique, je dois dire) au grand amusement de Gyurme ! Au bout d’un moment, il finit par me dire en français, en essayant de garder son sérieux : « ça glisse! » (oui, sympa, merci, j’avais un p’tit peu remarqué !)… zziiiiiiipp ! Je suis quand même restée sur mes quilles (4 avec les bâtons) !!!!

 

Toujours du bruit ambiant, le Népalais n’étant pas du genre discret. Dès le lever du soleil, il attaque la journée par la mise en route de la carcasse, entendez par là de longs et répétitifs raclements de gorge suivis de… crachats (hééé oui, c’est qu’il faut aller le chercher loin, THE glaviot !!!). A croire qu’ils font un concours, quand on les voit tous alignés sur le bord de la terrasse, penchés au-dessus du vide… qui, soit dit en passant, s’avère être quelque fois le jardin duquel ils tirent les légumes !!… Très vite, le volume (très) élevé du portable se fait entendre, que ce soit la musique ou la sonnerie… et quand ils sont au téléphone, on a toujours l’impression que c’est avec un sourd ! Au début, je croyais même qu’ils s’engueulaient, c’est vous dire ! Aaaah, pour sûr, tout le monde profite de la conversation, à tel point qu’il arrive parfois que plusieurs personnes extérieures s’y joignent !… Bon, à ça viennent s’ajouter les chiens (eux, c’est surtout la nuit… la journée, ils récupèrent !), les coqs, les bébés, les enfants, les mères (jamais les pères) qui les interpellent d’une voix plus ou moins aiguë, les chants (le Népalais est d’un naturel très enjoué) qui sont en général très agréables à entendre. Pour l’ordre, c’est comme vous voulez (enfin, façon de parler !), ça varie d’un jour à l’autre. En plus, ce matin (…un lapin… mais noooonn, it’s a joke !), nous avons croisé une sorte de classe verte composée d’une bonne trentaine d’étudiants avec leurs porteurs… d’un gai, comme chaque fois qu’ils sont réunis… mais alors, quelle cacophonie, mes amis !!!! Pour sûr, le contraste était flagrant par rapport à la veille, quand je m’étais débrouillée pour me retrouver seule un moment dans la jungle : pas de bruit de pas, de craquement de branche, de conversation, de raclement de gorge, de musique, ni même de chant d’oiseau, RIEN, aucun son, le silence le plus complet. Je n’en ai profité qu’une toute petite minute, les mains appuyées sur le tronc d’un immense rhododendron, mais quel bonheur !… Sérénité absolue dans un décor sublime…. waoouuw !!

 

Arrivés à Ghandruk, je me suis remémorée certains lieux comme la maison où il y avait eu un mariage, les escaliers où notre amie Joëlle s’était foulée la cheville, le vieux musée de la culture ghurung que nous avions visité. Il a déménagé dans un bâtiment en meilleur état et plus grand.

Le lodge dans lequel nous posons nos guêtres est en fait un hôtel de 4 étages, tout en dur, avec fenêtres coulissantes (et hermétiques !) dans la salle du restaurant… mazeeeette ! Et Gyurme négocie pour qu’on ait une chambre sur la terrasse et au soleil… elle est pas belle la vie, franchement ?

Samedi 6 décembre

Ghandruk–> Landruk

 

2h pour ↓680m et ↑420m…

que des marches… de tous les gabarits…

 

Pendant 10 bonnes minutes, j’ai été accompagnée par une jeune biquette qui, de toute évidence, aurait bien aimé que j’aille gambader avec elle dans les champs ! Voyant que je ne la suivais pas, elle resautait les talus pour descendre quelques marches avec moi, puis nouvelle tentative de débauche de sa part, bien que je m’évertuais bêêêtement à lui faire comprendre que c’était NON… mais apparemment, je ne suis pas très douée dans le langage « chevresque » ! Ce qui m’a fait le plus rire, c’est quand je me suis arrêtée pour faire une photo : ne me voyant pas arriver, elle est remontée pour voir ce qui se passait. Ses bêlements n’avaient plus la même intonation. Pour un peu, je me serais faite remonter les bretelles, dis donc !!

