TAMANGS PEUPLE de l’HIMALAYA

 

Octobre 2009, nous voici au Népal pour la 4ème fois!! Autant dire que nous sommes tombés sous le charme de ce pays!!! Au fil des rencontres surtout, avec nos amis Tibétains, avec les Népalais.

Cette fois, nous sommes curieux de découvrir une région du Langtang peu visitée, et pour cause: à l’ouest du massif dominé par le Langtang Lirung vivent les peuplades Tamang, mais cette région n’est autorisée aux trekeurs que depuis quelques années. En effet, une frontière avec le Tibet prés du village de Timuré (2500m à peine) est des plus accessible… Bien gardée depuis des décénnies par les Népalais, elle fait maintenant l’objet de toutes les attentions des Chinois. 

Nos amis de Namlang-éco-trek, dont le direction est assurée par Tembatemba.jpg depuis Bodhnath (prés de Kathmandu) nous ont concocté un petit périple de 9 jours, sans grandes difficultés, mais nous proposant de traverser les villages Tamangs les plus représentatifs de cette région, et nous permettant de rencontrer les autochtones dans leur vie de tous les jours.

Début du voyage et passage obligé: le bus qui nous conduira à Shyabubensi au départ de Kathmandu… Aie!!! c’est sûrement le plus mauvais moment du voyage!!! Nous connaisions déjà mais aujourd’hui, une amie qui nous accompagne est malade aprés seulement 3h de trajet… Celà va durer 10h pour parcourir les 130 km tout en montées, sur des pistes défonçées par la mousson, dans un bus « préhistorique » rempli jusqu’à la gueule autant dedans que sur le toit… « Un trek au Népal, ça se mérite » diront certains!!!dsc01005.jpg

Dés le lendemain, aprés une nuit réparatrice, nous voilà sur les pentes pour rejoindre Gatlang, en chemin, nous croisons des femmes Tamang qui arborent leurs traditionnels chapeaux et par dessus le chouba, la ceinture de laiton où est suspendue une petite cuillère.dsc01013.jpg Ce premier contact nous ravit autant qu’elles!!! Le « gros village » (800 âmes…) accroché sur une colline pentue,gatlang.jpg ne comporte qu’une seule « guest house » récement ajoutée à la maison d’un villageois qui a misé sur la venue des trekeurs. Le gîte est spartiate, un escalier de meunier conduisant aux chambres, aux murs en bois, sans fenètre, mais avec des lits; il fait froid et humide, nous nous installons avant d’aller boire un thé chaud avec nos hôtes. Le repas est servit dans la pièce principale jouxtant la cuisine, ce qui nous procure un peu de chaleur, chaleur des hôtes souriants, aimables, contents de cotoyer des occidentaux et de partager ces moments avec simplicité et gentillesse.uneruedegatlang.jpg

Les Tamangs sont bouddhistes: tout au long des sentiers nous avons rencontré nombre de lieux de culte et de recueuillement dédiés à Bouddha. Les chortenschortens.jpg trés anciens que nous croisons, ainsi que « les murs de mani » témoignent d’un passé empreint de dévotion pour la religion ancestrale, et d’une ferveur qui ne s’est pas éteinte au fil des siecles et des périgrinations. Implantés au Népal depuis des siecles ils partagent avec les Tibétains les mêmes croyances et les mêmes rites. Ils sont cependant considérés dans ce pays comme une communauté « à part » et ne jouissent pas des mêmes droits que les autres.

Nous reprenons le chemin au matin, en traversant le village, quelle surprise!!!! (bien sûr la veille au soir nous avions perçu une certaine agitation, mais nous ne savions pourquoi…) Un mariage!!! mariagegatlang3.jpgDés le matin, devant la maison des mariés, sont réunies plusieurs dizaines de familles. Les femmes d’un côté, les hommes de l’autre, répartis dans deux petites cours adjacentes nous font signe et nous invitent pour partager le festin qui a déjà commencé!!! mariagegatlang.jpg Nous sommes spontanément invités à rendre visite au jeune couple qui se tient à l’intérieur. En entrant nous sommes trés impressionnés, conscients que cette invitation est un fait rare aussi bien pour eux que pour nous. Les jeunes mariés arborent de trés jolis costumes, et semble-t-il la jeune femme vient de recevoir son tout premier chapeau tamang!!! maristamangs.jpg(en effet, les jeunes filles ne portent pas le chapeau, nous en avons déduit que c’est lors du mariage qu’elles le reçoivent, cela reste à vérifier….) Ce moment de partage restera comme un des plus beau: l’émotion de la jeune mariée, la notre, et la joie du jeune homme et de sa famille………marigegatlang2.jpg

Aie!! une dure montée… jusqu’aux sources d’eaux chaudes « Tatopani » en népalais, il a fait chaud durant la grimpette, mais on a tôt fait d’avoir froid en arrivant!!! Allez!!! on plonge dans les bassins où coule une eau à 40° qui vous fait du bien de partout!!! Ici, tout le monde vient pour les bienfaits de ces eaux, nous sommes quasiment les seuls touristes.tatopani.jpg

Nagthali : petit village typique de la région Tamang: les maisons ont toutes une base de construction en pierre sèche, aucun mortier, les pierres plates juste bien empilées qui servent de base à toute construction, au dessus, le bois prend le relai pour former l’habitation, les cloisons, le toit… Petit déjeuner royal sur la terrasse du lodge alors que le village se réveille, avec vue imprenable…dsc01081.jpg

Thuman / Timure: Aie!!! cette fois c’est une dure descente qui va mettre à mal mes genous viellissants! Arrivés à Timure nous avions hâte de voir la frontière située à Rasuwagadhi: C’est bien gardé!!! Contrôle des passeports et permis de trek, pas d’appareil photo, chut!!! Le site n’a rien de transcendant si ce n’est qu’il est le plus proche du pays des neiges. Vue sur les montagnes du Tibet à portée de main, et sur les travaux entamés par les chinois pour la construction d’une route,dsc01204.jpg travailleurs chinois (probablement des prisonniers qui travaillent sous bonne garde de militaires népalais, dans des conditions moyenâgeuses).