 

Le village de Landruk s’est considérablement agrandi : que de lodges !… et une route où s’arrête le bus local… plusieurs fois par jour !

Notre lodge, le même qu’en 2011, a amélioré ses sanitaires : plus de dalle en béton sur laquelle on se frigorifiait les pieds, mais du carrelage pratiquement jusqu’au plafond. Et la wifi… malheureusement, il faut d’abord que je recharge, car ce fut impossible la veille â cause des nombreuses coupures d’électricité.

C’est le Népal…

 

Dimanche 7 décembre

Landruk –> Forest Camp

 

2h30 pour ↑1000m

Raide, uniquement dans la jungle, très humide et très glissant. Sentier mixte mais assez difficile (pour les 3/4 du temps) du fait de nombreux passages  dans des espèces de rigoles profondes de terre ou de roche franchement pas très larges (quelques fois, il est impossible de mettre deux pieds côte à côte), et pas mal de grosses racines en travers. Avec ça, il faut jouer des bâtons tout le temps pour se faufiler… se hisser… s’extirper… et éviter de dévaler…  car ce doux parcours bucolique se situe bien évidemment à la limite du vide (ah, ben sinon, c’est pas marrant !)…  que l’on devine seulement, vu le formidable enchevêtrement des nombreuses essences primaires.

 

Notre lodge se situe à 2600m, dans une oasis au milieu des arbres (pas de vue sur les sommets). L’emplacement est agréable. Il fait comme une espèce de clairière sur trois niveaux et les oiseaux de la jungle  se livrent à un véritable concert !

Nos hôtes vivent là toute l’année. Ils élèvent des buffles (lait bien moins crémeux que celui de la vache), des poules, ont un petit potager… et coupent du bois en dehors de la saison touristique. En plein hiver, ils disent avoir de la neige jusqu’au-dessus du mollet, jamais bien plus.

Avant de nous diriger vers ce lodge-ci, nous avions commandé un citron chaud dans un autre situé à deux pas… mais quand Gyurme est allé inspecter les chambres (literie sale) et que nous avons vu l’aspect et des tasses et de la boisson, on a changé de crèmerie… alors forcément, elle était pas contente, la dame ! Elle s’est mise à vociférer, Gyurme a haussé le ton, elle est retournée dans son antre…

Vu l’heure peu tardive à laquelle on arrive et le beau soleil, c’est shampooing et lessive avant même le repas… que j’engloutis avec bon appétit, au soleil toujours. La perruque est sèche en moins d’une heure !

 

Vers 2 heures, le brouillard se pointe : il est temps de se rentrer. Vers 3 heures, le feu est allumé dans la salle commune, qui n’est pas en dur, contrairement aux chambres, mais en tôles et en bois. Ici, les huisseries laissent passer l’air. Les sanitaires sont conformes au souvenir des années précédentes : en béton (frigorifiant pour les pieds, d’où les tatanes en plastiques dans le sac), avec une petite ouverture en guise de fenêtre… sans carreau ! Rappelez-vous que la porte n’est pas des plus hermétique… … …

Deux Hollandais arrivent un peu plus tard, frigorifiés… et nous nous retrouvons tous (guides respectifs et hôtes compris) en rond autour du poêle, nos vêtements en train de sécher au-dessus de nos têtes.

Vers 6 heures, notre hôte se précipite tout d’un coup (sursaut général !!!) sur sa puissante lampe torche et nous dit de le suivre dehors. Et là, pratiquement au sommet des arbres alentours, il suit dans son faisceau  un gros animal brun clair qui fait des bonds impressionnants d’un bouquet de branches à l’autre…

C’est bien trop gros pour être un écureuil ou un singe… Alors il nous explique qu’on ne le voit qu’en cette saison, qu’il ressemble à une espèce de léopard, à la différence que, quand il détend ses pattes avant, c’est comme s’il déployait des ailes. Ça lui fait comme une large bande de peau (poilue), style chauve-souris… jamais entendu parler… et pas pu voir non plus, d’ailleurs… Vu la distance parcourue en un seul bond (vol ?) et la corpulence de la bestiole… je ne sais que penser… Il nous a bien dit son nom en népali, mais on n’est pas plus avancés !…

 

Lundi 8 décembre

Forest Camp –> High Camp

 

5h15 pour ↓100m et ↑1400m

Cette fois, le sentier est tout en longueur, avec de courts passages raides. Plus on monte, plus on a des morceaux plats, je suppose pour aider à l’acclimatation, car nous dormons ce soir à 3900 m.

Là, il y a seulement deux lodges… rudimentaires. Larges planches disjointes recouvertes d’une bâche, avec toiture en tôle posée dessus sans aucune étanchéité (ça fait plus penser à un abri amélioré),  pour la salle commune. Pour la partie « chambres », c’est un grand carré en tôles divisé en quatre loges. Les parois intérieures sont faites de grands panneaux disjoints de contre-plaqué… le tout surmonté de la même toiture. L’autre lodge a le soubassement en pierres et ils sont en train de remonter les murs… Nous avons choisi le premier, car deux Allemands rencontrés lors du repas de midi nous l’ont recommandé pour la nourriture, un bon feu et de bonnes couvertures. Alors on verra bien… comme on dit : « l’aventure, c’est l’aventure ! »

 

Mardi 9 décembre

High Camp –> Low Camp

 

1h45 pour ↑100m et ↓740m

Il était prévu de faire 600 mètres de plus pour aller au point de vue supérieur, mais vu la T° extérieure (épaisse couche de glace sur l’eau), le vent glacial qui souffle sans discontinuer ou presque, et le fait que j’ai chopé la crève hier, on reste ici ce matin. Il n’est même pas question de redescendre pour le moment, car il y en a pour une bonne heure à être exposés sur le sentier de crête, donc c’est pas un bon plan… On tente de se protéger du froid en buvant du citron chaud au gingembre…

 

Alors, côté nourriture, rien à redire; côté couvertures, elles sont bien chaudes; côté chauffage dans la pièce commune… face, on surchauffe et pile, on gèle !!! Hé oui, les courants d’air entre les planches, c’est quelque chose… surtout au niveau des reins !… vite, une polaire nouée autour de la taille… bon, c’est déjà mieux…

 

Ce matin, nous avons assisté au décollage (parfois difficile) de quelques parapentistes sur fond de Machhapuchhare… magnifique !… L’enthousiasme ambiant était palpable !

 

Après le repas, sous un soleil un peu plus chaud, nous avons pris le chemin en sens inverse jusqu’à Low Camp, là où nous avions pris le repas de midi la veille. Ce sera l’unique fois que nous ferons un aller-retour, contrairement à ce qui était prévu, car au fil des rencontres, le sens de notre itinéraire s’est modifié.

Dans la descente, nous semons rapidement le vent… pour nous plonger dans les nuages… qui se déchirent de temps en temps pour laisser apparaître le soleil et les sommets… c’est seulement le deuxième soir, depuis le début du trek, où l’on peut assister au coucher de soleil sur les sommets… waaaooouuww….

 

Ici, le lodge est aussi très… aéré ! Même si les chambres sont en pierres, il n’y a pas de liant entre elles, que ce soit mortier ou… bouses ! Il y a bien quelques larges et épaisses bâches bleues appliquées tant bien que mal sur les murs, mais comme il y a des fenêtres non hermétiques qui se font face, la douce et lancinante « Berceuse d’Eole » nous accompagnera toute la nuit sur fond de bâches en LA majeur !…

 

Mercredi 10 décembre

Low Camp –> Sidhing

 

La nuit a été très difficile. Dans le désordre : moucher, tousser, chercher air, dodo, éternuer, larmes d’effort,  chaud, froid, flagada, moucher, tousser, pas respirer…  heureusement qu’on était redescendus à 3200m !