Le contact avec les populatuions passe avant tout par l’intermédaire de nos accompagnateurs, Babu,baboo.jpg Gyalbu,dsc01123.jpg et Niymadsc01112.jpg (tibétains): originaires du village du Langtang, ils sont leurs proches voisins et savent parler le dialecte tamang. Ici l’anglais est rare. Les femmes sont les plus affables: elles tissent de jolis étoffes, et confectionnent les chapeaux traditionnels qu »elles proposent depuis peu aux rares touristes. Le contact avec la gente masculine est beaucoup plus froid: les échanges de regard sont chargés soit de défiance, soit de crainte. Il est beaucoup plus difficile de parler avec un Tamang qu’avec sa femme…(!!!)dsc01139.jpg

Briddim: Le lendemain nous arrivons dans une « vraie » guest house!!! Il fait chaud à l’intérieur, les repas sont sympas, lacuisine.jpget le soir…….animation!!! Une brave dame vient nous dire avec un sourire à tomber: « now, shopping » (!!!)  dsc01104.jpgElle n’a pas son pareil pour nous présenter les articles d’artisanat que nous avons vu partout ailleurs, mais elle sait mettre l’ambiance, et la soirée se termine avec des chants traditionnels accompagnés avec une sorte de petite guitare à 4 cordes, présente dans toute la région (dont j’ai oublié le nom, mais dont je joue avec beaucoup de plaisir et au grand étonnement de nos hôtes).soirefestive.jpg

Avant de reprendre la route vers Shyabubensi nous décidons de faire un petit crochet vers le village de Khamjim, nous serons alors dans le domaine du Langtang et non plus en région tamang, car nous traversons la rivière « Langtang river« ,  ce qui semble ravir nos accompagnateurs, car ils reviennent « chez eux » avec le plus grand plaisir!!!

Nous rejoignons Bodhnathdscn0899.jpg avec le sentiment d’avoir fait une parenthèse dans notre existence, de s’étre immergé dans un monde rude et isolé, où l’on ne triche pas avec la nature ni avec personne, où chaque lendemain est incertain, mais chaque jour est une vraie beauté, un vrai partage…

A Kathmandu, nous rencontrons Rahbi, un ami de Temba, en sirotant un thé, nous discutons des Tamangs. _ »Je suis moi-même Tamang ! » s’exclame-t-il. Rabhi est un jeune homme trés érudit; aprés ses études, il entreprend de faire le métier de guide, il exprime tout son savoir faire (en un français excellent) en nous parlant de ses ancêtres: Les mots « Ta / Mang  » veulent dire « guerrier à cheval« . Mes ancètres dit-il, sont venus il ya des siecles au Népal, ils avaient, en guerryoant, traversé depuis la Mongolie, le vaste Tibet. Durant ces pérégrinations, ils se sont imprégnés de la culture, de la religion des différentes régions où ils résidaient, se mariaient etc. Au Népal, ils avaient investi toute la vallée de Kathmandu, vallée hospitalière, offrant maintes possibilités pour une vie sédentaire et prospère. Le Népal n’était pas encore un pays, la région était dominée par plusieurs petits royaumes qui gardaient tous jalousement leurs prérogatives. C’était sans compter avec l’arrivée du roi qui unifiat le pays,au XVIIIème siecle, mais qui chassat dans le même temps tous les Tamangs vers des terres bien plus inhospitalières.C’est dans les montagnes qu’ils trouvent refuge. Avec le régime des castes, encore de nos jours, les Tamangs sont considérés comme une éthnie inférieure. _ »Si tu cherches un porteur, tu cherches un Tamang »… Un Tamang ne peut jamais avoir un métier honorable: l’administration lui est interdite par exemple. Et de nous citer cette anéctote: dans mon village natal, un Tamang avait réussi en contrefaisant son identité à rentrer dans l’armée, aujourd’hui, à la retraite, il a repris son vrai nom, mais quand il va chercher l’argent de sa pension, il doit montrer ses « faux papiers »…(!!!)

Rahbi est intarrissable sur le sort réservé à son peuple, et en l’écoutant, là assis autour d’un thé avec nos amis réfugiés Tibétans, on ne peut qu’avoir une immense compassion vis à vis de ces hommes et femmes, vivant dans un pays à la fois si acceuillant pour nous les touristes et si tourmenté, si dur, à l’égard de ses ressortissants. 

Nous retournerons vers nos nouveaux amis Tamang, comme nous l’avons déjà fait pour d’autres là-bas, nous tâcherons de leur apporter ce petit soutien, ce petit coup de pouce, qui parfois permet une vie….                    photo26bis.jpg                        « juste un peu meilleure »

JENGZI 



2 commentaires

  1. Temba LAMA 10 février

    Dear Maryse et Jeangilles

    BRAVO

  2. Véro 16 mars

    Je ne vais pas faire dans l’original, mais Temba a bien raison : BRAVO et merci pour réécrire l’histoire…
    BISOUS

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