 

2h pour ↓ 1640 m

Sentier très raide dans la jungle et assez glissant avec les feuilles au sol… et toujours les fameuses marches de géants ! Puis, vers 2000m, on laisse la jungle derrière nous. On commence à trouver les cultures en terrasses et les buffalos, les plus ou moins gros cailloux dans la terre tellement fine qu’on dirait du sable. A un moment donné, j’ai bien tenté la version « bobsleigh », mais ça n’a pas été concluant du tout, du tout !… ça glisse pas… et ça roule pas non plus… y’a plus qu’à s’remettre sur ses quilles !!!….

 

Arrivés au lodge, nous retrouvons le gardien de High Camp, qui mange là avant de continuer jusqu’à son village.

A l’invitation de notre hôte, Gyurme m’installe avec eux. Nous sommes assis au soleil sur des tapis de riz, on entend les buffles manger dans la végétation au-dessus de nous, on voit des femmes lourdement chargées passer sur le chemin du bas… et voilà que j’assiste à la préparation des légumes par ces messieurs, tout en papotant… moment d’une telle simplicité !… bonheur…

Le gardien de High Camp (3900m) m’explique qu’il redescend régulièrement à son village (1100m) pour voir sa famille et pour remonter des matières premières pour les trekkeurs et des matériaux pour le nouveau lodge qu’il est en train de construire (en pierres, celui-là). Il fait le trajet aller-retour sur deux jours : environ 6 heures pour descendre et 10 heures pour monter (quelle cadence !)… chargé ! S’il l’est trop, il prend des porteurs avec lui, mais n’utilise pas de poneys.

 

Après le repas, deux petits vieillards tout parcheminés (comme on en voit beaucoup dans la campagne népalaise), salement et chichement vêtus (une espèce de vieux drap autour de la taille, maintenu par un reliquat de ceinture), viennent s’asseoir autour de moi… et nous commençons à communiquer par le regard et par les gestes… jusqu’à ce qu’ils appellent notre hôte pour en savoir plus à mon sujet…

Un peu plus tard dans l’après-midi, le plus jeune des deux frères m’invite à m’installer dans l’herbe comme lui, m’offre une fleur d’œillet et me montre les gestes que je dois reproduire… et me voilà en train de vénérer le soleil au milieu des terrasses, en compagnie d’un pur autochtone !… Elle est pas belle, la vie ?

 

Le lodge est en dur, les sanitaires ne sont pas carrelés, mais une bonne douche chaude (chauffe-eau au gaz, là aussi) est la bienvenue (vive les tatanes, surtout quand on est enrhubée !!!). Les chambres sont exposées Est, comme la plupart du temps. La salle à manger ressemble aux précédentes : tôles et bois, mais là, je n’ai pas froid. Nous ne sommes plus qu’à 1600 mètres. Qui plus est, mon hôte vient m’apporter spontanément une boisson chaude après le repas, étant donné mon statut de « convalescente ».

Je tousse toujours, je mouche encore mais bien moins, je respire de nouveau  (et surtout je dors normalement !)… et j’ai abandonné ma voix de Yéti !!!

Jeudi 11décembre

Sidhing –> Lwang

 

3h30 pour ↑820m et ↓820m

Le premier tiers du parcours se fait sur le chemin carrossable (grrrrr !), puis nous retrouvons enfin (ouf !! Il était temps !) le sentier de randonnée qui chemine, pour mon plus grand plaisir, au milieu des terrasses et des habitations. Les gens nous interpellent amicalement, quelques fois ils nous accompagnent un bout de chemin, j’assiste aux scènes rurales… bref, le pied !

Lors de la traversée d’un village, je m’aperçois que les enfants m’ont repérée de loin. Au fur et à mesure que j’approche, je vois s’ajouter des petites têtes sur la bute qui domine le sentier… Je suis accueillie par une chorale de « Namasté » accompagnée du fameux geste des mains jointes… c’est tout simplement magnifique !

 

A environ 3/4 d’heure de notre destination, nous croisons un homme muni de sa serpette et d’un sac de toile, qui, aprés discussion, fait demi-tour et nous amène jusqu’à sa maison d’hôte par des chemins quelques fois… hors sentier !

 

Ils ont un joli potager avec choux (fleur, frisé, brocoli), aubergines (en fleurs, dommage, j’en aurais bien mangées), oignons, piments rouges, un énorme carré de coriandre, les fameux légumes verts qu’ils appellent épinards mais qui n’en sont pas… des orangers. Les gens du village viennent acheter des oranges à toute heure. Qu’est-ce qu’elles sont bonnes… hmmm… un délice ! Du coup, je leur en prends un kilo que je partagerai avec la famille tibétaine dans laquelle je vis à Boddhanath.

Sous un appentis, entre la maison et le coin sanitaires (en béton), il y a la maman buffle et son petit. De l’autre côté du muret, un homme monte pieds nus à l’arbre pour couper les dernières ramures qui leur serviront de nourriture.

Ici, le lodge est tout en dur, pas de courant d’air. Il n’y a pas de salle à manger fermée : seulement deux tables sont installées sous le auvent qui court le long de la façade, mais étant la seule touriste occupant les lieux, je suis invitée près du foyer dans la cuisine.

Comme c’est de coutume au Népal, je suis la première servie (pas parce que je suis une femme, mais une « invitée »), puis, à la fin de mon repas, c’est au tour de Gyurme (le guide… et porteurs s’il y avait). Enfin, en dernier, c’est au tour de nos hôtes.

Le privilège de voyager seule fait qu’il arrive quelques fois que nous mangeons tous ensemble… mais ce sont des moments encore trop rares…

 

Vendredi 12 décembre

Lwang –> Hyangja –> Pokhara

 

Dernier jour du périple, puisque nous refermons la boucle sur Pokhara. Le dernier jour de trek, à proprement parler, c’était hier. Car aujourd’hui, la « marche » consistera à vingt minutes de descente à travers le village jusqu’à la jeep… et à quelques flâneries dans les rues de Pokhara.

 

Ce matin, dernier petit déj’ au soleil, avec une omelette aux herbes et un délicieux pain ghurung aux pommes de terre et aux oignons… hmmm… une merveille !

Après, j’ai assisté à la cueillette de mon kilo d’oranges : ici, pas d’échelle… ils ne grimpent pas non plus dans l’arbre. Ils utilisent une longue perche munie d’un crochet plus ou moins acéré. Soit ils crochètent le fruit et tirent dessus pour le faire tomber, soit ils « scient » tant bien que mal la tige puis crochètent, soit encore ils tapent sur la branche pour récupérer le fruit récalcitrant qui n’était pas tombé la fois précédente.

Puis c’est le moment d’y aller : la dame va cueillir des têtes d’œillets d’Inde, en fait deux colliers, nous les passe autour du cou et nous applique la « tika » (point de poudre rouge) sur le front, au-dessus du nez.

 

Le trajet en jeep va durer environ 2h30 pour… une dizaine de Km !

Commençons par l’embarquement : sacs, paquets, tuyaux PVC, châssis de lit… bref, tout le barda, sur le toit, ok ! Puis, les bipèdes (ah ! il y a une tripède !) : bien serrés,  qu’ils sont ! Trois devant en plus du chauffeur, quatre sur la banquette arrière. Quand on veut fermer les portières, on se met tous spontanément sur le bout des fesses, ensuite on verrouille histoire de ne perdre personne en route, vu le parcours chaotique, et enfin… on laisse faire la gravité pour trouver un semblant de place. Et ce n’est pas fini ! Dans le petit espace fourgonnette aménagé avec deux banquettes de fortune sur les côtés, s’entassent neuf personnes, dont trois sur la roue de secours et un sac de grains… et une quadrupède : une jeune biquette qui se demande dans quoi on l’embarque (c’est le cas de le dire !)… et ce n’est toujours pas fini !… Mais où donc qu’ils vont les mettre ?… Sur l’impériale ? Non, c’est complet, ça déborde déjà !… Sur le capot ? Non plus, faut quand même laisser de la visibilité… Ben, tout simplement sur les marchepieds, deux de chaque côté, debout ! Faites le compte : 4+4+9+4=21… + la biquette !

Et nous voilà partis !!… Nous roulons fenêtres ouvertes pour permettre aux passagers extérieurs de se « sécuriser » en s’agrippant aux montants intermédiaires, car même si nous allons lentement, nous sommes sévèrement secoués…

Certains passages étant bien trop près des parois, ils sont obligés de descendre (sous peine de mise en danger du postérieur) et de remonter plus loin… Quelques fois, il faut s’y prendre en trois fois pour négocier un virage, tellement la « route » est défoncée ! A trois reprises, on traverse la rivière à gué : il y a de l’eau jusqu’aux marchepieds, ce qui veut dire séance d’abdominaux !

La lenteur n’est pas due seulement à l’état de la route. La jeep fait office de bus local, donc s’arrête très souvent : ça descend, ça monte, on est toujours aussi nombreux.

Juste avant une intersection, on stoppe derrière un camion… qui n’a plus d’huile. La largeur sur le côté permettrait bien le passage, mais une profonde ornière fait que le chargement, lui, ne passe pas, tellement on penche ! Qu’à cela ne tienne : inspection de l’état des lieux, discussion, décision. On tire pelle et pioche de la jeep, on sort des talus de grosses pierres avec lesquelles on comble l’ornière. C’est à peine fini que l’huile manquante arrive… et le camion repart !… L’ornière est comblée pour le prochain véhicule !!!

C’est ça le Népal !

 

Namasté de la ville

 

Depuis dimanche que je suis redevenue citadine, j’ai eu un temps mitigé : souvent ciel voilé le matin, voire carrément brouillard, puis quand même du soleil vers midi, jusqu’à environ 4 heures… J’en profite alors pour faire le plein en m’installant en terrasse, face au stupa. Hier, c’était la première fois que je pouvais voir les montagnes au loin.

 

J’ai également eu droit à un jour complet de pluie, celui où je suis allée à Thamel. Ça m’a fait tout drôle de constater comme tout tourne au ralenti, dans une ambiance feutrée… Déjà, il y a nettement moins de monde dans les rues… pleines de trous, donc de flaques (pour ne pas dire de mares à certains endroits). Qui plus est, comme ce ne sont que les axes principaux qui sont goudronnés, on marche sur un sol boueux, genre argile, donc assez glissant…

J’emploie le mot « feutré » parce que tous les véhicules roulent pratiquement au pas… le klaxon est usité avec parcimonie… et déjà que leur moteur,       individuellement, n’est pas des plus bruyant… ça m’a fait penser à l’ambiance de chez nous, tôt le matin ou tard le soir, quand il y a de la neige fraîche en ville.

En attendant que Gyurme passe commande pour son lodge, je me cale sous un porche et je regarde les piétons : rares sont ceux qui marchent normalement, vu l’état du terrain ! Ceux qui sont en sandales ouvertes ou avec des semelles fines se déplacent en équilibre sur les talons. En général, ils retroussent leur pantalon à mi-mollet. Ceux qui ont des chaussures fermées (plus les hommes que les femmes), genre mocassins ou bottines, posent le pied avec précaution pour ne pas s’éclabousser le pantalon…

Une scène m’amuse particulièrement : du porche en face de mon observatoire sort un garçonnet avec des chaussures de la bonne pointure, qui s’arrête pour observer l’état des lieux (je sens bien qu’il faut absolument qu’il y aille, mais…), prend un air dubitatif… fait subitement demi-tour… pour réapparaître deux minutes plus tard chaussé de tongues bien plus larges que ses pieds !… fait quelques pas dans la boue… et paraît satisfait de sa trouvaille… Chapeau l’esprit d’adaptation !!

 

C’était une nouvelle face du Népal.

 

Namasté… »

Framboise

 

 

 

 

 

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